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Le dilemme du président

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Affirmer que le chef de l´Etat a été contrarié, mercredi dernier, lors du conseil des ministres c´est peu dire. En renvoyant le gouvernement et lui demandant de revoir sa copie pour «approfondir la réflexion sur cet important dossier» qu´est l´avant-projet de loi d´orientation de la ville, c´est toute la pratique du «bricolage» qui visiblement nous colle à la peau et à tous les niveaux qui est ainsi matérialisée. Et ce n´est pas seulement le ministre de la Ville qui est visé mais le gouvernement dans son ensemble. Car avant d´atterrir au conseil des ministres, le dossier est passé au conseil de gouvernement qui l´a adopté. En rejetant le dossier et en exigeant un travail plus sérieux avant «de le soumettre, à nouveau, à l´examen du Conseil des ministres, selon les procédures institutionnelles établies», le président de la République ne met pas de gants. Même si le communiqué officiel a été très «diplomatique», le quotidien El Moudjahid a été plus explici rant à la Une «le rappel à l´ordre du président». Ce Conseil des ministres au résultat inédit montre toute la rigueur que veut imprimer le Président dans la conduite des affaires de l´Etat, mais aussi et surtout qu´il n´est pas toujours suivi dans ce sens par ceux qui l´entourent. Dans ce cas d´espèce, le Président est mécontent du travail de certains ministres. Car même si cette fois c´est le ministre de la Ville qui a essuyé les plâtres et que cela s´est forcément su pour avoir eu comme cadre le Conseil des ministres, il est presque certain que d´autres en ont fait les frais dans des bureaux sans écho. Il n´y a pour cela qu´a reprendre le bilan de chacun des ministres. Il y a des départements qui avancent, il y a ceux qui font du surplace et d´autres enfin dont on oublie jusqu´à l´existence. Et si, comme le laisse supposer le Conseil des ministres de mercredi dernier, le président de la République ne tolère pas les «traînards» et que ceux-ci existent quand même au sein du gouvernement, il est clair que des mesures suivront impérativement. Et qu´un remaniement ministériel au moins partiel n´est pas loin. Cela même si, de toute évidence, le chef de l´Etat s´efforce à instaurer une certaine stabilité dans les rouages de la haute administration. Quoi qu´il en soit, les «rectificatifs» en cours de route sont inévitables sachant que le retrait du président de la République de la vie publique durant 20 années a fait perdre à ce dernier le bénéfice des mises à jour du «vivier» des élites. Cela bien que les enjeux et leurs échéances réduisent énormément sa marge d´erreur dans le choix des hommes. Rude, très rude est la tâche!

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