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MUSHARRAF VEUT TRAVAILLER AVEC L’OPPOSITION
Gilani désigné Premier ministre
24 Mars 2008 - Page : 13 Lu 315 fois
Le futur Premier ministre veut rassembler les forces démocratiques alors que le président Musharraf a renouvelé son soutien au prochain gouvernement.
Le futur Premier ministre pakistanais, Yousouf Raza Gilani, a affirmé hier qu’il voulait «travailler avec toutes les forces démocratiques», alors que son ancien geôlier, le président Pervez Musharraf, a renouvelé son soutien au prochain gouvernement. M.Gilani, 58 ans, ancien président de l’Assemblée nationale et ancien ministre, a été choisi samedi par le Parti du peuple pakistanais (PPP) de l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto, assassinée en décembre, qui a remporté les élections législatives le 18 février. Sa désignation doit être approuvée aujourd’hui par le Parlement et sa prise de fonction est prévue demain. «Nous devons travailler avec toutes les forces démocratiques», a déclaré M.Gilani, à l’AFP, peu après sa désignation, dans un entretien téléphonique. Les principaux quotidiens pakistanais ont salué hier le choix de M.Gilani tout en espérant qu’il ne sera pas une «marionnette» d’Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto et président de facto du PPP, qui ne pouvait prétendre à la fonction de Premier ministre car il n’était pas candidat aux législatives. M.Zardari pourrait se présenter dans la circonscription de Benazir, où une élection partielle doit être organisée en mai, alimentant les spéculations sur une future désignation au poste de Premier ministre. M.Gilani a été présenté comme un «candidat de consensus» entre le PPP et les autres formations du gouvernement de coalition, notamment la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz de l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif, renversé en 1999 par un coup d’Etat du président Musharraf. Il devrait, selon les experts, mener une lutte sans merci contre le président Pervez Musharraf dont les soutiens politiques ont été laminés aux élections. D’autant plus que M.Gilani a passé cinq ans en prison sous le régime de Musharraf sous l’accusation de corruption, avant d’être relâché sans avoir été condamné. Pour sa part, Pervez Musharraf a une nouvelle fois répété, hier, qu’il était prêt à travailler avec le nouvel exécutif. «Quels que soient les membres du prochain gouvernement, ils auront mon soutien total», a-t-il affirmé lors d’un défilé militaire à l’occasion de la fête nationale du Pakistan. «Nous sommes fiers de constater qu’au cours des huit dernières années, nous avons non seulement établi les fondations d’une vraie démocratie, mais nous avons aussi mis le Pakistan sur la voie du progrès et de la prospérité», a-t-il ajouté. M.Gilani doit être élu aujourd’hui par les 342 députés de l’Assemblée nationale, ce qui devrait n’être qu’une formalité, le futur gouvernement de coalition devant bénéficier de plus des deux tiers des voix des élus. Il sera ensuite investi demain par le président Musharraf. Pour ce dernier, le plus grand danger vient de l’intention affichée par l’opposition de restaurer rapidement dans leurs fonctions les juges qu’il avait évincés en novembre. S’ils sont rétablis, les magistrats, parmi lesquels le président de la Cour suprême Iftikhar Muhammad Chaudhry, bête noire de Musharraf, pourraient être amenés à se prononcer sur la légalité de la récente réélection du chef de l’Etat. La lutte contre le terrorisme constituera aussi un défi pour le nouveau gouvernement, au moment où une vague sans précédent d’attentats, revendiqués ou attribués aux militants islamistes proches du réseau Al Qaîda et des talibans, ensanglante le Pakistan. Le futur gouvernement étudie une nouvelle stratégie pour lutter contre le terrorisme et voudrait entamer des négociations avec les islamistes, ce qui inquiète les Etats-Unis, a indiqué le quotidien américain New York Times sur son site Internet vendredi soir.
R.I

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