21E SOMMET ARABE À DOHA
Soutien ferme au président el-Bechir face à la CPI
Les dirigeants arabes soulignent par ailleurs la «nécessité de fixer un délai précis» pour qu’Israël honore «ses engagements» envers le processus de paix.
Le président soudanais Omar el-Bechir, qui a bravé la Cour pénale internationale (CPI) en assistant au Sommet arabe de Doha, a reçu le soutien des dirigeants arabes, qui ont rejeté lundi le mandat d´arrêt délivré à son encontre par ce tribunal. «Nous affirmons notre solidarité avec le Soudan et notre rejet des décisions de la CPI concernant le président Bechir (...) et nous soutenons l´unité du Soudan», affirme la Déclaration finale du sommet, lue par le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.
Le président Bechir a ensuite pris la parole pour remercier le Qatar pour ce sommet «fructueux». S´adressant à ses pairs lors de la séance de clôture, il a salué leur «soutien au Soudan» et leur «refus des décisions injustes» de la CPI. «Je vous promets de tout faire (...) pour parvenir à la stabilité et à la paix sur l´ensemble du territoire soudanais», a-t-il ajouté. La CPI a délivré le 4 mars un mandat d´arrêt contre M.Bechir pour crimes de guerre et contre l´humanité au Darfour, une région de l´ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003. A propos du conflit israélo-palestinien, les dirigeants arabes ont souligné «la nécessite de fixer un délai précis pour qu´Israël honore ses engagements envers le processus de paix», sans plus de détails. Ce sommet arabe s´est tenu à la veille de l´investiture par le Parlement israélien du nouveau gouvernement de Benjamin Netanyahu, le chef de la droite, opposé à la création d´un Etat palestinien. Le président syrien Bachar al-Assad avait affirmé en ouvrant le sommet que «la société israélienne (n´était) pas prête pour la paix» et que les Arabes n´avaient donc «pas de vrai partenaire dans le processus de paix».
La Déclaration finale reprend l´idée d´une paix basée sur l´initiative de paix arabe, un plan d´inspiration saoudienne adopté en 2002 qui propose à Israël une normalisation des relations en échange notamment de son retrait des territoires arabes occupés en 1967. Le sommet a été boycotté par le président égyptien Hosni Moubarak, rendant ainsi impossible toute «réconciliation interarabe», autre thème de ce sommet. Outre M.Moubarak, quatre autres chefs d´Etat -Algérie, Irak, Maroc et Oman- étaient absents. Habitué aux sorties théâtrales, le leader libyen Maâmmar El Gueddafi a, pour sa part, quitté la salle pour aller visiter un musée après avoir accusé le roi Abdallah d´Arabie Saoudite d´être «le produit de la Grande-Bretagne et le protégé des Etats-Unis», tout en se disant prêt à se réconcilier avec le souverain saoudien après plusieurs années de brouille. Quelques heures plus tard, il rencontrait le roi Abdallah pour un sommet surprise organisé par le Qatar. «Le différend né d´un malentendu est clos», a déclaré aux agences de presse un haut responsable libyen, Ahmed Gueddaf Al-Dam, après l´entrevue. Aucun commentaire saoudien n´a confirmé cette déclaration très optimiste. Par ailleurs, le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a indiqué que son pays, qui devait normalement organiser le sommet arabe en 2010, avait décidé d´y renoncer pour des raisons «logistiques».
L´émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, a alors annoncé que le sommet arabe aurait lieu l´an prochain en Libye. Hier, les 22 membres de la Ligue arabe devaient rencontrer 12 pays d´Amérique du Sud pour le 2e sommet Amérique du Sud-Pays Arabes (ASPA), dont le but est de renforcer la coopération et la concertation entre les deux blocs.
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