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PRÉSIDENTIELLE AFGHANE
Abdullah demande le renvoi du chef de la commission électorale
27 Octobre 2009 - Page : 10 Lu 314 fois
Supposés être indépendants, les commissaires de l’IEC ont été nommés par le président sortant Hamid Karzaï, qui affrontera M.Abdullah lors du second tour.
Abdullah Abdullah, candidat à l’élection présidentielle afghane, dont le deuxième tour se tiendra le 7 novembre, a demandé hier le renvoi du chef de la Commission électorale indépendante (IEC), chargée de l’organisation du scrutin et du comptage des voix. M.Abdullah, ancien ministre des Affaires étrangères, a demandé le «licenciement immédiat» d’Azizullah Ludin, chef de l’IEC, et son remplacement par un autre membre de la commission. «Il a ôté toute crédibilité à cette institution», a estimé M.Abdullah lors d’une conférence de presse. «Quelle est la solution? (...) Un autre commissaire de la même commission doit prendre sa place», a-t-il ajouté. Supposés être indépendants, les commissaires de l’IEC ont été nommés par le président sortant Hamid Karzaï, qui affrontera M.Abdullah lors du second tour. Ancien conseiller du président, Azizullah Ludin a été mis en cause à plusieurs reprises par des organisations de défense des droits de l’Homme, dont Human Rights Watch, qui l’accusaient de partialité envers M.Karzaï. M.Abdullah a demandé avec insistance le remplacement de certains membres de l’IEC après les fraudes massives qui ont entaché le premier tour du 20 août. Près d’un quart des bulletins de vote du premier tour ont été annulés pour cette raison. Peu avant le premier tour, l’organisation Human Rights Watch (HRW) avait exprimé ses réserves à l’égard de l’IEC, soulignant que son chef avait été nommé par M.Karzaï sans contrôle parlementaire, et qu’elle s’était montrée exagérément critique envers certains candidats de l’opposition. «Les problèmes d’enregistrement d’électeurs, le vote d’une même personne plusieurs fois (...), le bourrage des urnes ou encore l’enregistrement frauduleux des résultats (par) du personnel de la Commission électorale sur le terrain pourraient saper la légitimité des résultats», soulignait HRW. Lors de sa conférence de presse, M.Abdullah a expliqué que son appel à limoger le président de l’IEC, plutôt que de demander le remplacement de toute la commission, était une solution «pratique, technique» choisie parce que l’élection était prévue dans moins de deux semaines. Il a aussi demandé la suspension des minis-tres qui ont violé les règles d’impartialité en faisant campagne pour M.Karzaï avant même le début de la campagne du premier tour. Il a cité les ministres de l’Intérieur, de l’Education et des Affaires tribales. «Les ministres qui étaient impliqués dans la campagne du premier tour (...) devraient être suspendus de leurs fonctions», a-t-il dit. Quant aux bureaux de vote «fantômes», qui n’ont pas ouvert le 20 août, mais ont néanmoins transmis des résultats, ils devraient rester fermés pour le second tour, a-t-il jugé. M.Abdullah a assuré que ces demandes étaient les «conditions minimales» requises pour un second tour équitable, mais il a refusé de dire ce qui se passerait s’il n’obtenait pas satisfaction. «Avec l’application de ces conditions, nous avons une chance que le peuple afghan puisse exprimer sa volonté dans un meilleur environnement», a-t-il estimé. Au premier tour, M.Karzaï a rassemblé 49,67% des voix, contre 30,59% à M.Abdullah, selon des résultats définitifs annoncés deux mois après le scrutin.
R.I

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