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LE SYNDICAT CANADIEN MONTE AU CRÉNEAU

Négociations entre les "Big Three" US et leurs salariés canadiens

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Les trois grands constructeurs automobiles américains, General Motors (GM), Ford et Fiat Chrysler Automobiles (FCA), ont ouvert des négociations qui s'annoncent difficiles avec le syndicat canadien de ce secteur menacé par la concurrence, notamment mexicaine. Jerry Dias, le président du syndicat Unifor, a souligné ce week-end lors d'une conférence de presse qu'il n'y «aura pas d'accord sans engagements de chacun d'entre eux à investir au Canada».
Au total, ces trois constructeurs emploient 23.000 personnes au Canada.
Les négociations ont commencé officiellement mercredi dernier avec GM et jeudi dernier avec Ford et FCA. Unifor demande notamment à GM d'investir dans son usine d'Oshawa pour développer la production, à FCA de faire la même chose dans celle de Brampton et à Ford d'utiliser un de ses sites à Windsor pour y construire un nouveau moteur.
Ces trois usines sont situées dans l'Etat de l'Ontario, frontalier des Etats-Unis et proche de Detroit, la capitale de l'automobile américaine.
Selon le syndicat, les sites de Windsor et d'Oshawa pourraient fermer dans les prochaines années s'ils ne sont pas développés.
«La bonne santé des constructeurs et la force du marché automobile américain ont fait que c'est le moment idéal d'investir», a souligné M. Dias dans un communiqué. L'actuelle convention collective expire le 19 septembre et les partenaires devront trouver un accord d'ici cette date.
M. Dias a affirmé que le syndicat n'hésiterait pas à appeler à la grève si ses revendications n'étaient pas satisfaites, en notant qu'une telle issue obligerait les constructeurs à fermer neuf usines aux Etats-Unis faute de pièces détachées.
«Nous n'avons aucun intérêt à faire des concessions» car les constructeurs «gagnent beaucoup d'argent», a-t-il ajouté, rappelant que les ouvriers du secteur n'avaient pas eu d'augmentation depuis dix ans.
Quelque 25% des voitures fabriquées en Amérique du Nord l'étaient au Canada avant la crise de 2008, mais seulement 15% le sont aujourd'hui, selon des chiffres communiqués par Unifor.
Cette diminution a aussi frappé les sous-traitants. «Ces négociations sont une première étape importante pour définir un cadre pour nos futurs investissements au Canada», a souligné GM dans un communiqué diffusé après le début des négociations. FCA a de son côté rappelé qu'il venait de consentir d'importants investissements dans l'un de ses sites à Windsor.
Quant à Ford, il a indiqué que son but dans les négociations était de «maintenir la viabilité à long terme de l'industrie automobile canadienne» tout en soulignant que «le paysage mondial a changé en quatre ans et que nous devons trouver de nouvelles façons d'être concurrentiel et maintenir le niveau de vie de nos employés».
Les Etats-Unis, le Canada et le Mexique sont unis par un accord de libre-échange (Alena) et les constructeurs américains ont développé ces dernières années leur production au Mexique où la main-d'oeuvre est moins chère.
Ford a ainsi annoncé en avril un investissement de 1,6 milliard de dollars dans une usine dans ce pays, avec à la clé la création de 2800 emplois directs. Les deux candidats à l'élection présidentielle américaine de novembre, le républicain Donald Trump et la démocrate Hillary Clinton, multiplient également les promesses de protéger les emplois américains.
M.Trump a ainsi qualifié de «honte absolue» en avril la décision de Ford d'investir au Mexique, lors d'un discours sur son programme économique tenu justement cette semaine à Detroit.
Il a également affirmé que, depuis l'entrée en vigueur de l'Alena en 1994, le nombre d'employés dans la construction automobile dans l'Etat du Michigan, où se trouve Detroit, était passé de 285.000 à 160.000.

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