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APRÈS SON ÉLECTION À LA TÊTE DU LIBAN
Le général Sleimane veut un gouvernement d’union nationale
27 Mai 2008 - Page : 10 Lu 633 fois
Les noms de Fouad Siniora et de Saâd Hariri sont évoqués pour le poste de Premier ministre.
A peine élu président du Liban, le général Michel Sleimane, a commencé à élargir les concertation pour la désignation du nouveau gouvernement d’union nationale. Car, le gouvernement du Premier ministre, Fouad Siniora, est devenu démissionnaire de facto dès l’élection du nouveau président. Juste après son installation officielle hier, le nouveau président se préparait à lancer les consultations, notamment avec la majorité appuyée par l’Occident et l’opposition menée par le Hezbollah. Le prochain gouvernement devrait être constitué conformément aux accords de Doha. Lors des dernières négociations menées au Qatar, l’accord signé porte, notamment sur la constitution d’un gouvernement composé, selon la répartition suivante, de ministres 16-11-3, c’est-à-dire, il sera composé de 16 ministres pour la majorité, 11 pour l’opposition et 3 désignés par le président. Concernant le poste de Premier ministre, la presse libanais évoque deux noms. Fouad Siniora et Saâd Hariri, chef du Courant du Futur, le principal bloc de la majorité, et fils du Premier ministre assassiné en 2005, Rafic Hariri. A noter que M.Sleimane, jusque-là commandant en chef de l’armée, a été élu dimanche par 118 des 127 députés du Parlement libanais devant un parterre de personnalités arabes et internationales. Cette élection intervient après 18 mois d’impasse politique, des attentats et des violences sanglantes. Juste après son élection, le président libanais a appelé toutes les parties et les citoyens à unir leurs rangs pour la construction du Liban. «Unissons-nous, et travaillons en vue d’une solide réconciliation. Nous avons payé cher notre unité nationale. Préservons-là, la main dans la main», a dit M.Sleimane, dimanche, dans son discours d’investiture. Par la même occasion, il a tenu à saluer le rôle de la «Résistance», référence au Hezbollah, dans la lutte contre Israël, mais a averti que le parti chiite ne devait pas «tirer profit de ses succès pour les utiliser dans des conflits internes». Le président Sleimane a aussi souhaité l’établissement de relations diplomatiques avec la Syrie, ancienne puissance de tutelle du Liban, et la mise en place d’une stratégie de défense contre les violations par Israël du territoire libanais. Le discours prononcé par le général Sleimane a été salué par la presse libanaise. Elle le qualifie de discours «équilibré» qui représente une «feuille de route pour la prochaine étape». La majorité de la presse estime que le discours d’investiture du nouveau président «contient des demandes de toutes parties». De son côté, la classe politique, la majorité comme l’opposition, a elle, aussi, salué un discours «réaliste» qui a touché à tous les problèmes importants et aux revendications de tous. Le discours «a été global et réaliste. Il jette les bases de l’Etat auquel nous aspirons tous», a déclaré, à l’AFP, le député Antoine Zahra (majorité). «Il a évoqué des questions que personne n’avait osé soulever, surtout la stratégie de défense de l’Etat, l’interdiction de recourir aux armes à l’intérieur du pays et l’établissement de relations diplomatiques avec la Syrie», a-t-il ajouté. Le député de l’opposition, Selim Aoun, souligne, pour sa part, que le discours du président est «largement conforme à l’entente» au sein de l’opposition, notamment sur «la stratégie de défense, les relations avec la Syrie et la consécration de l’entente nationale». A rappeler que depuis le début de la crise, en 2006, la crise politique du Liban avait dégénéré au début du mois en violences intercommunautaires qui avaient fait 65 morts et 200 blessés, les plus sanglantes depuis la guerre civile (1975-90). Ces violences ont pris la tournure dangereuse d’affrontements opposant chiites-sunnites. Le coup de force du Hezbollah qui, en dépit de ses engagements, a fait usage de ses armes contre des Libanais, a laissé «une blessure très profonde», estime-t-on au Liban. Les députés, qui vivent sous haute protection au sein de l’édifice parlementaire depuis des mois, annoncent qu’«il est trop tôt. Avant de rentrer chez nous, nous allons attendre l’élection, le nouveau gouvernement, puis le rétablissement de la confiance. Cela peut prendre trois mois», a indiqué un député à la même agence. Un autre député affirme: «En clair, nous craignons toujours des assassinats.»
Tahar FATTANI

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