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CRISE FINANCIÈRE

Le calice jusqu’à la lie

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La semaine qui commence s’annonce des plus féroces pour toutes les économies du monde.

Les centaines de milliards du Plan Paulson et des pays européens ne seront d´aucun secours pour les places financières du monde. Plusieurs analystes internationaux, et non des moindres, sont parvenus à ce constat: «Si la chute des Bourses a pour origine les craintes d´une récession internationale, alors, la semaine prochaine sera très mauvaise. Le calendrier économique est rempli d´indicateurs qui seront uniformément atroces», a prévenu Carl Weinberg, l´analyste de High Frequency Economics, Vendredi dernier à New York. Une journée qui restera longtemps gravée dans toutes les mémoires, tant le spectre de la crise de 1929 aura plané sur toutes les places boursières de la planète.

Abdellatif Benachenhou
«Il faut ouvrir le débat»

«Nous sommes dans la crise car notre économie est ouverte. Maintenant, il faut faire des analyses pour mieux évaluer ses effets», c´est ce qu´a confié aux journalistes l´expert financier algérien Abdellatif Benachenhou, ancien ministre des Finances.
Répondant à une question relative à la crise financière et ses répercussions sur l´Algérie, M.Benachenhou a fait remarquer: «Pour savoir si l´Algérie est outillée pour faire face à cette crise, il faut d´abord commencer par des débats pour cerner cette crise, comme cela se fait ailleurs. Car, ajoute-t-il, ce qui peut échapper à un tel ne peut l´être pour un autre.»

Et le calvaire n´est pas près de s´arrêter avec pour cette fois-ci, une économie mondiale qui va se retrouver noyée dans une récession dont les conséquences sont impitoyables. Une sorte de paranoïa s´est emparée du marché mondial de la finance. Un état de fébrilité qui peut, à très moyen terme, lui porter un coup fatal.
Les quatre semaines de krach ont ramené les principales places financières de la planète à leur niveau d´avril 2003. New York, Londres, Paris et Tokyo se sont pratiquement effondrées. Elles ont mis un genou à terre. «De la peur à l´état pur», constatait, lors du vendredi noir, Gina Martin, analyste chez Wachovia Securities. Les marchés, eux, s´en donnent à coeur joie et continuent à laminer les Bourses mondiales. En Arabie Saoudite, Riyadh, qui sortait à peine de la réunion extraordinaire des pays de l´Opep où avait été décidée une réduction de 1,5 million de barils par jour pour tenter de stopper la chute brutale des prix de l´or noir, devait faire face à une perte de 8,7% de sa Bourse. Considéré comme le plus important du monde arabe, le marché financier du Royaume wahhabite a, sans aucun doute, entraîné dans son sillage les Bourses des monarchies pétrolières du Golfe. Dès son ouverture, Dubaï cédait 5%, le Koweït 2,4%, Abu Dhabi 3%. La crise financière mondiale, qui marque de son empreinte la première décennie de ce siècle, est redoutable. Et ce ne sont pas les déclarations rassurantes du gouverneur de la Banque centrale de Chine, qui l´empêcheront de broyer certains secteurs de l´industrie mondiale.
Ce dernier pense, en effet, que l´économie de son pays est assez solide pour surmonter l´épreuve. Paradoxalement, le sud de l´Empire du Milieu, Guandong, la prospère province dont l´export a taillé la réputation, risque de voir des milliers d´usines mettre la clé sous le paillasson.
9000 des 45.000 usines implantées à Canton, Shenzhen, Dongguan, devraient disparaître d´ici le début de l´année 2009. En Amérique latine, les ministres des Finances et les présidents brésilien, argentin, ainsi que ceux du Paraguay et de l´Uruguay tiennent, aujourd´hui, une réunion pour tenter de trouver une solution à la crise financière. Les marchés financiers latino-américains ont, eux aussi, broyé du noir. «Personne n´a de réponse immédiate. Nous n´avons pas l´illusion que nous allons résoudre tous les problèmes», a déclaré, sans trop de conviction, le chef de la diplomatie brésilienne, Celso Amorim, qui accueille cette réunion extraordinaire. Les contre-performances des compagnies américaines, japonaises et européennes ne laissent pas augurer de lendemains qui chantent.
Quant à l´économie nationale, elle peut subir de très fâcheux contrecoups dans le cas d´une récession de l´économie mondiale. Déjà que les investissements directs étrangers peuvent se compter sur les doigts d´une seule main, la chute des prix du pétrole pourrait mettre en danger sérieux notre sécurité alimentaire, à moyen terme.

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