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La déception égyptienne!!

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L'Egypte vit vraiment des moments très difficiles.

La déception prend la place de l'euphorie... J'ai dit à une éminente journaliste égyptienne qui m'a demandé, par téléphone, mon avis sur ce qui se passe dans son pays, je lui ai répondu: le «timing» ma chère, toujours le timing. Une décision politique c'est comme du poisson en plein jour d'été, s'il passe la nuit il devient bon à jeter.
En effet, le discours du Maréchal Hussein Tantaoui, chef du «CSFA», (Conseil suprême des Forces armées) a été une grande déception, pour tous ceux qui suivent les événements qui secouent l'Egypte.
L'homologue vivant de «Philipe Pétain» s'est montré froid, amorphe et non convaincant, donnant l'impression qu'il n'est, lui-même, pas bien convaincu.
On en sort avec une certitude: la direction politique égyptienne est loin de pouvoir dire aux jeunes révoltés: «Je vous ai compris!»
Une fissure s'est créée entre le peuple égyptien et sa direction militaire, qui semble bénéficier d'une complicité tacite de la part de certains dirigeants islamisants, assoiffés de pouvoir.
Ces dirigeants ont boycotté le rassemblement contestataire des jeunes, avec l'espoir que l'échec de la manifestation prouverait que les «pseudo-salafis» sont «LE» facteur incontournable de l'équation égyptienne.
Au lieu de suivre l'exemple tunisien en commençant par l'élection au suffrage universel d'une «Assemblée Constituante», le pouvoir a mis la charrue devant les boeufs, encouragé par ceux qui veulent arracher une majorité bien confortable, voire... absolue.
Ce n'était pas le premier faux calcul du Conseil suprême des Forces armées, qui, encore une fois, n'a pas su tirer bénéfice et enseignement de l'expérience tunisienne.
Bien que l'armée tunisienne ait joué un rôle déterminant dans la chute de la dictature, elle est restée une véritable Grande Muette.
Son chef d'état-major, Rachid Ammar, n'a fait que deux apparitions médiatiques, d'ailleurs très discrètes.
Mais en Egypte, le Conseil suprême des Forces armées s'est accaparé le devant de la scène. Il a formé un gouvernement très docile, timide et maniable, au point qu'il était traité, avec un sourire peu discret, de «secrétariat» du maréchal.
Certains membres du Csfa sont devenus de véritables vedettes médiatiques. Des anciens généraux en retraite se sont précipités aux chaînes de télévisions et ont inondé les petits écrans par une diarrhée verbale qu'ils qualifiaient d'«analyses stratégiques»!!.
Le contenu était presque toujours une rumination «des louanges à l'armée», une armée qui n'avait pas vraiment besoin de louange.
C'était la confusion malsaine entre le rôle du Csfa et la mission nationale de l'institution militaire. Aussi, chaque critique d'une démarche du Conseil est rapidement considérée comme une insulte à l'armée.
La négligence la plus grave du Csfa c'était l'impunité des tortionnaires de la police politique, qui a terni l'image de marque de la police égyptienne tout entière, image de marque méritée à juste titre le 25 janvier 1952 par sa résistance contre l'occupation anglaise.
La police politique, élève de la police coloniale depuis «Danchouï» en 1906, a poursuivi la même pratique tortionnaire qu'elle a exercée depuis des décennies, en faisant appel, comme à son habitude, aux «Baltadjia» (voyous et repris de justice, chargés de matraquer les manifestants, comme faisaient les «chebbiha en Syrie)
Le résultat ne s'est pas fait attendre longtemps.
Les jeunes de la place «Tahrir» n'étaient pas convaincus de cette procédure, notamment après l'attaque virulente des islamistes contre une feuille de route qui traçait les grandes lignes de la nouvelle constitution.
C'est la deuxième explosion de la rue, qui est restée toujours, avec une prise de conscience remarquable, vigilante et attentive aux tractations politiques,
La scène politique vit une véritable crise de confiance entre la quasi-totalité de la classe politique et l'ensemble des jeunes à travers le territoire national, au point où il semble que les deux parties ne parlent pas souvent le même langage.
Le gouvernement en place n'a pas pu jouer son rôle de «fusible», encore moins, de pare-chocs, et la colère populaire a frappé le Conseil suprême des Forces armées de plein fouet et en plein coeur.
Le discours du Maréchal Tantaoui est passé à côté de la crise, qui a fait une quarantaine de morts en à peine trois jours.
On dit toujours que gouverner c'est prévoir, mais le «Csfa» n'a rien prévu de concret, simplement, parce qu'il n'a pas essayé de voir les vérités en face.
Certes, nul ne doutait de la bonne foi des généraux, mais... ne dit-on pas que la voie de l'enfer est pavée de bonnes intentions?

Sénateur Mahieddine AMIMOUR est Ancien ministre de la Communication

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