| |
«Les ministres doivent assumer leurs responsabilités»
10 Septembre 2007 - Page : 7 Lu 414 fois
Pour lui, le problème de la pénurie des produits existera toujours tant que l’Etat n’aura pas récupéré ses biens, à savoir les chambres froides.
«Il n’y a pas de crise politique ou sociale, le citoyen n’est pas rassuré par l’amélioration de son pouvoir d’achat», c’est la version qu’a donnée le président du MSP, M.Soltani. Invité de «A coeur ouvert» de L’Expression, le ministre d’Etat sans portefeuille est revenu longuement sur la situation sociale. Alors que son partenaire du RND parle d’une crise sociale, M.Soltani explique que cette situation n’est pas vraiment dangereuse pour la qualifier de crise. Le ministre est retourné dix ans en arrière, pour citer la crise qu’a connue le pays en 1996. «A ce moment-là, les caisses de l’Etat étaient presque vides», a avoué Soltani pour témoigner que notre pays se porte mieux aujourd’hui. «Avec des réserves de change importantes, on ne peut pas dire que le pays est en crise», affirme-t-il, M.Soltani reconnaît, effectivement, qu’il y a un déséquilibre entre le pouvoir d’achat et l’aisance financière. «Au sein de notre parti, nous avons appelé à porter le Snmg à 20.000DA», rappelle-t-il. Le porte-parole du MSP espère que l’augmentation des salaires sera effective au plus tard en janvier 2008. Tout en étant satisfait de l’augmentation, le ministre ne cache pas ses craintes quant aux conséquences attendues en cas d’éventuelle baisse du prix du baril du pétrole. «Je crains, en cas de baisse des rentes pétrolières, de tomber dans une crise des droits acquis», a-t-il redouté. En termes plus simples, il dira qu’une baisse des revenus pétroliers ne signifie pas la réduction des salaires. Toujours dans le volet social, le ministre d’Etat trouve que la tension qui caractérise le front social est due à l’absence de confiance. «Il y a une culture de la crainte qui s’est installée», résume-t-il en quelques mots. Le facteur de spéculation est en grande partie à l’origine de cette tension. «Le vide stimule la spéculation», a-t-il dit pour compléter. M.Soltani a salué, par ailleurs, la sortie médiatique du chef du gouvernement au cours de laquelle il a donné des explications sur la situation sociale. «J’étaits satisfait de la conférence de presse du chef du gouvernement qui a brisé le silence», dira-t-il. Cependant, le ministre d’Etat reproche au chef du gouvernement de ne pas avoir fustigé les parties responsables de cette situation, allusion faite à l’augmentation des prix des produits de base. Dans la situation actuelle, le ministre d’Etat insiste fermement à ce que chaque département assume sa part de responsabilité. «Le partage de la responsabilité veut dire l’égarer», pense le ministre. S’appuyant sur les événements enregistrés durant l’été, M.Soltani déclare que certains départements sont quelque part responsables. «Les secteurs de l’Agriculture, de la Santé, du Commerce et des Finances n’ont pas assumé leurs responsabilités», a-t-il lâché. Au sujet de la crise de la pomme de terre, le ministre d’Etat est allé loin dans sa synthèse. Il a laissé entendre que cette crise résulte de la politique de privatisation de certains créneaux. «Les chambres froides sont un bien de l’Etat qu’il ne faut pas privatiser», a-t-il précisé. L’Etat aurait dû garder la main sur les chambres froides pour éviter tous les dépassements. Le ministre avance qu’il y a des groupes d’intérêts bien soudés qui alimentent le marché. Ces groupes qui existent depuis longtemps tentent de monopoliser le marché. L’exonération de la TVA sur l’importation de la pomme de terre, nous dit-il, est loin de régler le problème de fond. «Après la crise de la tomate concentrée et celui de la pomme de terre, il y aura certainement la crise de l’oignon», a-t-il appréhendé. Pour lui, le problème de la pénurie existera toujours tant que l’Etat n’aura pas récupéré ses biens. «L’Etat doit récupérer une partie des chambres froides ou construire de grandes chambres de réserves au niveau régional pour assurer la régulation des marchés», a-t-il recommandé. Interrogé sur la tenue d’un conseil des ministres avant la promulgation de l’ordonnance portant exonération de la TVA sur la pomme de terre, le ministre a répondu par la négative. «Il n’y a pas eu de conseil des ministres», a-t-il clairement affirmé. Pourtant dans le Journal Officiel n°52, il est indiqué qu’un conseil des ministres s’est tenu. Enfin, préoccupé par la situation sociale, le président du MSP va consacrer, à la veille du Ramadhan, une rencontre à ce thème.
Nadia BENAKLI

|
|