| |
PROBABLE REPORT DE L’ÉLECTION DU CHEF D’ETAT LIBANAIS
La présidentielle liée à la formation du futur cabinet
06 Décembre 2007 - Page : 13 Lu 253 fois
S’il semble désormais acquis que le général Sleimane sera le futur président, il reste des obstacles encore à franchir d’où le probable report du scrutin de demain.
La présidence libanaise semble acquise pour le chef de l’armée, mais l’obstacle se situe désormais au niveau de la composition du futur gouvernement et de la répartition des postes-clés, l’opposition espérant un partage plus «équilibré» du pouvoir, estiment des analystes. «L’élection du général Michel Sleimane est acquise», explique à l’AFP Ibrahim Bayram, analyste dans le quotidien proche de la majorité, An Nahar. «L’important maintenant pour l’opposition est de garantir un partage véritable des portefeuilles ministériels et des principaux postes de sécurité» (commandant de l’armée, chef des renseignements de l’armée et chef des Forces de sécurité intérieure), ajoute-t-il. L’opposition soutenue par Damas et Téhéran et menée par le Hezbollah «veut profiter de l’échéance présidentielle pour rééquilibrer les rapports de force au sein du pouvoir», ajoute-t-il. Il y a un an, les six ministres de l’opposition, dont cinq chiites, ont claqué la porte du gouvernement (soutenu par l’Occident) de Fouad Siniora, pour réclamer plus de portefeuilles ministériels. Ces démissions ont plongé le pays dans une crise sans précédent depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), l’opposition ne reconnaissant plus le gouvernement qu’elle considère «illégitime» et «anticonstitutionnel». «Les négociations entre l’opposition et la majorité (parlementaire antisyrienne) devraient se prolonger», estime M.Bayram, jugeant improbable la tenue de la séance parlementaire fixée à demain pour l’élection. La séance du Parlement, pour élire le président, a déjà été reportée six fois, faute de consensus. Les chances du général Sleimane d’être élu, se sont toutefois renforcées dimanche après l’annonce par la majorité de son soutien officiel à sa candidature. Son élection nécessite un amendement de la Constitution qui interdit à un haut fonctionnaire de devenir chef de l’Etat, sauf s’il démissionne de son poste, deux ans avant l’élection. Mais un des piliers de l’opposition, le chrétien Michel Aoun, lui-même candidat à la présidence, a refusé de discuter l’amendement, liant cette question à «un accord politique», en allusion à la répartition des postes de l’Etat. Une personnalité pro-syrienne, Wiam Wahab, a averti, mardi que «le retour de Fouad Siniora à la tête du gouvernement était une ligne rouge pour nous». Selon l’avocat Sleimane Takkieddine, «l’opposition ne permettra pas à la majorité d’imposer ses conditions et celle-ci devra composer avec cette situation». Le quotidien proche de l’opposition, As Safir, citait, mardi, des sources dans l’entourage de M.Aoun, selon lesquelles celui-ci «insiste sur la répartition des postes ministériels à 55% pour la majorité, soit 17 ministres, contre 45% pour l’opposition, soit 13 ministres». «Le règlement de la crise politique est désormais liée à la part que recevront Michel Aoun et le Hezbollah lors de la formation du gouvernement», affirme l’analyste Ziad Maged. A part la formation du gouvernement, se pose la question des postes-clés de sécurité, traditionnellement réservés aux chrétiens. Or, depuis l’élection à la tête de l’Etat d’Emile Lahoud en 1998, des musulmans ont été nommés à certains de ces postes, soulevant de vives critiques des partis chrétiens. La crise de la présidentielle a amené de nombreux pays à s’impliquer dans les tentatives de déblocage. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, se trouvait de nouveau à Beyrouth en début de semaine. La crise est interprétée comme un prolongement du bras de fer opposant les Etats-Unis à la Syrie et l’Iran, la majorité accusant l’opposition d’être sous la coupe de Damas, alors que celle-ci reproche au gouvernement d’être inféodé à Washington.
R.I

|
|