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INTERNATIONALE

CRISE POLITIQUE DU LIBAN
La tension persiste toujours
12 Mai 2008 - Page : 12
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Des combats ont eu lieu hier à Tripoli (nord du Liban)

L’armée avait annoncé qu’elle gelait les récentes décisions du gouvernement contre le Hezbollah, à l’origine de violences entre partisans de la majorité et de l’opposition.

Des combats à l’arme lourde ont opposé les partisans du gouvernement et de l’opposition hier matin dans le nord du Liban, où les tensions restent vives malgré un début d’apaisement depuis la veille au soir à Beyrouth. Une femme a été tuée lors de ces combats à Tripoli, la grande ville côtière du nord, à majorité sunnite, et cinq personnes ont été blessées, a annoncé un responsable des services de sécurité.
Quelque 7000 personnes ont fui les accrochages, qui ont éclaté à l’aube dans le nord de la ville, a-t-il dit. Les combats, à la mitrailleuse et au lance-roquettes, ont opposé des partisans sunnites de la majorité anti-syrienne, au pouvoir à Beyrouth, et des Alaouites, branche dissidente des chiites, loyale au Hezbollah, le principal parti de l’opposition.
Ces combats se sont calmés en milieu de matinée et l’armée s’est déployée à l’entrée nord de Tripoli, a rapporté un correspondant de l’AFP.
La veille, le Hezbollah et ses alliés chiites de l’opposition avaient pourtant donné un signal de conciliation en retirant leurs combattants des quartiers ouest de Beyrouth, conquis la veille, à l’appel de l’armée, à qui le gouvernement s’en est remis pour rétablir ´´la paix civile´´.
L’opposition avait, cependant, averti qu’elle poursuivrait son mouvement de ´´désobéissance civile´´. L’armée avait annoncé qu’elle gelait les récentes décisions du gouvernement contre le Hezbollah, à l’origine de violences entre partisans de la majorité et de l’opposition qui ont fait depuis jeudi 35 morts, les plus sanglantes depuis la guerre civile (1975-90).
L’opposition avait investi, vendredi, l’ouest de Beyrouth, contrôlé en partie jusque-là par la majorité. Dans une adresse à la nation, samedi, le Premier ministre Fouad Siniora a jugé que la démocratie avait été ´´poignardée au coeur´´ mais que l’Etat ne tomberait pas ´´face aux putschistes´´. ´´Je demande à l’armée d’imposer la sécurité (...) et de retirer les hommes armés de la rue immédiatement´´, a-t-il ajouté. Il a également demandé aux Libanais d’observer une minute de silence, hier à midi (09h00 GMT), en signe de refus des violences.
L’armée a demandé à tous les hommes armés de se retirer des rues et a également, dans un souci d’équilibre, décidé que le chef de la sécurité de l’aéroport, Wafic Choukair, présenté comme un proche du Hezbollah et limogé par le gouvernement, resterait à son poste en attendant les résultats d’une enquête sur lui. Par ailleurs, l’armée a dit qu’elle allait ´´étudier´´ le réseau de télécommunications du Hezbollah, sur lequel le gouvernement voulait enquêter.
La formation chiite, qui présente ce réseau comme essentiel dans sa lutte contre Israël, avait qualifié de ´´déclaration de guerre´´ cette démarche gouvernementale, provoquant les combats entre les deux camps.
L’armée, traditionnellement chargée du maintien de l’ordre au Liban, n’est pas intervenue dans les combats, de crainte de scissions. Hier, les militaires étaient présents en force sur les principaux axes de la capitale.
Dans la partie ouest de la ville, où la vie avait timidement repris samedi, les rues étaient quasi désertes, comme à l’habitude, un dimanche, dans ces quartiers résidentiels et commerçants. La route menant à l’aéroport international, au sud de la capitale, où aucun vol n’était prévu hier, était toujours bloquée par le Hezbollah.
Un responsable de l’opposition a déclaré que cet axe ainsi que d’autres routes resteraient bloqués. Les étrangers ont continué samedi de quitter le pays par la route, via la Syrie, alors que la Turquie et le Koweït évacuaient leurs ressortissants.
Hier, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se réunissaient au Caire à la demande de l’Arabie Saoudite et de l’Egypte, alliés du gouvernement libanais.

R.I

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