Prévisions pour le 27 Septembre 2018

 Adrar Min 25 °C Max 31 °C
23
 Laghouat Min 17 °C Max 25 °C
30
 Batna Min 10 °C Max 21 °C
34
 Biskra Min 19 °C Max 30 °C
32
 Tamanrasset Min 21 °C Max 30 °C
30
 Tlemcen Min 13 °C Max 26 °C
39
 Alger Min 20 °C Max 25 °C
32
 Saïda Min 13 °C Max 26 °C
30
 Annaba Min 18 °C Max 23 °C
30
 Mascara Min 15 °C Max 27 °C
34
 Ouargla Min 20 °C Max 26 °C
32
 Oran Min 21 °C Max 26 °C
34
 Illizi Min 20 °C Max 33 °C
47
 Tindouf Min 23 °C Max 32 °C
34
 Khenchela Min 8 °C Max 20 °C
34
 Mila Min 12 °C Max 24 °C
32
 Ghardaïa Min 18 °C Max 24 °C
34
Accueil |Autres | A coeur ouvert |

TOKIA SAÏFI SOULÈVE UNE QUESTION DE FOND

Le rêve d’une République européenne

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Sans repères identitaires, l’Europe des 25 est aujourd’hui sans Européens.

«L´Europe est au tournant de son histoire.» ce constat vient d´une responsable politique française d´origine algérienne, Tokia Saïfi, députée au Parlement européen. Elle estime que le processus de construction de ce bloc géostratégique est en phase d´hibernation. Un statisme qui, selon Mme Saïfi, découle de la déception née suite au vote négatif à la Constitution européenne. «Les institutions européennes sont dépassées. A l´origine, ces institutions ont été conçues pour une dizaine de pays. Elles se retrouvent face à 25 nations». Avec 15 membres, l´Union européenne a fonctionné difficilement, avec 25 elle est presque paralysée. L´ex-ministre française l´affirme et le souligne avec une franchise crue. «Aujourd´hui, elle est en panne». Les plus éminents théoriciens de l´Union ont d´ailleurs fait le même constat. Lors de son passage à L´Expression, la militante franco-algérienne a soulevé une question de fond. Il s´agit de la problématique identitaire qui se pose cruellement aujourd´hui pour l´Europe. «L´Europe est en quête d´une identité et ce n´est pas par hasard que l´idée d´une éventuelle adhésion de la Turquie soulève des débats très passionnés», indique-t-elle.
Historiquement, aucune nation n´est encore née sans mythes et sans symboles: Au fil des idées et de la discussion, Tokia Saïfi a livré les ébauches de cette construction identitaire. Elle fait référence à la communauté du souvenir: «Pour se constituer en bloc, l´Europe a souffert, elle a connu des guerres et des drames particulièrement entre la France et l´Allemagne». Cette construction se réfère tout d´abord à la constatation faite après la seconde Guerre mondiale, catastrophes, drames humains, dévastations... Mais le mythe de l´Europe prend également racine dans la pensée grecque, judaïque et chrétienne.
Le mot-clé qui revient dans les débats intereuropéens est «Islam». Cependant, si l´Europe peut facilement retrouver un islam qui lui est propre dans sa mémoire collective du fait de la confrontation séculaire entre l´Occident et l´Orient, il n´en est pas de même pour la démarcation par rapport aux Etats-Unis. Car, il y a aussi, cette quête identitaire dans la démarcation par rapport aux Etats-Unis qui raisonne comme un parricide. L´Amérique a bien sauvé le vieux continent du fascisme durant la Seconde Guerre mondiale. Toutes les autres puissances concurrentes de l´Europe ont leur propre identité. Et sous cet aspect, l´Europe est en position de faiblesse. «L´Europe n´a pas d´âme» a affirmé l´ancien ministre français des Affaires étrangères, Michel Rocard. Pour l´ancien ministre polonais des Affaires étrangères, Bronilaw Geremek: «Nous avons l´Europe; maintenant nous avons besoin d´Européens.» A ce niveau de réflexion, Mme Saïfi a soulevé une question de fond: comment créer un citoyen européen qui ne se revendique pas d´être Allemand, Français ou Italien? Pour l´instant le sentiment d´identité européenne n´existe pas.
Alors que les pères fondateurs de l´Europe étaient motivés par le pragmatisme et l´histoire, aujourd´hui, la construction de l´Europe porte une dimension stratégique. Elle se doit en tant que puissance géographique, politique et économique, faire face à l´hégémonisme américain. Mais paradoxalement, chaque extension la fragilise et met en danger sa consistance interne et la rapproche des zones de conflits. La réunification de l´Europe de l´Ouest et de l´Est après 50 ans de séparation par un rideau de fer n´a pas mis fin à la malédiction géopolitique.
Cette extension, place l´Europe face à la nouvelle donne mondiale issue des attentats du 11 Septembre et face aux zones de conflits au bord de ses frontières, issues de la constellation des pays de l´ex-Urss.
A ce niveau aussi, la question sécuritaire est récurrente au sein de ce bloc. Le tandem germano-français considéré comme le moteur de l´unification européenne a montré ses limites notamment durant l´invasion de l´Irak. Les autres Etats membres, ceux de l´Europe centrale et oriental, se sont alignés du côté américain. Ces pays considèrent que leur sécurité et surtout leur liberté fraîchement conquise se trouvent du côté des Etats-Unis et au sein de l´Otan. Ce qui fait dire que les nouveaux Etats membres forment, en quelque sorte, un bloc pro-américain soudé. Grâce à ces nouveaux Etats, les Américains jouent un rôle prépondérant dans la cohésion de l´Europe. De nombreux théoriciens de la géostratégie à l´imagination débordante, voient l´Europe décliner jusqu´à devenir une sorte de ballon sonde dans le jeu des grandes puissances de l´avenir, les USA, la Chine, l´Inde, le Japon, la Russie et le Brésil. Les Américains possèdent la puissance militaire et la technologie, les autres l´énergie, la créativité et la volonté. L´Europe qui possède le marché et la compétence sera pour ces géants un butin de chasse.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha