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CULTURE

CLÔTURE OFFICIELLE DE LA MANIFESTATION «ALGER, CAPITALE DE LA CULTURE ARABE 2007»
Des messages forts d’ouverture et de tolérance
28 Janvier 2008 - Page : 21
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«Il s’agit de libérer l’expression intellectuelle et artistique des entraves qui la brident...»

La manifestation «Alger, capitale de la culture arabe 2007», a été clôturée officiellement, samedi, par un spectacle musical riche en couleur, mêlant la danse à la poésie. Ce grand projet d’échanges culturels a pour objectif de permettre aux jeunesses arabes de participer ensemble à une expérience artistique concrète. Le regard des artistes constitue le fil conducteur artistique entre toutes les disciplines et les différents temps de cet événement.
Pendant une année, différents lieux ont accueilli les vernissages d’expositions de photos, peinture et arts plastiques, projections de courts et longs métrages et des soirée musicales...Au terme d’une saison riche en rencontres et en échanges entre pays frères, une soirée de clôture organisée au Théâtre national algérien a permis à l’ensemble des participants et spectateurs de se retrouver pour assister aux performances des meilleurs sur des scènes algériennes.
Le spectacle intitulé Algérie, poème symphonique pour la paix a été conçu par l’Orchestre symphonique national, et comprend la participation de nombreux ensembles artistiques et musicaux, sous la direction artistique du maestro Amine Kouider. Dans un message lu en son nom par le conseiller à la présidence, M.Haba El-Okbi, le président de la République, M.Abdelaziz Bouteflika, a tenu à exprimer toute sa gratitude aux pays arabes frères qui ont contribué au succès de ce grand événement.
Le chef de l’Etat a appelé, dans ce contexte, les pays arabes à placer la culture au coeur de leurs priorités. «La régénération culturelle est le prélude nécessaire et le moyen essentiel pour nous Arabes, de nous ajuster, sans reniement, au monde contemporain, afin de reprendre une juste place dans la course universelle au progrès», a indiqué le chef de l’Etat. Pour ce faire, le président Bouteflika a noté que «les exigences sont multiples. Il s’agit de libérer l’expression intellectuelle et artistique des entraves qui la brident, et de réformer les systèmes et les programmes d’enseignement pour favoriser l’éveil de l’esprit critique, sans lequel il ne saurait y avoir ni recherche ni créativité», a-t-il affirmé. Il a, par ailleurs, souligné que «nous devons reconnaître qu’il existe une civilisation universelle faite des apports de toutes les cultures qui s’enrichissent mutuellement sans se confondre». «Nous devons considérer que les cultures, comme les langues, qui en sont le support essentiel, périssent si elles cessent d’évoluer pour s’adapter à leur temps», a-t-il dit. Armés de cette assurance et de ces convictions, le chef de l’Etat a souligné que «nous pouvons nous engager fructueusement, à travers nos penseurs et nos artistes, dans la voie du dialogue des cultures qui est celle de la connaissance et celle de la paix». «A un moment où, partout dans le monde, s’exacerbent des xénophobies et se déchaînent des extrémismes, alors que les incitations haineuses à une guerre des civilisations d’un côté, font écho à des menées criminelles et terroristes de l’autre, c’est le devoir des élites intellectuelles, culturelles et scientifiques d’appeler à un tel dialogue et de l’animer», a-t-il ajouté. Il a précisé que «la langue arabe et la langue amazighe, véhicules du patrimoine culturel national, ont été, à côté de notre foi religieuse, les remparts sur lesquels s’est brisée cette vaste entreprise de négation identitaire et de destruction culturelle, et à l’abri desquels s’est préservée l’âme de la nation», ajoutant que «nous sommes foncièrement attachés à cette diversité constitutive de notre identité propre». La cérémonie s’est déroulée dans une ambiance festive et joviale agrémentée de tableaux artistiques où le spectateur a pu apprécier la richesse du patrimoine musical et chorégraphique que recèle l’Algérie par sa diversité.
L’Orchestre symphonique national a exécuté avec brio Shéhérazade, poème symphonique de Rimski-Korsakov en lui introduisant des touches nationales marquées par la zorna (flûte traditionnelle) et le bendir (tambour traditionnel), ce qui lui a conféré une certaine originalité assez appréciée par l’assistance. Ce programme a été suivi de la lecture du poème La chanson de Shéhérazade de l’homme de lettres Azzedine Mihoubi, accompagnée d’un jeu d’instruments traditionnels (luth, nay et cithare) qui ont ajouté à la profondeur du texte beaucoup de nostalgie et de charme. L’ensemble national de musique andalouse a, quant à lui, présenté une nouba complète dans le mode Sika, une nouba qui n’a pas laissé le public indifférent, car ce dernier n’a pas cessé d’applaudir et de lancer des youyous stridents et chaleureux à la fois.
Après le passage du poète populaire Yacine Ouabed, qui a offert un bouquet d’extraits de ses odes en arabe dialectal, tous en rapport avec l’amour du pays, une chorale composée de jeunes personnes, à la voix suave, ont interprété en polyphonie des chansons de maîtres de la chanson algérienne, comme Ya Dj’zaïr d’Ahmed Wahbi et El Hamdoulilah d’El Hadj M’hamed El Anka. Le ballet Espoir ainsi que l’ensemble et le choeur de la Garde républicaine ont créé, à leur tour, en compagnie de la chorale, une ambiance assez forte en émotions, notamment, par l’interprétation de Carmina Burana de Carl Orff adaptée en arabe. Le spectacle, mis en scène par l’Egyptien Mohamed Ahmed Abou El-Kheir, s’est achevé en apothéose avec l’ensemble de la Garde républicaine qui a réussi à mettre l’assistance debout, en interprétant l’hymne national et plusieurs morceaux puisés du folklore national. Un événement des plus ambitieux, mais qui exige une continuité et une persévérance sans faille. Car il ne sert à rien de faire un si bon chemin pour l’abandonner ensuite...L’avenir du pays y est intimement lié. Les défis auxquels ils doivent faire face sont des plus difficiles...

Idir AMMOUR

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