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EN PRÉVISION DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DU 18 JUILLET EN MAURITANIE
Un gouvernement de transition installé
28 Juin 2009 - Page : 10 Lu 1940 fois
Plus d’une année après le «putsch» du 6 août 2008, le président mauritanien a démissionné pour trouver une issue à la crise que connaît ce pays.
La Mauritanie se dirige vers la sortie de crise. Le président mauritanien, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, a renoncé «volontairement» à la présidence du pays. En effet, celui-ci a enfin estimé que sa démission de la présidence servira le pays, l’aidera à sortir de la crise et surtout à «prémunir le pays contre les dangers cumulés de l’embargo économique, des déchirements politiques et des explosions sociales». Suite à son «retrait», il a signé donc vendredi soir, un décret portant nomination d’un gouvernement d’union nationale. Ce gouvernement sera chargé de préparer l’élection présidentielle prévue pour le 18 juillet de l’année en cours. La signature du document s’est déroulée devant les membres du Conseil constitutionnel et en présence du président sénégalais Abdoulaye Wade, en sa qualité de médiateur international. Etaient également présents à la cérémonie de signature les protagonistes de la crise ainsi que des membres du Groupe de contact sur la Mauritanie. A noter que ce gouvernement d’union est constitué à parité de personnalités pro et anti-putsch, comme cela a été prévu dans l’accord de sortie de crise négocié dans la capitale sénégalaise, Dakar. Or, à la suite de cette réunion de Dakar, un accord avait été signé le 4 juin à Nouakchott, mais il n’a pas connu d’application depuis. En dépit des négociations qui se sont déroulées au Sénégal, les différentes parties concernées par ce conflit ont rencontré de nombreuses difficultés dans la mise en oeuvre de l’union gouvernementale en question. Toutefois et après la signature du décret, le président déchu a déclaré: «Je partirai comme je suis venu, le coeur pur de toute haine vis-à-vis de qui que ce soit», a-t-il dit lors d’un discours radiodiffusé en direct rapporté par l’AFP. Par la même occasion, il a lancé un appel au peuple mauritanien en l’invitant à «s’unir afin de donner espoir» au pays «à travers des élections transparentes». Le Conseil constitutionnel a validé la démission du président mauritanien. Le président déchu a attendu l’aval du Haut Conseil d’Etat (HCR, junte). Cet organisme s’est transformé en Conseil supérieur de la défense, organisme chargé uniquement des questions de défense et de sécurité et placé sous l’autorité du gouvernement de transition. Avant de procéder à la signature de l’accord, les parties concernées ont déclaré avoir trouvé un accord «sur tous les points» litigieux qui compliquaient une issue définitive en Mauritanie. «Il y a accord sur tous les points, nous travaillons pour l’organisation cet après-midi d’une cérémonie officielle de signature du décret portant constitution du gouvernement (de transition) et de la démission volontaire du président (déchu) Sidi Ould Cheikh Abdallahi», a annoncé un des médiateurs internationaux Habib Kabachi à la même agence. La démission de Sidi Ould Cheikh Abdallahi et l’installation d’un gouvernement de transition ont été qualifiées par la communauté européenne d’un «grand pas vers l’avant». Dans un communiqué rendu public, la Commission européenne a «salué» samedi, dans un communiqué, la formation d’un gouvernement d’union nationale en Mauritanie, «une avancée fondamentale vers la solution de la grave crise déclenchée par le coup d’Etat d’août 2008». «Je salue la décision du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui, dans l’intérêt supérieur du pays et afin de limiter les conséquences négatives sur la population mauritanienne, a nommé un nouveau gouvernement transitoire d’union nationale et a confié au président du Sénat la responsabilité de conduire le pays dans cette phase de transition», a déclaré le commissaire européen au Développement, Louis Michel, cité dans le communiqué.
Tahar FATTANI

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