SIT-IN DE L’INTERSYNDICALE
«Le gouvernement fait la sourde oreille»
Huit personnes, dont une femme, ont été arrêtées. Elles ont été relâchées dans l’après-midi.
Le sit-in auquel a appelé hier l´Intersyndicale de la Fonction publique a été violemment réprimé au niveau de la Grande-Poste d´Alger. Plusieurs participants ont été malmenés, brutalisés, voir blessés, par l´arsenal de sécurité, dressé tôt le matin aux alentours du Palais du gouvernement. L´horloge indiquait 11 heures.
Un groupe d´individus scandait «Cnapest...Cnapast à bat la répression» devant la Grande-Poste. Puis une dizaine de pancartes ont été brandies. On pouvait lire des slogans hostiles à l´égard du gouvernement à l´exemple de «tout pour vous et rien pour nous».
Huit personnes, dont une femmes, ont été arrêtées. Elle ont été relâchées dans l´après-midi, apprend-on. «Au moment où le ministre des Affaires étrangères offrait une bonne image des droits de l´homme à Genève, les brigades antiémeutes démontraient le contraire sur le terrain» s´indigne M.Chafaâ, membre du Cnapest de Staouéli.
«C´est une supercherie» ajoute-t-il. Pour Mme Ouadah, enseignante dans un lycée d´Alger elle ne comprend plus rien. Pour avoir osé filmer les scènes de réprimandes, les policiers ont tenté de lui arracher son mobile. «On ne reconnait que la force dans ce pays, heureusement qu´il y a un clan qui aspire à changer ce pays de m...» a t-elle lâché. A 12h30, la foule s´est dispersée dans le calme. L´action initiée par l´Intersyndicale de la Fonction publique a été suivie par un point de presse au sein du siège Snapap.
Les représentants du CLA, du Cnapest, du Snapap, du Ceca, du Satef, du Snte ont dénoncé énergiquement la manière dont ils ont été reçus. «Le pouvoir utilise la matraque à la place du dialogue» dénonce M.Idir, membre du CLA.
Pour ce qui est du bilan de leur dernière grève, le taux de suivi a dépassé les 80% dans les différents secteurs, notamment l´éducation et la santé. Il est clair que les intimidations et les menaces de l´administration n´ont fait qu´attiser la flamme des mécontents.
Aujourd´hui, plus que jamais, l´occupation de la rue sera la seule alternative pour la prise en charge définitive de leurs revendications justes et légitimes. «Le gouvernement a utilisé tous les moyens pour casser notre mouvement de protestation et faire face aux syndicats autonomes. Il a tout utilisé à l´exception de la négociation qui est pourtant l´unique clé pour le règlement de tous les conflits», a déploré, hier, M.Sadali, porte-parole du Satef et membre de l´Iafp.
Notre interlocuteur ne comprend également pas le comportement de l´Exécutif qui se permet de se substituer à la justice en décrétant, à chaque fois, la grève des syndicats autonomes illégale. «Le chef du gouvernement refuse de nous écouter. Il nous ignore, il nous qualifie de non représentatifs, mais il nous envoie des correspondances pour nous intimider et pour nous traîner devant les tribunaux» ont soutenu les membres de la coordination qui ont opté pour l´unification de l´action afin de répondre fortement aux pouvoirs publics.
Cette grève est «la conséquence de l´érosion du pouvoir d´achat» des fonctionnaires ainsi que de l´inflation «galopante» laquelle rend «insignifiantes» les augmentations des salaires décidées par les pouvoirs publics, a déclaré M.Sadou du Snapap.
Pour lui, l´augmentation des salaires des enseignants est minime. «Beaucoup seront choqués quand ils percevront ces augmentations qui se situent dans une fourchette de 800 à 1200DA», a-t-il averti.
En ce qui concerne les actions à venir, les syndicats ont promis de ne plus baisser les bras, toutes les actions auxquelles ils vont procéder seront légales et ils travailleront en concertation avec la base.
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