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PROJECTION DE HARRAGA DE HASSEN TOUATI À LA SALLE ABC
Ce fléau qui tue...
23 Janvier 2008 - Page : 21 Lu 387 fois
«Je voudrais dire que le harraga n’est pas un monstre. Il a ses solutions qui ne m’appartiennent pas.»
Hassen Touati est un jeune Algérien bourré d’idées et de volonté. Ayant plusieurs cordes en son arc, lundi dernier à la salle de cinéma l’ABC, il nous en donnera un aperçu: la réalisation. Harraga est son quatrième court métrage réalisé il y a 3 ans dans le cadre d’un concours, le Fennec d’argent, initié par la Fondation Fennec d’or que préside M.Hamraoui Habib Chawki, le directeur général de l’Entv. «Sur les 3000 scénarios, 15 avaient été sélectionnés dont celui de Hassen Touati. Malgré les quelques aléas au niveau de l’image et du son, c’est un film qui mérite d’être encouragé», dira le grand comédien Hassen Benzerari. La projection-débat de ce lundi a été organisée par l’association Lumières. Le film met en scène une bande de jeunes gens dont un Malien et une femme qui tentent, en plein jour, de passer de l’autre côté des barrières du port d’Alger et se retrouver, espèrent-ils en Europe. Mais voilà, ils échouent et se retrouvent coincés. Tenaces, ils récidivent en prenant cette fois-ci une simple felouk. Le film se termine par un placage de plusieurs coupures de presse informant du danger encouru pour ces milliers de harragas qui se retrouvent le plus souvent noyés et emportés à la dérive, en mer. Le film a fait appel à une pléiade d’acteurs entre professionnels et non professionnels entre autres, Hassen Benzerari, Azzedine Bougharda, Mohamed Bendaoud, Fayçal Belhout, Lamine Koudir, Lina. Les comédiens ont joué à titre gracieux. Un débat riche et animé a suivi cette projection dont le public, majoritairement jeune a accueilli positivement ce film, car il est le premier concerné. «J’ai utilisé les coupures de presse pour dire que le sujet s’est aggravé et on en parle partout dans le monde. Je veux prévenir les gens de ce fléau et leur dire que leur pays a besoin d’eux. Aussi, je lance un appel pour que l’on sauve ces jeunes de ce marasme dans lequel ils vivent. Je voudrais dire que le harraga n’est pas un monstre. Il a ses solutions qui ne m’appartiennent pas. Ce sont les autres, les politiques qui les détiennent...», nous confiera, en aparté, le jeune réalisateur Hassen Touati, qui a pris la peine aussi de jouer dans son court métrage. Il nous indiquera: «Je viens du théâtre. Je suis aussi comédien. Mes anciens films sont Pourquoi l’Algérie, Mort avant la mort, El Galta et puis Harraga.» Hassen Touati a aussi été plusieurs fois assistant-réalisateur sur de nombreux films, notamment avec Jean-Pierre Covaux, aussi sur Babor Dzair et Djaâfer Gacem sur Nass Mlah city 3. Mais c’est la réalisation qui a gagné aujourd’hui son coeur. Bonne continuation.
O. HIND

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