MODE DE GESTION DE L’ÉCONOMIE NATIONALE

«On est dans une transition permanente»

Selon M.Benbitour, il faut donner plus de liberté et d’indépendance aux institutions de l’Etat.

«Il est plus qu´impératif pour l´Algérie de réformer ses institutions et leur système de fonctionnement.» Tel est le constat établi par l´ancien chef de gouvernement, Ahmed Benbitour. L´invité de L´Expression a insisté que «rien ne peut se faire ni avancer sans la réforme du mode de fonctionnement des institutions de l´Etat». Se montrant convaincant dans «sa théorie», l´ex-chef de l´Exécutif explique que cela «permettra à toutes les institutions de jouer convenablement leur rôle». Sans y aller par trente-six chemins, M.Benbitour observe que «les institutions de l´Etat», telles que la justice, les banques et le Parlement, «n´accomplissent pas les missions qui leur sont confiées», car «elles ne jouissent pas de toute leur liberté». «Il faut laisser le Parlement exercer complètement ses attributions constitutionnelles (...). Le problème ne se situe pas dans les règlements et les lois.
Celles-ci existent, mais elles ne fonctionnent pas
», a-t-il indiqué. Aux yeux de notre invité, cette politique «ne permettra pas à l´Etat de mieux et de bien gérer ses affaires». En donnant plus de liberté et d´indépendance aux institutions, nous conférons «plus de transparence dans la gestion de l´Etat». Dans le cas contraire, c´est-à-dire si les affaires de l´Etat sont mal gérées, cela va créer une atmosphère adéquate qui favorise davantage la corruption.
Ainsi, la bonne gouvernance exige une complémentarité entre «la transparence et une économie efficiente». A propos de cette dernière, l´ex-chef de gouvernement a annoncé que l´Algérie «se trouve dans une étape de transition économique permanente». Etayant ses dires, il explique que «l´Algérie a marqué une période de transition en sortant d´une économie administrée à une économie qui se veut libre.
Or, il se trouve que nous n´avons opté ni pour l´une ni pour l´autre. Cette situation a immergé l´économie algérienne dans une transition permanente
». En dressant un tableau sur l´économie nationale, M.Benbitour a jugé que celle-ci représente «des opportunités intéressantes et des menaces graves». Les opportunités d´abord.
Il a estimé que l´Algérie dispose de toutes les exigences pour la réalisation d´un programme de développement. Il dira que l´Algérie repose sur «une aisance financière sans précédent, une aubaine démographique favorable au développement des ressources humaines et la démocratisation de l´accès au savoir».
Et de signaler que si on exploite de façon efficace «ces opportunités», l´économie algérienne pourra dépasser les contraintes auxquelles elle fait face, telles la vulnérabilité et la dépendance. Ce sont ces deux points qui constituent une véritable menace pour l´économie nationale. Par ailleurs, Benbitour affirme que la transformation progressive de la démographie aura, également, des répercussions négatives sur l´économie nationale. Il a cité l´exemple de «la chute brutale» du taux de croissance démographique entre 1985 et 1998, en passant de 3,2% à 1,6%. «Si cette chute persiste et le marché du travail reste saturé, on risque de trouver la majorité de la population au chômage d´ici à 2030, sans revenu ni retraite», a-t-il conclu.