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L’INTOLÉRANCE EST-ELLE VRAIMENT LÀ OÙ ON L’ATTENDAIT?

El Gueddafi et Ahmadinejad secouent une ONU aseptisée

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Les trublions iranien et libyen ont animé de leurs interventions hautes en couleur une Assemblée générale de l’ONU engluée dans son train-train habituel.

Les deux trublions de la politique internationale, le guide libyen Mouamar El Gueddafi et le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad étaient très attendus à l´ouverture de la session annuelle de l´Assemblée générale de lONU. Ils n´ont pas déçu, si l´on peut dire puisque l´un et l´autre ont été à la hauteur de leur réputation. L´intervention du président Ahmadinejad était, en fait, très attendue en raison des problèmes que le nucléaire iranien semble poser à l´Occident, que des propos souvent peu amènes tenus sur Israël. Du coup, le président Ahmadinejad a été très écouté qui a utilisé sa rhétorique habituelle, un brin insolente, un brin condescendante. Ne voulant pas, sans doute décevoir son auditoire, le président iranien a violemment critiqué les Etats-Unis et Israël, et a affirmé que le dossier du nucléaire iranien était «clos». De son côté, le Libyen El Gueddafi n´a pas été en reste, se lançant, mercredi, dans un discours fleuve qui mit les nerfs de ses homologues, notamment occidentaux, à vif.
Le dirigeant libyen Mouamar El Gueddafi a ainsi profité de la tribune de l´ONU à New York pour prononcer une longue critique contre l´Occident, discours marqué par des improvisations et...des bizarreries selon les observateurs sur place. «Qui a dit que les taliban sont des ennemis? Oussama Ben Laden est-il un taliban? s´interrogeait le dirigeant libyen. Non. Ceux qui ont attaqué le World Trade Center à New York étaient-ils taliban, étaient-ils afghans? Non!», a-t-il martelé.
«Si les taliban veulent établir un Etat religieux, OK, comme le Vatican. Le Vatican constitue-t-il un danger pour nous? Non!», a dit M.El Gueddafi aux représentants des 192 Etats membres de l´ONU. Il a aussi affirmé que les Arabes «ne ressentent aucune hostilité» envers les Juifs, leurs «cousins». «C´est vous qui haïssez les Juifs et êtes antisémites. C´est vous les génocidaires responsables de l´Holocauste et des fours crématoires en Europe!», lance le fougueux «guide» libyen aux dirigeants européens présents dans la salle. Il a encore estimé que la solution à deux Etats pour résoudre le conflit israélo-palestinien n´était «pas pratique». «Elle est même impossible et je vous prie de ne plus en parler», a-t-il dit, affirmant que la solution réside en un seul Etat démocratique pour les Juifs, les musulmans, les Palestiniens, les chrétiens et les autres, à l´exemple du Liban. Pour sa première apparition en 40 ans de pouvoir, le bouillant colonel, qui a fait attendre l´auditoire pendant plus de cinq minutes avant de monter à la tribune, a parlé pendant une heure et 35 minutes alors que les orateurs avaient été priés de ne pas dépasser les 15 minutes par le président de l´Assemblée, Ali Triki, un ancien ministre... libyen. Il est vrai que l´illustre prédécesseur de M.El Gueddafi, l´Américain Barack Obama, avait lui aussi dépassé cette limite, parlant pendant 40 minutes. Prié d´abréger à deux reprises, le «guide» de la révolution libyenne a refusé, prenant justement prétexte du dépassement de temps de M.Obama.
Abordant pêle-mêle différents sujets, le colonel El Gueddafi reviendra sur le fonctionnement du Conseil de sécurité affirmant: «Le veto est contraire à la Charte de l´ONU, l´existence de membres permanents est contraire à la Charte», a-t-il lancé, brandissant le petit livre bleu contenant le texte fondateur des Nations unies et faisant mine de le déchirer. Il a stigmatisé les grandes puissances, notamment les Etats-Unis, les accusant d´avoir déclenché de nombreux conflits depuis 1945 pour poursuivre leurs propres intérêts.
Il a aussi souhaité que le siège de l´ONU soit réinstallé hors des Etats-Unis. Comble de l´impertinence, Mouamar El Gueddafi n´a pas daigné assister à la réunion des quinze chefs d´Etats membres du Conseil de sécurité (la Libye est membres non permanent) présidée par son homologue américain, Barack Obama, y déléguant le représentant de la Libye à l´ONU. Dans la soirée de mercredi, c´est devant une assemblée quelque peu dégarnie que le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a pris la parole. En fait, rien de nouveau dans un discours déjà peaufiné lors de précédentes interventions, y brocardant ses adversaires préférés, les Etats-Unis et Israël. Il a ainsi critiqué les actions de l´État hébreu dans les territoires palestiniens et l´a accusé d´avoir des «objectifs racistes». Le président Ahmadinejad a également dénoncé la présence de troupes étrangères en Irak et en Afghanistan, qu´il a accusées de répandre «la guerre, les tueries, l´agression, la terreur et l´intimidation» au Moyen-Orient. Tout en estimant le dossier nucléaire iranien «clos», M.Ahmadinejad affirmera que l´Iran est le défenseur des pays pauvres et des opprimés. Il a aussi dénoncé le capitalisme sauvage qui, selon lui, est arrivé à la fin de sa route et subira le même sort que le marxisme. Prenant prétexte du discours «musclé» d´Ahmadinejad contre Israël, une douzaine de délégations, dont la française et l´américaine, ont quitté mercredi soir à New York la salle de l´Assemblée générale de l´ONU afin de protester contre le discours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, jugé «antisémite». Toutefois, la présidence suédoise de l´Union européenne, a expliqué hier que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad n´a pas franchi la ligne rouge fixée préalablement par les délégations de l´Union européenne pour quitter la salle de l´Assemblée générale de l´ONU mercredi. Les délégations de l´UE s´étaient entendues pour quitter la réunion si le président iranien Mahmoud Ahmadinejad «niait l´Holocauste ou appelait à la destruction d´Israël», a indiqué une porte-parole du ministère suédois des Affaires étrangères. La délégation suédoise ainsi que d´autres délégations européennes sont restées dans la salle, parce que «les critères fixés pour un départ de l´Union européenne de la réunion n´ont pas été remplis», a indiqué Cecilia Julin. De fait, la délégation française semble avoir été la seule (avec celle des Etats-Unis) parmi les grands pays, à quitter intempestivement la salle de réunion de l´Assemblée générale de l´ONU.

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