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PROJECTION À LA SALLE EL MOUGAR
Juste pour s’amuser, et puis?
03 Février 2008 - Page : 21 Lu 353 fois
Ils ne sont pas si nombreux, ceux qui ont tenté d’attaquer l’inconscient par la face qui est éclairée par le soleil.
Juste pour s’amuser, tel est le titre du premier long métrage du réalisateur Yacine Ben Djameline, projeté mercredi dernier en avant-première à la salle El Mougar d’Alger. Ce film est un gag, une aventure sans prétention, qu’elle soit intellectuelle, artistique ou esthétique. Il est simple tant sur le plan thématique que technique. D’une durée de 70 minutes, cette projection pleine de passion et de suspense relate l’histoire de trois amis dans une situation insolite. Un commerçant africain venu en Algérie pour affaire, lors de séjours à l’ouest du pays, se fait arnaquer par deux individus qui se font passer, eux aussi, pour des hommes d’affaires. Les deux acolytes (rats d’hôtel) volent l’argent de l’Africain en vue de quitter le pays avec de faux passeports. Quant à la victime, dépouillée, frustrée, elle s’en va sur Alger, régler les formalités de son retour au pays. Le film nous montre l’Africain déambuler, tel un sans-abri dans les rues de la capitale, racontant à tout-venant sa mésaventure. Plus tard, à l’aéroport international d’Alger, alors que l’Africain s’apprête à embarquer, il tombe nez à nez avec les aigrefins. Tous trois se regardent et semblent se reconnaître. L’escroquerie est le fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, soit par l’abus d’une qualité vraie, ou par l’emploi de manoeuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi à son préjudice ou au préjudice d’un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge. Ces fléaux ont conservé le mythe du mal à travers ce type d’exemples ou traduisent l’état du citoyen qui ne respecte pas autrui et comme étant par essence celui d’un peuple inférieur. Ils furent renforcés par les canons médiévaux. Dans le deuxième contexte, il s’agissait, comme c’est souvent le cas, d’une classification fondée d’un monde où le civisme n’a pas sa place. Mais, en réalité, dans ces milieux à ne pas envier, la contemplation du rien nous ramène sans cesse à nous-mêmes, le regard se tourne très vite vers l’essence des choses et des êtres, vers l’essentiel. La contemplation est voulue active, car la vie restant avant tout mouvement, c’est de s’arrêter tous les soirs dans des lieux différents, se remettre toujours en question, sentir dans son corps l’impermanence des choses dans la fascination devant les espaces démesurés. Le rêve d’un citoyen exemplaire est de disposer d’une information, d’un livre, d’une pièce de théâtre, d’un film, mais traités objectivement. Car le cauchemar de ce dernier est de savoir, avant tout le monde, quels sont les méfaits commis bientôt au coin de la rue et la date de sa propre mort, sans rien pouvoir y changer... Eternelle ambivalence de toutes les pulsions et de tous les fantasmes. C’est qu’ils ne sont pas si nombreux, ceux qui ont tenté d’attaquer l’inconscient par la face sud, celle qui est éclairée par le soleil...
Idir AMMOUR

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