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HOMMAGE À ALI DJENNADI
Le vieil homme et la...culture
14 Avril 2008 - Page : 21 Lu 271 fois
Grâce à eux, le pays est resté toujours debout malgré les multiples crises qui l’ont secoué.
L’association culturelle EI Hourma rend hommage au plus vieil instituteur de l’Algérie postindépendante, les 13 et 14 de ce mois à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. A cette occasion, un riche programme a été concocté par les organisateurs, à savoir des projections de films, conférences, galas artistiques, représentations théâtrales et une vente-dédicace de son dernier livre intitulé Dignité retrouvée. Ancien responsable de la Fédération de France, Ali Djennadi, est arrêté à Paris la nuit du 6 au 7 mai dans sa chambre, en 1960. Il fut libéré peu avant le cessez-le-feu. Après la proclamation de l’Indépendance, il rentre en Algérie et s’engage dans l’enseignement pour lutter contre l’ignorance comme il mena, par le passé, une lutte contre le colonialisme. Il est l’un des premiers instituteurs de l’Ecole algérienne qui relèvera le défi pour assurer la première rentrée scolaire 1962-1963 après le départ des enseignants européens laissant l’Ecole algérienne sous les griffes des commandos de l’OAS. Des milliers de cadres compétents au service de l’Algérie se formèrent par la volonté tenace de cet homme avant qu’il ne prenne sa retraite en 1987. Grâce à eux, le pays est resté toujours debout malgré les multiples crises qui l’ont secoué. Juste après, il s’engagea corps et âme pour la culture de son pays, convaincu qu’elle est la colonne vertébrale d’un peuple. C’est aussi pour retirer les jeunes de la rue qui est l’antichambre de la délinquance et leur transmettre le savoir. Ali Djennadi est également écrivain et cinéaste. Son scénario pour le feuilleton télévisé de huit épisodes tiré de son roman Dignité retrouvée obtient le 3e Prix du concours du meilleur feuilleton télévisé organisé par les journaux Horizons et El Massa en 1985. Il y décrivit la vie du peuple algérien à l’époque coloniale de 1930 à 1952 à travers des khemès (paysans) sans terre qui travaillaient et fructifiaient celles des autres pendant toute l’année pour pouvoir obtenir un cinquième de la récolte. Il eut le premier rôle du film en thamazight, Mariage par annonce pour lequel il écrit le scénario. Son roman sera édité chez les éditions Enag en 2006. Ses recherches effectuées au village Soummer, où est située la maison de l’héroïne du Djurdjura, Lalla Fatma N’Soumer, seront couronnées par un scénario en thamazight remis au ministère de la Culture. Et depuis, il attend de voir le jour sur les écrans. Faute de moyens, Ali Djennadi attend la concrétisation de deux projets de films dont il a terminé la rédaction des scénarios, Ingratitude filiale inspiré d’un fait réel et Les pionniers de l’école algérienne. A 82 ans, ce vieil homme est toujours dynamique et actif. Il consacre tout son temps au service de la culture. Par ce geste, les organisateurs comptent rendre un vibrant hommage à ce vaillant gardien de la culture et de l’amour de la patrie.
Kamel BOUDJADI

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