Date
Chercher
Dans  et  Lancer la recherche
 Catégories
   Une
   Actualité
   Culture
   Sport
   Internationale
   Société
   Régions
   A coeur ouvert
  Flux RSS
 Contact 
 Version PDF 

 
INTERNATIONALE

LE CALME EST REVENU À N’DJAMENA
Les rebelles acceptent le principe d’un cessez-le-feu
06 Février 2008 - Page : 11
Lu 498 fois 

La vie reprenait doucement hier à N’Djamena

Toutefois, le Premier ministre tchadien estime qu’il n’y a pas lieu d’une trêve puisque les rebelles ont été «matés».

Le Premier ministre tchadien, Nourredine Delwa Kassiré Coumakoye, a rejeté hier toute idée de cessez-le-feu avec la rébellion, affirmant que les rebelles étaient ´´matés´´. Les rebelles tchadiens, qui semblaient en mesure de renverser le président Idriss Deby Itno, le week-end dernier, avaient, hier, dit accepter le principe d’un cessez-le-feu, après de fortes pressions diplomatiques et alors que l’exode des habitants de N’Djamena suscitait de fortes inquiétudes. «Cessez-le-feu pourquoi? Ils (les rebelles) n’existent plus. On fait signer un cessez-le-feu avec qui? (...) Nous les avons matés», a affirmé le chef du gouvernement tchadien à la chaîne d’information en continu France 24. «Nous n’avons pas seulement le contrôle de la situation. Il n’y a plus aucune rébellion. Ils ont été tous décimés. Le reliquat est en train d’être poursuivi à une cinquantaine de km de N’Djamena», a encore affirmé M.Coumakoye.
Du côté de la rébellion, le son de cloche qui est totalement différent, on affirme, par son porte-parole, Abderaman Koulamallah, que «conscients des souffrances des populations tchadiennes et souscrivant aux initiatives de paix des pays frères, la Libye et le Burkina Faso, les forces de la résistance nationale donnent leur accord pour un cessez-le-feu immédiat». Cette annonce intervient alors que le chef de l’Etat, qui a vécu les combats du week-end, retranché dans son palais au coeur de la capitale, et dont la chute semblait presque inéluctable samedi, a bénéficié, lundi, du soutien appuyé des Nations unies, des Etats-Unis, et de la France, son principal allié. Tous ont fermement condamné le raid rebelle, parti le 28 janvier du Soudan, parrain présumé, des groupes armés hostiles au président Deby. Khartoum est soupçonné de vouloir empêcher le déploiement d’une force de 3700 hommes de l’Union européenne à ses portes, l’Eufor, destinée à la protection des réfugiés du Darfour et de déplacés des pays voisins.
De source rebelle, on explique que les pressions diplomatiques ont été «très fortes» lundi en faveur de la trêve. Paris, qui dispose actuellement au Tchad de près de 1500 soldats ainsi que d’avions de combat, de reconnaissance et de transport dans le cadre du dispositif Epervier, a adressé, lundi, une mise en garde aux rebelles, indiquant espérer «ne pas avoir à intervenir plus avant militairement».
L’alliance rebelle estime, pour sa part, que cette escalade a déjà eu lieu: elle a dénoncé hier «l’intervention directe de l’aviation française qui a causé d’énormes victimes civiles à N’Djamena». D’autres sources de la rébellion n’ont pourtant pas confirmé que les chasseurs Mirage F1 français avaient ouvert le feu. Les journalistes de l’Agence France Presse (AFP) sur place n’ont pas constaté de telles frappes aériennes. Le porte-parole de l’état-major des armées françaises à Paris a, quant à lui, démenti à nouveau, hier, ces affirmations, en déclarant qu’elles étaient «absolument dénuées de tout fondement». L’activité diplomatique internationale se mêlait hier aux inquiétudes concernant les populations civiles, blessées ou en fuite.
Les combats, qui se sont concentrés au coeur de la capitale, ont fait «beaucoup de morts» et au moins 500 blessés, selon un premier bilan encore très partiel établi de source humanitaire. Et les Tchadiens continuaient affluer vers le Cameroun, séparé de N’Djamena par le fleuve Chari. Entre 15.000 et 20.000 réfugiés ont déjà été recensés à Kousseri, bourgade camerounaise en face de la capitale tchadienne, selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). En ville, au moins sept opposants politiques de premier plan ont été arrêtés, selon une organisation de défense des droits de l’homme. Sur le plan militaire, la capitale s’est réveillée dans le calme, hier pour la deuxième journée consécutive, malgré quelques tirs sporadiques, une situation qui semblait confirmer un rapport des forces à nouveau favorable au président Deby.
«La ville est entièrement sous notre contrôle», a déclaré le général Mahamat Ali Abdallah, commandant des opérations de l’Armée nationale tchadienne (ANT). Lundi, une colonne d’au moins une trentaine de véhicules rebelles avait été signalée à la sortie nord de N’Djamena.

R.I

Envoyer cet article à un ami Version imprimable Votre commentaire