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LIBAN
Michel Sleimane élu président aujourd’hui
25 Mai 2008 - Page : 12 Lu 899 fois
Cette élection intervient juste au lendemain des négociations et de la signature de l’Accord de Doha.
Le Liban sort de sa crise politique. Après plusieurs mois d’impasse, des attentats et des violences sanglantes, le pays du Cèdre aura son président aujourd’hui. Ainsi, le Parlement libanais est convoqué, ce soir, à une session électorale pour élire le nouveau président du pays. Comme première étape des négociations de Doha, les députés libanais élisent le général Michel Sleimane, comme président du Liban. Cette élection intervient juste au lendemain de la signature de l’Accord de Doha. Ces négociations menées par le Qatar, donnent à l’opposition dirigée par le Hezbollah chiite, une minorité de blocage dans le futur gouvernement. Négocié et conclu, ledit accord laisse, aux yeux des observateurs, quelque suspense. Selon les mêmes témoignages, les négociations n’auraient pas pris en considération quelques questions jugées de «fond». Ils évoquent, notamment, le désarmement du parti chiite. Il est convenu que seule la milice libanaise peut conserver officiellement son arsenal. Après quelques mois, le nouveau président aura du pain sur la planche. Le général Sleimane aura comme première tâche de relancer les institutions paralysées depuis novembre 2006. Avant son élection, le concerné avait prévenu qu’il ne pourrait assurer seul la sécurité du pays. «La sécurité ne peut être gagnée par la force, mais à travers une volonté politique. Un seul parti ne peut seul construire le pays», a-t-il déclaré au quotidien libanais As-Safir, dont les propos sont rapportés par l’AFP. A noter que le nom du prochain président fait l’unanimité dans les deux camps opposés. L’opposition de Hezbollah et ses alliés de l’Iran et de la Syrie ont accepté, depuis l’année écoulée, le général Sleimane comme président. Idem pour la majorité anti-syrienne, soutenue par les Occidentaux et l’Arabie Saoudite. Le différend entre les deux parties réside dans la lutte de pouvoir qui empêchait la procédure de l’élection. Ayant acquis une riche expérience en tant que militaire, le général Sleimane est l’homme de consensus, car il a toujours préféré rester à l’écart des rivalités politiques et confessionnelles. S’agissant de l’Accord de Doha, il a suscité un sentiment d’optimisme dans les coeurs des Libanais. Il a fait baisser les tensions. Cet accord représente «un important succès pour tous les Libanais», a souligné avant-hier le numéro deux du Hezbollah, Naïm Qassem. Il a tenu à saluer cet accord: «Cet accord est un important succès pour tous les Libanais et un pas décisif vers la fin d’une période difficile qui a duré 18 mois», a-t-il affirmé à la radio du parti chiite, Al-Nour. Et d’ajouter: «Les factions rivales n’avaient pas été capables de trouver un terrain d’entente, mais y sont parvenues en l’espace de quelques jours et nous aurions aimé qu’il en soit ainsi il y a plus d’un an». Selon lui, le prochain défi pour la majorité, soutenue par les Occidentaux, et l’opposition alliée de l’Iran et de la Syrie, dont le Hezbollah est le principal parti, sera la formation d’un gouvernement d’union nationale. «Si les deux côtés se montrent positifs, nous pourrons former un gouvernement d’union nationale et trouver des solutions à tout», a-t-il estimé. Comme souligné en haut, l’accord conclu au Qatar prévoit la formation d’un gouvernement d’union dans lequel l’opposition disposera d’une minorité de blocage. Le nouveau gouvernement sera formé selon un schéma de 16-11-3, c’est-à-dire il sera composé de 16 ministres pour la majorité, 11 pour l’opposition et 3 désignés par le président. A rappeler que depuis le début de la crise en 2006, la crise politique du Liban avait dégénéré au début du mois en violences intercommunautaires qui avaient fait 65 morts et 200 blessés, les plus sanglantes depuis la guerre civile (1975-90). Ces violences ont pris la tournure dangereuse d’affrontements opposant chiites-sunnites. Le coup de force du Hezbollah qui, en dépit de ses engagements, a fait usage de ses armes contre des Libanais, a laissé «une blessure très profonde», estime-t-on au Liban. Les députés, qui vivent, sous haute protection depuis des mois, annoncent qu’«il est trop tôt. Avant de rentrer chez nous, nous allons attendre l’élection, le nouveau gouvernement, puis le rétablissement de la confiance. Cela peut prendre trois mois», a indiqué un député à l’AFP. Un autre député affirme: «En clair, nous craignons toujours des assassinats.»
Tahar FATTANI

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