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SOUDAN-TCHAD
Khartoum rompt ses relations avec N’Djamena
12 Mai 2008 - Page : 13 Lu 270 fois
Le couvre-feu imposé à la capitale soudanaise a été partiellement levé hier.
Le Soudan a rompu, hier, ses relations diplomatiques avec le Tchad, accusant N’Djamena d’avoir soutenu une attaque sans précédent de rebelles du Darfour contre Khartoum, tandis que le couvre-feu imposé à la capitale soudanaise a été partiellement levé. ´´Nous sommes contraints de rompre les relations diplomatiques avec (le) régime´´ tchadien, a déclaré, à la télévision publique, le président soudanais Omar el-Béchir, vêtu d’un uniforme militaire. De violents combats ont opposé samedi à Omdurman - la ville jumelle de Khartoum liée à la capitale par un pont sur le Nil - l’armée soudanaise aux rebelles islamistes du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), le plus puissant militairement des groupes rebelles du Darfour, province de l’ouest du pays, en guerre civile. ´´Nous attribuons toute la responsabilité de l’attaque au Tchad´´, a ajouté M.Béchir, rentré dans la nuit d’Arabie Saoudite. Le couvre-feu imposé à Khartoum depuis samedi 17h00 (14h00 GMT) a été partiellement levé, mais reste en vigueur à Omdurman jusqu’à nouvel ordre, a annoncé, en début d’après-midi d’hier, le porte-parole de la police, Mohamed Abdoul Majid. Il a précisé que des rebelles se trouvaient toujours dans certaines zones résidentielles d’Omdurman. Les rebelles avaient assuré qu’ils marchaient sur Khartoum après s’être emparés d’une base aérienne au nord de la capitale. Khartoum a affirmé avoir déjoué l’opération, accusant aussitôt son voisin tchadien d’être derrière l’attaque dans le but de ´´déstabiliser´´ le Soudan, malgré le démenti officiel du Tchad. ´´Nous avons des preuves qu’il y a eu des contacts entre (les rebelles) et le gouvernement du Tchad ainsi que l’ambassade du Tchad à Khartoum´´, a affirmé un haut responsable du ministère des Affaires étrangères, Ali Youssef. Il a indiqué qu’´´aucun étranger n’(avait) été blessé ou tué´´, sans plus de détails. ´´Un calme total´´ règne à Khartoum et Omdurman, a ajouté le bureau du porte-parole de l’armée. D’après l’agence officielle égyptienne Mena, toutefois, l’aéroport international de Khartoum a été fermé pour raisons de sécurité. Les rebelles ´´sont maintenant, soit morts, soit faits prisonniers de guerre´´, a affirmé le porte-parole de l’armée soudanaise, le général de brigade Osmane al-Aghbache. Un résident d’Omdurman a indiqué à l’AFP que des voitures brûlées gisaient dans les rues et que des colonnes de fumée s’élevaient toujours dans le ciel, mais que l’électricité et l’eau avaient été rétablies. ´´Nous avons découvert que la majorité de ceux qui étaient tombés entre nos mains étaient Tchadiens´´, a affirmé le bureau du porte-parole de l’armée. ´´Il y a des dizaines de prisonniers, voire une centaine´´. Le chef d’état-major du JEM, Souleimane Sandal, a affirmé à l’AFP, par téléphone, que ses hommes avaient pris Omdurman mais qu’ils n’étaient pas habitués à combattre en milieu urbain, venant du désert du Darfour. ´´Nous avons attaqué Omdurman hier (samedi), nous nous en sommes emparés et nous avons assiégé les troupes du gouvernement´´, a déclaré M.Sandal, qui dit se trouver à Omdurman. ´´Nous sommes en train de rassembler nos troupes et de réfléchir à ce que nous faisons´´. D’après lui, le JEM a été empêché dans la nuit de traverser le pont entre Omdurman et Khartoum. M.Sandal a précisé qu’il avait fallu trois jours à ses hommes pour arriver du Darfour, dans un convoi de 400 véhicules. ´´Nous combattons au Darfour depuis cinq ans et personne ne nous écoute. Nous sommes déterminés à amener la guerre à Khartoum´´, a-t-il ajouté. Samedi soir, le porte-parole du gouvernement tchadien, Mahamat Hissène, a démenti ´´toute implication´´ de son pays ´´dans cette aventure qu’il condamne sans réserve´´. Les Etats-Unis, l’Egypte et l’ONU ont condamné l’attaque du JEM. Le Darfour est ravagé depuis cinq ans par un conflit qui a fait près de 200.000 morts, selon des organisations internationales, et plus de deux millions de déplacés. L’ONU a même avancé le chiffre de 300.000 morts.
R.I

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