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TIRS CROISÉS ENTRE LES RESPONSABLES LIBANAIS
La guerre des chefs dépasse le cadre verbal
10 Mai 2008 - Page : 12 Lu 249 fois
L’opposition a rejeté, jeudi, une série d’initiatives de la majorité parlementaire visant à mettre fin aux affrontements armés de Beyrouth dont le bilan macabre s’élève à 11 morts.
Quelques instants après le discours du chef du mouvement Hezbollah, Hassan Nasrallah, de nouveaux affrontements armés ont éclaté jeudi soir dans des quartiers de l’ouest de Beyrouth risquant de faire sombrer le Liban dans le chaos. Les partisans de la majorité et ceux de l’opposition au Parlement ont lavé le linge sale en public. Des hauts responsables ont réagi quant à cette situation. La majorité accuse le Hezbollah d’être l’instigateur des troubles. «La grève (entamée mercredi Ndlr) sociale n’est qu’une façade, mais le mouvement est politique et essentiellement mené par le Hezbollah», a affirmé le ministre des Télécommunications, Marwan Hamadé. De son côté, Ghattas Khoury, l’un des dirigeants de la majorité a affirmé, qu’il s’agit d’«une tentative du Hezbollah de déstabiliser le gouvernement et l’Etat.» Dans un discours retransmis à la télévision, le député Saâd Hariri a appelé à «mettre fin au siège de Beyrouth, à lever le blocus de l’aéroport et à retirer les hommes armés des rues.» Il ajoutera que «ce qui se passe est un crime et cela doit s’arrêter immédiatement. Je vous appelle à mettre fin à l’enfer que vit Beyrouth», à l’adresse du chef du mouvement Hezbollah. Ce dernier, quant à lui, a vivement critiqué une décision du gouvernement libanais concernant le mouvement chiite, accusé d’avoir installé un réseau de télécommunications à travers le pays et de limoger le chef de la sécurité de l’aéroport de Beyrouth présenté comme un proche du mouvement. «Nous réaffirmons notre droit à nous défendre, de défendre notre résistance, nos armes et notre existence», a affirmé Hassan Nasrallah dans une conférence de presse, tenue dans un complexe de la banlieue sud de la capitale libanaise. En réponse à cette déclaration, Saâd Hariri a avancé que la décision du gouvernement a été «mal interprétée» par la formation chiite. Il explique qu’elle «vise à protéger l’armée et non pas à s’attaquer à la résistance.» La crise politique libanaise qui dure depuis novembre 2006 est entrée dans une nouvelle phase après «les décisions dangereuses prises par le gouvernement.» Menée par le mouvement Hezbollah, l’opposition a rejeté, jeudi dernier, une série d’initiatives de la majorité parlementaire visant à mettre fin aux affrontements armés de Beyrouth dont le bilan macabre s’élève à onze morts et une trentaine de blessés. Ce mouvement a fait la sourde oreille quant à la seconde proposition qui consiste à laisser libre champ à l’armée libanaise qui «décide du sort des décisions» prises par le gouvernement à l’encontre de la formation chiite. «La manoeuvre de Hariri d’impliquer l’armée dans une affaire qui ne la concerne pas a été refusée de manière claire et rapide», a affirmé la chaîne du Hezbollah, Al-Manar.
Fouad IRNATENE
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