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INTERNATIONALE

ELECTIONS GÉNÉRALES AU ZIMBABWE
La Zanu-PF prête pour un second tour
05 Avril 2008 - Page : 10
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Mais y aurait-il de second tour? Hier, le parti de Mugabe organisait une réunion cruciale pour tenter de sauver le régime.

Le parti du président Robert Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans au Zimbabwe, définissait hier une contre-attaque après l’humiliation de sa défaite aux législatives lors des élections générales du 29 mars. Mugabe est arrivé au siège de son parti à Harare à la mi-journée, pour présider une réunion cruciale du bureau politique de l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir). Six jours après les élections, qui ont notamment opposé le plus vieux chef d’Etat africain, 84 ans, à Morgan Tsvangirai, leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), l’issue de la présidentielle restait inconnue.
L’anxiété ne cessait de croître à Harare, où le calme continuait toutefois à régner. Selon un responsable de la Zanu-PF, le bureau politique doit «discuter de l’issue des élections et examiner ce qui n’a pas marché». Un des membres du bureau a ajouté, également sous couvert d’anonymat: «Nous avons sous-estimé la menace (de l’opposition), mais nous allons élaborer une stratégie précise pour le second tour et nous le remporterons, sans aucun doute». «La réunion du bureau politique de la Zanu-PF devrait en fait acter la décision du départ de Mugabe et décider du choix de son successeur», a assuré à l’AFP un diplomate occidental en poste à Harare.
De son côté, le MDC a introduit un recours judiciaire en urgence pour obliger la commission électorale à publier les résultats du scrutin, selon un avocat du parti. La Maison-Blanche s’est dit inquiète des «informations qui (lui) parviennent à propos de la situation sur le terrain au Zimbabwe».
Deux journalistes, un Américain et un Britannique, ont été arrêtés jeudi soir dans un hôtel de la capitale et inculpés hier pour avoir couvert les élections sans accréditation. Selon le MDC, les forces de l’ordre ont en outre fouillé les chambres d’un autre hôtel, servant de centre d’information au parti. Mais la police nationale a nié toute opération, accusant l’opposition «d’alimenter les tensions». Mugabe, qui dirige l’ex-Rhodésie du sud britannique depuis 1980, est confronté au plus grand défi de sa carrière.
Son parti a déjà perdu sa majorité de 28 ans à la chambre des députés, au profit du MDC qui dispose désormais de 109 des 210 sièges. Des négociations sont en cours pour le persuader de lâcher le pouvoir en douceur dans ce pays en plein marasme économique avec une hyper-inflation record à plus de 100.000%. «Les discussions ont lieu entre les instances dirigeantes du MDC et les forces de sécurité (...) qui veulent s’assurer d’avoir toute leur place» en cas de changement de régime, selon un diplomate occidental. «Il n’y a plus d’interlocuteur crédible à la Zanu-PF», dont plusieurs ministres-clés ont perdu leur siège de député. Anticipant d’éventuelles manipulations des résultats, le MDC a déjà revendiqué la présidence pour Tsvangirai, affirmant qu’il avait obtenu la majorité absolue, tout en se disant prêt à participer à un second tour. Selon la loi électorale, les résultats doivent être publiés dans les six jours après le scrutin. La commission, nommée par le gouvernement, a mis quatre jours pour annoncer le décompte des législatives.
Celui des sénatoriales n’a commencé que jeudi soir, donnant cinq sièges à chacun des deux partis, sur 60. Les autorités ont refusé d’accréditer la plupart des journalistes étrangers pour couvrir ces élections, avertissant qu’elles se montreraient sévères envers les contrevenants. Depuis les élections, le président Mugabe s’était fait étonnamment discret.

R.I

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