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AFGHANISTAN
Attaque contre le coeur international de Kaboul
16 Janvier 2008 - Page : 12 Lu 415 fois
L’attentat qui a fait sept morts visait sans doute le chef de la diplomatie norvégienne en visite dans la capitale afghane.
Les talibans ont frappé lundi soir le coeur international de Kaboul, tuant sept personnes, dont un Américain et un Norvégien, dans l’hôtel le plus luxueux du pays, le Serena, où se trouvait le ministre norvégien des Affaires étrangères, sain et sauf. Depuis Washington, le département d’Etat a annoncé qu’un ressortissant américain figurait parmi les tués. Les autorités américaines n’ont pas indiqué s’il s’agissait d’un civil ou d’un militaire, faute d’avoir pu informer ses proches, selon le porte-parole, Gonzalo Gallegos. Un journaliste norvégien employé par le quotidien Dagbladet, Carsten Thomassen, 39 ans, est mort des suites de ses blessures, a annoncé le journal sur son site internet. Touché par des tirs, il a succombé pendant l’intervention chirurgicale pratiquée à l’hôpital tchèque de l’Otan près de l’aéroport de Kaboul. Cinq autres personnes ont été blessées, dont deux étrangers, un Emirati et un autre Norvégien, membre de la délégation, lors de l’attaque revendiquée par les talibans. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a suggéré que l’attentat visait le chef de la diplomatie norvégienne, Jonas Gahr Stoere. Le porte-parole du ministère afghan de l’Intérieur, Zamarai Bashary, a déclaré à l’AFP qu’«au début, il y avait eu une attaque suicide à l’entrée de l’hôtel suivie d’une seconde explosion. Puis il y a eu des échanges de tirs», a-t-il dit sans préciser si la seconde explosion était le fait d’un autre kamikaze. Un porte-parole de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf), le capitaine Mario Renna, avait auparavant indiqué qu’il y avait apparemment eu trois attaquants arrivés à pied au Serena. «L’un a été tué par les gardes de l’hôtel, mais deux autres ont réussi à entrer à l’intérieur où ils ont pu tuer un garde et en blesser deux autres, dont un sérieusement», déclarait-il, citant de premiers éléments. Mais des informations contradictoires circulaient près de six heures après l’attaque survenue sur le nombre exact des attaquants. Des sources du renseignement afghan ont fait état de deux attaquants et le directeur de l’hôtel, Christopher Newbery, a dit la même chose. «Nous supposons qu’il y avait deux attaquants», a déclaré M.Newbery, le kamikaze et celui qui a fait usage de son arme automatique. Selon M.Bashary, la situation était «sous contrôle des autorités, trois heures environ après l’attaque.» Selon un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahed, qui a revendiqué l’attaque, il y avait quatre attaquants. «Quatre membres des talibans, l’un d’eux portant une veste d’explosifs et tous armés de kalachnikovs, sont entrés dans l’hôtel Serena et ont ouvert le feu sur des étrangers», a-t-il déclaré par téléphone peu après l’attaque. «L’un d’eux s’est fait exploser» et les autres attaquants sont «en sûreté». Aussitôt après la première explosion, la coalition internationale, à majorité américaine, a dépêché une trentaine d’hommes sur place, a indiqué son porte-parole, le major David Johnson. «Ce sont 30 personnels comprenant des éléments de la Force de réaction rapide», a-t-il dit, ainsi qu’une équipe médicale. Le responsable de sécurité occidentale a indiqué que «les chambres avaient été fouillées une à une par ces militaires», apparemment à la recherche d’au moins un attaquant. Chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis pour leur soutien actif à Al Qaîda, les talibans mènent, depuis, une insurrection sanglante qui a fait des milliers de morts. Leurs plus sanglantes attaques ont touché Kaboul et ses environs.
R.I

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