TIZI OUZOU
Quel rôle pour les pistes agricoles?
Parallèlement à la déception causée aux oléiculteurs qui n’arrivent plus à acheminer leurs récoltes vers les huileries, la relance de l’agriculture se trouve compromise.
Dans le cadre du programme de développement rural, les communes ont bénéficié d´un gigantesque réseau de pistes agricoles. Les coins les plus reculés dans les communes à relief montagneux et escarpé sont accessibles. Mais, avec l´arrivée de l´hiver et essentiellement la collecte des olives, celles-ci ne sont pas au rendez-vous.
Les oléiculteurs se plaignent des difficultés rencontrées pour atteindre leurs oliveraies. Pourtant, dans le plan du renouveau agricole, ces dernières tiennent une place prépondérante.
En effet, quelques semaines après le début de la récolte, les premiers signes de désenchantement commencent à apparaître.
Le dépit est grand d´autant que toutes les oliveraies sont situées dans les coins les plus reculés des montagnes. «Nous préférons les anciennes routes tracées par nos grands-parents qui n´avaient comme moyen de transport que l´âne», proposera un quinquagénaire de la commune de Boudjima pour exprimer son mécontentement.
Si ces propos sont partagés par la totalité des villageois, c´est en fait parce que ces routes ouvertes ne servent à rien en ces temps hivernaux. Tout d´abord, elles ont été tracées sans prendre en compte les anciens traçages obstruant ainsi les pistes ancestrales. Puis, les opérations de sablage promises avant les premières pluies ne sont pas encore réalisées.
Et enfin, ces ouvrages sans les viabilisations comme les ponts et les avaloirs ne peuvent guère être opérationnels. Ainsi, parallèlement à la déception des oléiculteurs qui n´arrivent plus à acheminer les récoltes vers les huileries, la relance de l´agriculture se trouve compromise. Ce constat devient évident au vu de l´analyse des données sur l´évolution des productions agricoles. Ainsi, entre 2005 et 2008, les plans budgétivores de viabilisation des terres n´ont réussi qu´une augmentation de 4,4%.
La SAU (Surface agricole utile) est difficilement passée de 94 537 ha en 2005 à 98 722 ha en 2008. Quant à l´évolution de la production, ce sont les activités qui n´ont pas grandement besoin de pistes qui ont réalisé les meilleurs résultats.
Le potentiel arboricole ne réalise en fait que 11% d´augmentation alors que l´élevage bovin a atteint les 24%. Les effectifs ovins, de leur côté, ont enregistré une hausse de 40% et l´aviculture 24%.
La production de viande de chair a atteint les 41%. Cela s´explique par le regroupement de l´essentiel de ces dernières activités à proximité des routes ouvertes en 1988.
Ce constat d´échec des pistes agricoles réalisées dans le cadre du Ppdri (Plan de proximité du développement rural intégré) met un bémol aux prévisions optimistes des services concernés qui escomptent un taux de croissance de 7,7% à l´horizon 2013.
Pour atteindre cet objectif, il est indispensable d´adapter ces routes en les viabilisant pour qu´elles puissent jouer pleinement leur rôle. Il est indispensable également de trouver une solution définitive au problème du morcellement des terres qui paralyse le développement de la région.
Toutefois, les citoyens restent sceptiques quant à la capacité des élus locaux à relever ce défi. L´on se rappelle que ces pistes agricoles et les aides à l´habitat rural étaient le cheval de bataille lors des joutes électorales.
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