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LE LIBAN À LA RECHERCHE D’UN PRÉSIDENT
Une vacance qui va probablement durer
12 Décembre 2007 - Page : 11 Lu 320 fois
Le pays du Cèdre n’aura vraisemblablement pas de Président avant la fin de l’année.
L’élection présidentielle au Liban est revenue à la case départ après un huitième report de la séance parlementaire qui doit désigner le chef de l’Etat et l’évocation par les milieux politiques de l’impossibilité d’organiser un vote avant la fin de l’année, voire mars prochain. «Je ne pense pas qu’il aura élection avant les fêtes» de Noël, de l’Aïd Al Adha et de fin d’année, a déclaré à l’AFP, Moustapha Allouche, député du bloc du Futur, présidé par le chef de la majorité parlementaire anti-syrienne Saâd Hariri. Selon lui, il serait également difficile d’élire un nouveau chef de l’Etat avant la mi-mars, date du début de la prochaine session ordinaire du Parlement dont la session en cours s’achève le 31 décembre. «La possibilité la plus grave est celle de prolonger le vide (à la présidence) jusqu’après la mi-mars, au cas où (le chef de l’armée) Michel Sleimane n’est pas élu dans les 20 jours restants» en décembre, écrit le quotidien proche de la majorité parlementaire anti-syrienne, An Nahar. Le président du Parlement, Nabih Berri, a annoncé lundi soir que la séance prévue hier pour l’élection avait été reportée au lundi 17 décembre. Bien que le général Sleimane soit un candidat de consensus aux yeux de la majorité et de l’opposition soutenue par Damas et Téhéran, les négociations achoppent sur le mécanisme d’amendement de la Constitution ainsi que sur la formation du futur gouvernement. L’amendement est une condition sine qua non pour l’élection du chef de l’armée, car la Constitution interdit aux hauts fonctionnaires d’être élus à la magistrature suprême s’ils ne démissionnent pas deux ans avant l’élection. Selon la loi fondamentale libanaise, le Parlement ne peut proposer un amendement de la Constitution que s’il est en session ordinaire, ou s’il est convoqué pour une session extraordinaire par le président de la République. «Or, comme il n’y a pas de président et que c’est le gouvernement qui est désormais investi des pouvoirs exécutifs, la session extraordinaire ne peut être convoquée car l’opposition ne reconnaît pas ce gouvernement», affirme M.Allouche. «Nous devons donc attendre jusqu’à la mi-mars pour la nouvelle session ordinaire», poursuit le député. Depuis le départ du président Emile Lahoud, le 23 novembre, le gouvernement exerce les prérogatives du chef de l’Etat conformément à la Constitution. Il y a un an, les six ministres de l’opposition, dont cinq chiites, ont claqué la porte du cabinet de Fouad Siniora, soutenu par l’Occident, pour réclamer un partage plus «équitable» du pouvoir. Ces démissions ont plongé le pays dans une crise sans précédent depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), l’opposition ne reconnaissant plus le gouvernement qu’elle juge «illégitime». Lundi, un de ses leaders, le chrétien Michel Aoun, a laissé entendre que l’élection pourrait se tenir après les fêtes de Noël et de fin d’année. «N’ayez pas peur du vide (à la présidence), ne craignez pas pour la sécurité du pays. Profitez de la période des fêtes, et nous verrons après», a-t-il dit. Selon son conseiller, Simon Abi Ramia, «On n’a jamais quitté la case départ puisque la majorité n’a jamais fait de concessions concernant les demandes légitimes de l’opposition», notamment à propos du futur gouvernement. De son côté, M.Allouche accuse Michel Aoun, également candidat à la présidence, de vouloir saboter le processus «car il considère que ce poste lui revient».
R.I

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