Alger Min 1 °CMax 8 °C
29
Oran Min 1 °CMax 11 °C
29
Constantine Min -5 °CMax 3 °C
27
Adrar Min 6 °CMax 20 °C
3200
Illizi Min 4 °CMax 17 °C
31
Accueil |Nationale |

DROIT À L’INFORMATION ET DEVOIR DE SÉCURITÉ

Les Etats-Unis mis à l’index

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Le monde actuel a fait sienne la formule américaine : «Plus de sécurité, moins de liberté».

Est-il politiquement possible de gérer pour un Etat moderne, en même temps, le droit à l´information et le devoir de prévenir et sécuriser? Ce qui semble être si simple est finalement un défi impossible à relever et un mélange explosif tout à fait ingérable. Alors, comme il leur sied, les Etats préfèrent la sécurité au respect du droit de savoir.
Le dernier rapport 2004 de l´organisme humanitaire américain HRW dénonce «le scandale des sévices infligés à Abou Ghraïb à des détenus irakiens par des militaires américains. Selon l´organisme, ces cas d´abus constituent «l´un des plus flagrants exemples de violation des droits de l´homme en 2004» et va jusqu´à faire un parallèle entre Abou Ghraïb et la situation dans la région du Darfour, au Soudan.
Le rapport de HRW, qui dresse un état des lieux des droits de l´homme dans plus de 60 pays, estime que l´administration américaine «a réagi aux attentats du 11 septembre 2001 en faisant abstraction des normes relatives aux droits de l´homme, et les gouvernements, partout dans le monde ont beau jeu de citer l´exemple américain comme prétexte pour bafouer les droits (...) Pour gouvernements confrontés aux pressions américaines en matière des droits de l´homme, il est facile aujourd´hui de renverser les rôles. Ainsi, l´administration Bush peut difficilement défendre des principes qu´elle-même viole». Voilà donc la clé des abus : puisque le champion des principes de défense des droits de l´homme ne respecte pas le droit, les gouvernements des pays en développement en font autant, sans se sentir comme auparavant, complexés par leurs manquements. Confrontés à une forte opposition politique, parfois armée, ces gouvernements font de la répression systématique au nom de la lutte contre le terrorisme et en ce sens, ils ont de qui tenir.
Des pays comme l´Afrique du Sud, l´Angola, le Congo, le Rwanda, le Libéria, le Nigeria, la Côte d´Ivoire, la Corée, la Chine, la Jordanie, l´Arabie ou le Soudan ont contribué à ces manquements. Les pays où des conflits armés existent, ont connu des abus graves autant dans le domaine des droits de l´homme que dans celui du droit à l´information, deux axes qui sont très souvent liés l´un à l´autre.
Cependant, ce n´est pas tant ces pays qui font nourrir les craintes mais bien des pays classés avec ceux qui font de la démocratie, des droits de l´homme et de l´information leur credo. Un pays comme l´Espagne qui a réagi avec une extrême sévérité aux attentats du 11 mars 2003, est aujourd´hui mis à l´index, notamment avec l´incarcération de Taysir Allouni, le journaliste d´Al Jazeera, depuis deux mois, sans qu´il soit officiellement encore mis en cause et jugé par un tribunal. Avec Taysir Allouni, c´est pratiquement le procès des «journalistes du sécuritaire» qui est en cours car on ne lui pardonnera pas de sitôt d´avoir interviewé (scoop mondial) en pleine guerre américaine contre l´Afghanistan Oussama Ben Laden, le n°1 d´Al Qaîda, et le mollah Omar, chef suprême des talibans. Les sources sont remises en cause et les liens ou les affinités qui ont conduit au bout de l´information, et mis face à face le journaliste et les hommes recherchés sont aujourd´hui autant de griefs qui font d´un journaliste un allié des insurgés. Espagnol d´origine syrienne, Allouni avait été arrêté une première fois en septembre 2003 à son domicile à Grenade, puis relâché pour raison de santé. Il a été encore arrêté et placé en détention préventive le 19 novembre 2004, avec de vagues accusations d´appartenance à groupe lié à Al Qaîda. Rendu célèbre dans le monde entier par son interview d´OBL, après le 11 septembre 2001, Allouni semble payer le prix fort de ses «liaisons dangereuses».
Le monde actuel a fait sienne la formule américaine: «Plus de sécurité, moins de liberté». Toutes les mesures de sécurité et de prévention contre la violence (même quand elle n´est pas avérée) aboutissent à moins de liberté et à plus de restriction dans le domaine des droits. Finalement, cela a abouti à plus de violence et à moins de liberté, tout en permettant de continuer à procéder à des abus et à des restrictions sans pour autant s´exposer à un jugement clairement signifié.
La «lutte contre le terrorisme» a abouti à une «total war», qui, elle-même, a abouti à mettre les libertés entre parenthèses.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha
  • Envoyer par email à un ami Envoyer par email à un ami
  • Version imprimable Version imprimable