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CHEMINI
L’espoir renaît
23 Mars 2008 - Page : 9 Lu 255 fois
Un projet de construction de deux stades de proximité pour la jeunesse locale, l’un à Ifalazen et l’autre au village de Semaoun, a été retenu.
9 heures du matin. Le siège communal grouille de monde. Les cafés du chef-lieu aussi. Le chômage bat son plein. C’est visible à l’oeil nu. Les cafés sont pleins, l’unique rue l’est également au point de se croire un jour de marché. Le local de l’état civil situé à l’entrée du siège, indique la vétusté de la bâtisse. Une opération de rénovation est urgente. A l’exiguïté des lieux s’ajoutent des infiltrations. D’ailleurs, le premier magistrat, Hamid Houari, sourire aux lèvres, nous invite à en rester là. «Votre visite sera plus complète si vous visitez la région», dit-il, tout en nous proposant un café qu’il va directement servir d’une machine à café récemment acquise. Après une brève discussion sur la commune en général, nous apprîmes que Chemini compte 17.000 âmes réparties sur 25 villages. C’est toute la difficulté de gérer une municipalité de cette envergure. «Avec le peu de recettes fiscales, la commune vit des subventions étatiques», conclut le maire avant d’annoncer que «pour cette année la commune a bénéficié de 32 millions de dinars». C’est insuffisant comparé aux besoins de la commune mais, précise-t-il, «nous avons ciblé des priorités». Le maire parle de la nouvelle station de refoulement dont «la dernière station nécessite un équipement puissant pour alimenter tous les villages». Dans ces régions montagneuses, l’eau est le souci principal. En été, les pénuries se succèdent, notamment avec le retour des émigrés et de tous les enfants vivant à l’extérieur de la commune durant le reste de l’année. C’est pourquoi, l’AEP est toujours une priorité. L’équipe communale élue le 29 novembre de l’an passé s’y consacre pleinement, «D’ici l’été, il faut que le problème de l’alimentation en eau potable soit résolu définitivement» s’engage M.Houari. «Une enveloppe de 10 millions de dinars est dégagée pour cela», annonce-t-il sur un ton optimiste. Avec sa voiture personnelle, il nous conduit à la station qui le préoccupe tant. Une voiture personnelle car la mairie attend toujours l’autorisation d’achat d’un nouveau véhicule pour les besoins du service. L’ancien est immobilisé. Sur le chemin de wilaya 173, il est aisé de rouler mais, à peine la route menant vers les villages de Sidi Hadj Hssein et Aït Aouragh empruntée, le décor change. La vitesse est réduite car la route est dans un état presque impraticable. Comme s’il s’attendait à notre question, le maire nous annonce qu’une enveloppe de 12 millions de dinars a été débloquée pour rénover cet axe routier. Il profite pour nous faire part d’un projet de construction de deux stades de proximité pour la jeunesse locale, l’un à Ifalazen et l’autre au village de Semaoun. Tout d’un coup, la voiture s’arrête, le maire nous indique du doigt l’endroit prévu pour un collecteur principal d’assainissement d’un montant de 2 millions de dinars. La station visitée, nous comprîmes le pourquoi de la priorité des élus au regard de son état piteux. De retour, le maire nous indiquera le projet de revêtement de la route de Semaoun dans sa 2e tranche. Un projet d’importance, sachant qu’il dessert un village important, la station de télédiffusion (TDA) et surtout la région très prisée, en hiver ou en été, pour son attrait par des étrangers. A terme, cette route va relier la wilaya de Béjaïa et celle de Tizi Ouzou. De retour au chef-lieu, nous découvrons le bureau de recensement des chômeurs. L’APC lui accorde une importance capitale. «Il est pour nous important de connaître le nombre de chômeurs inscrits et leurs besoins en matière de main-d’oeuvre» soutient le maire. La crèche communale, la bibliothèque en projet, la Maison de jeunes dont l’activité est connue de toute la région, bref Chemini est une commune qui aspire à une vie meilleure. Ses élus se montrent en tous les cas décidés à opérer un changement à tous les niveaux. «Nous sommes là pour cinq ans. Nous allons tout faire pour combler le retard accumulé des années durant. Un retard induit par une non-gestion dans un climat de conflit provoqué entre les villages», conclut le premier magistrat de Chemini. Nous saluons le maire avant de quitter le siège communal. Dehors, il fait déjà chaud. L’ambiance du matin est restée intacte. Dans le premier café où nous entrons, les parties de domino attirent notre attention par l’ambiance qu’elles suscitent. Dans un autre café, des jeunes entourent une table où une partie chaude se déroule entre les retraités. «C’est la distraction principale ici» déclarait un jeune qui dit avoir appris la création de la régie communale où il espère dénicher un poste d’emploi. Le chômage bat son plein. Parmi une dizaine de jeunes que nous avons questionnés aucun n’a affirmé être au repos. Tous étaient des sans-emploi dépendant de leur famille. La satisfaction est tout de même présente quant aux résultats des dernières élections. Achour nous explique cette satisfaction par l’action de la mairie lors des dernières chutes de neige. «Les routes étaient réouvertes au petit matin» déclare-t-il pour illustrer l’action plus que positive des élus. «Les moyens privés et publics étaient mobilisés» ajoute Saïd, son compagnon. «Pour une fois le lait, le pain et le gaz n’ont pas manqué», ajoute-t-il sans complexe. Plus loin dans la libraire du chef-lieu, les vieux étaient plongés dans la lecture des journaux du jour. Ami Saïd connaît notre canard, il dit éprouver un grand plaisir lorsque nous parlons de sa commune. Aujourd’hui, il n’y a rien même sur les autres titres. Nous le rassurons en l’informant que nous sommes là pour un reportage. «Dites seulement que la commune de Chemini a besoin de tout», demande-t-il avant d’ajouter: «Nous avons beaucoup d’espoir car on n’entend plus parler de problème à l’Assemblée».
Arezki SLIMANI

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