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LUTTE CONTRE LA TOXICOMANIE

Une bataille qu’il faut gagner

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Il y a lieu de reconnaître, en premier lieu, une réalité incontestable: notre jeunesse est le terreau de ce fléau.

Le gouvernement avait, souvenons-nous-en, décidé d´y mettre le paquet. La drogue a gagné du terrain certes, mais les services chargés de lutter contre ce fléau sont décidés à ne pas fermer les yeux, laisse entendre Abdelmalek Sayah, directeur général de l´Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie.
Il serait préjudiciable de laisser les choses traîner comme un boulet au pied, reconnaît notre invité. C´est pourquoi, «l´Algérie se dotera bientôt d´un ensemble d´infrastructures qui permettront une meilleure prise en charge des personnes en difficulté», annoncera Abdelmalek Sayah. Il y a lieu de reconnaître, en premier lieu, une réalité incontestable, «notre jeunesse est le terreau de ce fléau».
Et de mettre, ensuite, le paquet afin de venir à bout de cette tumeur si préjudiciable à la société, exposée déjà à moult maux d´une même dangerosité. Signaux effrayants: le fléau a atteint l´école tous paliers confondus, mais aussi, tenez-vous bien, le sexe féminin et gagne de plus en plus du terrain. Conscient de cette situation, le gouvernement, explique Abdelmalek Sayah, concentre les efforts sur le terrain de lutte, mais aussi sur le plan des infrastructures destinées à prendre en charge les cas avérés de toxicomanie.
7000 hospitalisations ont été recensées en une décennie et plus de 27.000 cas avérés de toxicomanie durant le même laps de temps. Lequel décompte, même s´il ne reflète pas la véritable situation, en raison des cas demeurant anonymes, reste une trace tangible d´une métamorphose sociétale inquiétante. Car, «il y a une quinzaine d´années, le phénomène était presque méconnu parmi les milieux des jeunes, la frange la plus touchée parmi d´autres», croit savoir le DG de l´Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie.
Une dernière statistique rendue publique par l´Office fait état de plus de 5000 toxicomanes enregistrés et traités en 2007 dans des centres de soins spécialisés. Au total, 5545 toxicomanes ont été enregistrés et traités en 2007 contre 4306 en 2006, soit une augmentation de 1239 toxicomanes en une année.
Selon notre interlocuteur, 53 centres intermédiaires de prise en charge et 15 centres de traitement en milieu hospitalier devront être opérationnels à compter de 2009.
A cela s´ajoutent quelque 185 cellules d´écoute et d´orientation pour les jeunes.
Cet arsenal d´infrastructures, explique notre invité, viendra consolider plusieurs autres mesures déjà mises à exécution dans le cadre du plan national de lutte contre la drogue et la toxicomanie. Abdelmalek Sayah a annoncé qu´une enquête épidémiologique sur la toxicomanie en Algérie est en voie de confection par l´instance qu´il dirige. Une cagnotte budgétaire de l´ordre de 18 millions de dinars sera prochainement débloquée par l´Etat pour les besoins de cette enquête qui, faut-il le préciser, sera menée par quelque 60 experts et 800 enquêteurs spécialisés. Abdelmalek Sayah, ex-procureur général auprès de la cour d´Alger souhaite une implication à bottes enfoncées des pouvoirs publics ainsi que les médias.
Car une autre crainte, aussi sérieuse, pointe à l´horizon. «Il est probable que les trafiquants n´auront, un jour, plus de possibilités de transiter la drogue vers l´Europe et donc se rabattre carrément sur le marché interne, avec des prix très abordables», a averti Abdelmalek Sayah.
Et de conclure: «Je tire la sonnette d´alarme. L´Etat doit assumer ses responsabilités et les pouvoirs publics ont la charge de protéger nos enfants.»

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