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La valeur d’un exploit
18 Novembre 2007 - Page : 15 Lu 883 fois
Le Comité olympique national a été créé au lendemain du recouvrement de l’indépendance nationale. C’était hier seulement, parce que nous avons tendance à oublier que notre pays n’a recouvré sa liberté que depuis 45 ans. C’est peu! C’est insignifiant dans la vie d’une nation qui doit se construire, qui doit avancer et se faire une place dans le concert des nations. Pendant cette période, 11 Olympiades se sont déroulées. Notre participation a été souvent symbolique, à défaut de voir nos représentants rivaliser avec les meilleurs de la planète. Cela ne veut nullement dire qu’il n’y avait point de valeurs, de talents. La preuve, c’est que la nation colonisatrice a longtemps engrangé titres et médailles avec les enfants des pays qu’elle occupait. Les «damnés de la terre» ont souvent brillé. Car, apparaître au plus haut niveau et se permettre de damer le pion aux meilleurs est loin d’être une sinécure, ni une gageure d’ailleurs. C’est l’exploit sportif. Mais c’est aussi l’affirmation, la preuve concrète d’une revendication d’existence pleine et entière. Voir en 1992, un petit bout de chou de bonne femme, une compatriote, une soeur s’en aller couper la ligne d’arrivée d’une course olympique, sur une distance reine, est quelque chose à voir. C’était à vous couper le souffle, à en perdre la voix. Le commentateur que j’étais, qui relatait la course, avait en ces instants-là, frôlé l’infarctus. C’était incroyable. Ce n’était pas impossible. Hassiba réalisait l’exploit, devant moi, devant des milliers de spectateurs et des millions de téléspectateurs. Et puis il y a eu Qassaman et le drapeau national qui flottait au plus haut des trois mâts olympiques. C’était sublime d’autant plus qu’il était accompli au moment où le pays vivait les moments les plus horribles de son histoire. Quel pied de nez à nos «frères», à nos «amis» qui avaient devant eux le symbole de l’Algérie seule, mais debout et triomphante!
Benyoucef OUADIA

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