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BOUIRA
Des vieilles, victimes de la loi
09 Septembre 2001
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L’histoire des «veuves de Lakhdaria» remonte à quelques années où une commission communale avait été chargée d’établir la liste des bénéficiaires de logements sociaux.

Voilà maintenant un mois, que des dizaines de veuves de Lakhdaria viennent quotidiennement demander audience au siège de la wilaya.
Ces personnes dont les signes extérieurs expriment clairement une appartenance aux couches les plus démunies, réclament un droit, celui de bénéficier d’un gîte digne. «Doula (Etat) comme elles aiment le dire, nous a laissées». Cette phrase résume à elle seule, le rapport administration-administrés qui prévaut dans un pays où la liste des morts s’allonge quotidiennement. L’histoire des «veuves de Lakhdaria» remonte à quelques années où une commission communale avait été chargée d’établir la liste des bénéficiaires de logements sociaux. La loi prévoit un quota aux moins de 35 ans et un autre aux plus de 35 ans. «C’est pour donner une chance à tout le monde, les célibataires entre autres, que les textes ont retenu les moins de 35 ans», est la justification donnée à ce texte. Le ridicule s’installe quand on apprend que la liste ne retient que ceux qui avaient cet âge à la date du dépôt du dossier et non conformément à l’âge réel.
C’est notamment le cas de plusieurs de ces «veuves» qui, à la date de dépôt, avaient entre 30 et 35 ans. 8 ans après la commission des recours les «gardent» toujours «jeunes». Les dossiers ont «moisi» pendant plus de 6 ans dans les tiroirs de l’APC. Le retard, à entendre les différentes parties, n’incombe à personne, c’est «la faute au temps qui est passé trop vite», dirons-nous. C’est après 6 ans que les dossiers ont fait l’objet d’une étude et quelle étude? Ne figurant ni parmi le 1/3 des moins de 35 ans ni dans les 2/3 des plus de 35 ans, ces «lésées» viennent, chaque jour, occuper le hall de la wilaya à la recherche d’une «main protectrice». Oui! Elles cherchent une protection contre cet ogre qu’est le «qanoun (loi)» qu’elles ne comprennent pas. Elles avaient placé leurs espoirs dans une commission élue pour défendre leurs intérêts. Aujourd’hui cette assemblée les renvoie vers une plus importante dans la hiérarchie (l’APW). Les deux institutions se rejettent «la balle». Pour l’APW, la commission de recours n’a fait que rectifier les fautes de la commission communale, laquelle accuse l’autre d’avoir violé cette même loi. Qui des deux positions croire? Pour les «veuves» rien ne sert d’expliquer la loi. Elles ont leur idée sur les exécutants. Elles ne croient plus en personne si ce n’est en Dieu.
Nous avons beau essayer de comprendre cette caractéristique propre à l’Algérie, en l’occurrence celle de tout justifier par la loi; une loi couperet. N’existe-t-il pas ce qu’on nomme l’esprit de la loi qui, logiquement, permet à l’exécutant de passer outre les restrictions quand l’intérêt collectif l’impose? Pourquoi s’enfermer dans l’obligation de prendre en compte l’âge à la date du dépôt de dossier alors que pratiquement et objectivement il aurait été plus sérieux de retenir la date de l’étude. C’est-à-dire l’âge réel du bénéficiaire.
Ce qui rajoute à cette «histoire aberrante» du piment c’est quand on apprend qu’il y a assez de logements et d’entendre les responsables dirent au plaignant: «Votre dossier aboutira à la prochaine distribution.» N’est-ce pas une manière de se moquer d’eux? Même si ce constat est peut-être sévère, c’est une réalité.

Abdenour MERZOUK

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