TIZI OUZOU
Des travailleurs sans sécurité sociale
La wilaya ne dispose pas d’un tissu économique susceptible de générer autant de postes de travail à même de résorber le chômage.
Dénicher un emploi constitue une véritable corvée pour les citoyens dans la wilaya de Tizi Ouzou.
Et pour cause, cette dernière ne dispose aucunement d´un tissu économique susceptible de générer autant de postes de travail à même de résorber le chômage galopant qui ronge la classe juvénile notamment. Ainsi, à défaut d´un emploi stable en mesure de répondre, un tant soit peu, aux exigences du quotidien, les citoyens se voient, par la force des choses, contraints de se contenter de l´emploi précaire, quand il existe, bien sûr. Dans cette catégorie, l´employé est soumis à une exploitation en bonne et due forme, sans parler des maigres salaires perçus à la fin du mois. Nombreux sont ceux, d´ailleurs, qui arrivent à peine à tenir.
Dans ce contexte et en raison de l´inconsistance des différents dispositifs d´emploi mis en place par les services de la wilaya, on peut nettement déduire que le nombre de postes accordés à Tizi Ouzou dans le cadre de l´Iaig et de l´Esil, sont en deçà de la demande. Il est utile de préciser, en outre, que les indemnités de l´Iaig et de l´Esil s´élèvent respectivement à 2900 et 3500DA, mais restent, cependant, un luxe pour bon nombre de citoyens, eu égard à la demande qui dépasse les quotas attribués à chaque commune. Aussi, le préemploi, ce dispositif destiné aux jeunes diplômés des universités, n´est pas à la portée de tout le monde. Les 1400 postes accordés à la wilaya de Tizi Ouzou pour l´année en cours n´ont pas satisfait le quart du nombre des demandeurs. Il y a lieu de souligner que le nombre de diplômés inscrits au niveau de l´agence de wilaya de l´emploi frôle les 29.000 jeunes, alors que depuis 1998, la wilaya de n´a bénéficié que de 6670 contrats préemploi(CPE). Par ailleurs, le travail chez le privé est loin d´être une sinécure. «On n´a pas trouvé mieux. On doit seulement supporter tout ce qui pèse sur nous. On travaille du lever du jour jusqu´à la tombée de la nuit, avec une paie vraiment dérisoire mais on tient quand même le coup en attendant des jours meilleurs», dira un jeune, la trentaine à peine bouclée, exerçant comme serveur dans une cafétéria au chef-lieu de wilaya. Notre interlocuteur a mis également l´accent sur un problème épineux qui le préoccupe d´une manière très inquiétante. Il s´agit du volet sécurité sociale dont il ne bénéficie pas. «Comment peut-on faire son avenir alors qu´on travaille au jour le jour sans aucune assurance?» s´interroge-t-il encore. Toujours dans la capitale du Djurdjura, un autre jeune, ingénieur de formation, essaye de gagner «sa croûte» en travaillant comme vendeur dans une épicerie sans pour autant arriver à joindre les deux bouts. «Je n´ai rien trouvé d´autre. C´est le dernier recours. J´ai fait d´ailleurs un tas de dossiers pour décrocher un boulot qui corresponde à mon domaine, en vain. Donc, je continue de subir les multiples affres de l´exploitation», dira-t-il avec beaucoup d´amertume. Par contre, d´autres jeunes, mieux lotis, s´appuient sur la béquille paternelle pour s´investir dans les petits commerces. C´est le cas de Madjid, originaire d´Azazga, qui a ouvert un magasin de chaussures à la Nouvelle-Ville. Il en est de même pour Karim, celui-là a préféré investir dans le commerce ambulant de fruits et légumes. D´autre part, le commerce informel «absorbe» une grande partie de la jeunesse de la région, laquelle s´adonne à la vente à la sauvette. D´ailleurs, les différentes ruelles de la ville des Genêts donnent quotidiennement l´image d´un marché à ciel ouvert. Cependant, ces derniers jours, les éléments de la police interdisent toute vente à la sauvette, en traquant continuellement les vendeurs. «On n´a pas où aller. L´Etat ne veut pas nous donner de travail et aujourd´hui, on se trouve pourchassés à longueur de journée par la police» Ce sont là les propos d´un vendeur à la sauvette qui révèle qu´il nourrit, grâce à son «boulot», une famille de dix personnes. Ainsi, à Tizi Ouzou, le chômage endémique a atteint son paroxysme, au grand dam d´une population laissée apparemment pour compte.
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