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L'ÉCONOMIE EN PROIE À DE GRAVES TURBULENCES

Le monde au bord du précipice

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Les thérapeutiques conjoncturelles européennes de juin/juillet et américaines du début août 2011 ne s'étant pas attaquées à l'essence du mal qui ronge le corps social mondial, la non-synchronisation de la sphère financière et de la sphère réelle, les distorsions entre la dynamique économique et la dynamique sociale, font qu'il faut s'attendre à des turbulences cycliques dans les mois et années à venir. En effet, les Etats étant confrontés à un important déséquilibre budgétaire, il n'est ni possible ni souhaitable que les dépenses se maintiennent à un niveau aussi élevé. Cela n'est pas propre aux USA, comme en témoigne l'explosion des déficits budgétaires pour l'ensemble des pays européens et des pays de l'Asie comme le Japon (dette deux fois supérieure à celle de l'Europe) et très accessoirement la Chine, sans compter les déficits d'autres pays émergents. L'objectif stratégique étant la relance de la sphère réelle, la crise de l'endettement des Etats, seulement pour les USA et l'Europe dépassant les 40% du PIB mondial, pose la problématique de l'urgence d'une nouvelle régulation de l'économie mondiale.

1-L'inflation est-elle la solution pour éponger la dette publique?
Selon l'Insee (2009), pour la France un point d'inflation en plus donne autant de recettes fiscales qu'un point de croissance supplémentaire et dans sa note de conjoncture de mai 2010, la Deutsche Bank note qu'une accélération de l'inflation de 2 à 8% entraînerait une baisse de 21% de la valeur de la dette publique mais avec le risque d'une inflation élevée compte tenu d'une hausse inévitable du taux d'intérêt des nouvelles obligations. Mais l'inflation ne se décrète pas et est le produit de la régulation. Or, à la différence de la période historique des Etats-Nations, l'économie actuelle est globale et surtout l'introduction des pays émergents à très forte population comme la Chine, l'Inde, le Brésil dont le coût salarial est extrêmement bas, explique que les banques centrales ont beau injecter des centaines de milliards de liquidités contribuant certes à des bulles d'actifs détruisant ainsi la liquidité injectée mais ayant un impact limité sur le processus inflationniste. Un rééquilibrage salarial, ce qui est souhaitable, au profit des pays émergents, si les populations des pays du G7 continuent à vivre au-dessus de leurs moyens, entraînerait un processus inflationniste mondial incontrôlé avec d'importantes tensions sociales du fait de la concentration de la richesse au profit d'une minorité rentière alors que l'urgence de l'heure est un sacrifice partagé.

2- Les politiques économiques classiques en désarroi face à la crise.
D'une manière générale, les thérapeutiques sur les perspectives de sortie de la crise sont contradictoires entre les partisans de l'orthodoxie monétaire et les partisans de la relance par le déficit budgétaire. Ainsi, la grande majorité des économistes s'accorde aujourd'hui, sur la nécessité d'asseoir la macroéconomie sur des fondements microéconomiques. La situation actuelle est insupportable et dangereuse et conduira au chaos si l'on n'entreprend pas de réformes profondes. Si les Etats-Unis ne mettent pas de l'ordre dans leur budget et ne font pas davantage d'économies, ils vont au-devant de problèmes douloureux avec pour risque d'accentuer la récession mondiale, le dollar représentant en 2011 60% des transactions mondiales contre 27% pour l'euro.. Pour l'Europe, des pays comme la Grèce, l'Italie, le Portugal et l'Espagne seront tôt ou tard menacés d'insolvabilité et l'Union européenne redoutera tôt ou tard que ces pays ne sombrent dans un chaos semblable à celui de l'Argentine en 2002 et de l'Islande en 2008. Ces chocs vont bouleverser une nouvelle fois l'économie mondiale.

3-Urgence de nouvelles institutions et d'une nouvelle régulation mondiale
L'émergence d'une économie et d'une société mondialisées et la fin de la guerre froide depuis la désintégration de l'empire soviétique, remettent en cause la capacité des États-Nations à faire face à ces bouleversements. Les gouvernements à travers les États-Nations - et la crise actuelle en est la démonstration - sont désormais dans l'impossibilité de remplir leurs missions du fait de la complexification des sociétés modernes, de l'apparition de sous-systèmes fragmentés, de l'incertitude liée à l'avenir et de la crise de la représentation politique, d'où l'exigence de s'intégrer davantage dans un ensemble plus vaste pour pouvoir répondre aux nouvelles préoccupations planétaires. Cette régulation mondiale est rendue d'autant plus urgente avec cette financiarisation accrue, car il s'échange chaque jour 4000 milliards de dollars de devises sur les marchés des changes, trois fois plus qu'il y a une décennie, selon l'enquête triennale publiée fin août 2010 par la Banque des règlements internationaux. Les acteurs non bancaires font désormais la moitié des transactions, la City renforçant sa prééminence, avec 37% des échanges de monnaies et 46% des transactions sur les dérivés de taux d'intérêt. Paris avec 3% du négoce de devises et 7% sur les dérivés (troisième rang derrière Londres et New York). Nous assistons à l'entrée du dollar australien, le won coréen, la lire turque, la roupie indienne, ces monnaies qui progressent, au détriment du billet vert, et l'introduction du yuan chinois sur ce marché dans un proche avenir, devrait entraîner de profonds bouleversements.
En l'absence d'institutions internationales réformées tenant compte des nouvelles mutations mondiales et, notamment des pays émergents, capables de prendre le relais de la souveraineté étatique défaillante, le risque est que le seul régulateur social demeure les forces du marché à l'origine d'ailleurs, de la crise mondiale actuelle.
Aussi s'agit-il de prendre au sérieux ces turbulences en arrêtant des décisions d'ordre structurel au risque d'un krach mondial pire que celui de 1929.

(*) Professeur d'université
Expert international

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