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CRISE POLITIQUE AU LIBAN
La médiation de Amr Moussa échoue
21 Janvier 2008 - Page : 11 Lu 370 fois
Les efforts du secrétaire général de la Ligue arabe afin de rapprocher les positions des parties libanaises auront été vains.
Une séance parlementaire prévue pour élire un nouveau président du Liban a été reportée hier, pour la treizième fois, après l’échec d’une médiation du secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa pour sortir le pays de la crise politique. «La séance de lundi (aujourd’hui) a été reportée au 11 février pour permettre la poursuite du dialogue entre les différentes parties sur l’initiative arabe», a indiqué un communiqué du secrétariat général du Parlement. Il s’agit du 13e report depuis le 25 septembre, date de la première session parlementaire consacrée à cette élection. La Ligue arabe a adopté début janvier un plan pour sortir le Liban de la crise prévoyant l’élection «immédiate» du chef de l’armée, le général Michel Sleimane, à la présidence de la République, puis la formation d’un gouvernement d’union nationale. Le Liban est plongé dans sa pire crise politique depuis la guerre civile (1975-1990). Les institutions sont paralysées depuis plus d’un an après la démission de tous les ministres de l’opposition et la magistrature suprême, qui revient à un chrétien, est vacante depuis le 24 novembre. M.Moussa, dont c’est la deuxième tentative pour tenter de faire accepter par la majorité pro-occidentale et l’opposition soutenue par Damas le plan arabe, a indiqué hier qu’il quittait Beyrouth sans avoir réalisé de percée. «Les difficultés résident dans chaque coin (...) et dans chaque détail du dossier libanais», a déclaré le responsable arabe après des entretiens avec le Premier ministre, Fouad Siniora, issu de la majorité, et le président du Parlement Nabih Berri, un chef de l’opposition. «Il faut encore beaucoup de travail, il faut en finir avec les difficultés une par une», a-t-il ajouté. Il a ajouté que l’initiative arabe visant à sortir le Liban de la crise politique n’«était pas dans une impasse, mais devant une porte close qu’on peut toujours ouvrir». M.Moussa a insisté sur «la nécessité de poursuivre les efforts pour arriver à un accord et élire un président de la République». «L’initiative arabe a permis de rétablir la confiance entre les deux camps», a-t-il dit. Le responsable arabe avait réussi à réunir jeudi dernier un chef de l’opposition, Michel Aoun, et deux leaders de la majorité, Saad Hariri et Amine Gemayel, pour discuter du plan arabe. Mais des divergences profondes subsistent. Une réunion prévue samedi soir entre ces mêmes responsables n’a pas eu lieu en raison d’un ennui de santé du général Aoun, selon ses proches. Elle a eu lieu au niveau de leurs représentants, sans résultat concret. Mais le ton était déjà donné dès samedi, M.Berri avait appelé la Ligue arabe à apporter des éclaircissements à son plan de sortie de crise au Liban. Dans un entretien avec l’AFP, il a affirmé que l’opposition rejetait des explications du chef de la Ligue arabe sur des dispositions du plan relatives à la formation d’un gouvernement d’union nationale. «Il n’y a aucune autre explication que celle que j’ai donnée», a rétorqué, hier, M.Moussa. Ce dernier a expliqué que ni la majorité ni l’opposition n’auraient le pouvoir de décision au sein du gouvernement d’union et n’a donné aucun chiffre sur la répartition des portefeuilles. M. Berri, quant à lui, l’interprète comme donnant 10 portefeuilles à chaque camp et autant aux fidèles du président dans un gouvernement de 30 ministres. Cette interprétation est catégoriquement rejetée par la majorité qui refuse d’accorder à l’opposition une minorité de blocage d’un tiers dans un gouvernement. Le député et ministre antisyrien Marwan Hamadé a accusé la Syrie d’empêcher un accord politique au Liban. «Le blocage syrien est clair à travers ses alliés au Liban», a-t-il dit à l’AFP.
R.I

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