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A ASSIA BELKACEM-MERAHBA DISPARUE TROP TÔT!

Lettre au Paradis

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«A cause de l'incompétence de certains médecins...»

D'abord, je me suis dis, je n'écrirais plus à ma soeur:
Elle ne m'entend plus! Puis... la date butoir du jour de ta disparition approche, avec elle le besoin de hurler ma colère et mon chagrin. Le 24 février 2010, je n'ai pas extériorisé ma douleur, elle fut étouffée sur le champ.
Pour des considérations «humaines», il s'agissait de ne pas heurter deux enfants, tes enfants Assia, mais... ton fils est un homme et ta fille est une femme qui, bon gré mal gré, ont tenté encore de gérer leur souffrance.
La mienne est là! Elle me ronge de l'intérieur. Bien sûr, la vie a repris son cours avec ses hauts et ses bas. Le quotidien creuse à nouveau son sillon, il y a eu des naissances chez tes neveux, j'ai marié mon fils aîné (enfin, tu dirais!), j'ai ri, j'ai dansé et j'ai aussi beaucoup pleuré car tu n'étais pas là!
Vois-tu Assia, j'appréhende de plus en plus les moments où je suis seule. Ton visage aussitôt envahit mon espace et l'espace. Je te vois sourire, piquer une colère, t'amuser... j'ai l'impression que tu es juste absente. Tu es quelque part, préparant tel ou tel événement sportif, avec ton dynamisme légendaire.
Non, je ne refuse pas ta mort (quel mot horrible!), je ne supporte pas ton absence, tu me manques!
Je n'ai pas le courage de passer devant ta maison, quand je viens à Alger.
Ta maison, ton hall de transit pour chacun, l'endroit où nous avons partagé de si bons moments. J'ai essayé de prendre mon courage à deux mains et rendre visite à ton fils. Mais chaque fois, j'ai été lâche! Comment pourrais-je m'arrêter devant ton immeuble, grimper comme avant les cinq étages et frapper à ta porte? Porte que j'ouvrais auparavant avec la clé que tu me laissais dans notre cachette. Comment pénétrer chez toi en ton absence, voir les rideaux que tu as placés si fièrement, le dernier tableau que je t'avais offert? Comment poser mes yeux sur l'endroit où tu t'allongeais lorsque tu rentrais harassée par une longue journée de travail?
Le soir, j'en suis venue à prier pour te rêver. Ainsi, je te verrai, maigre consolation.
Deux années se sont écoulées sans toi, «ils» disent que ce n'est pas bien de longtemps pleurer nos disparus.
Je réponds, je ne pleure pas, je me tords de souffrance. Mon coeur se rebelle, il implose à petits coups. Les larmes s'échappent de mes yeux, incontrôlables. Le cri est là, dans mon ventre, sournois, tapis car empêché de sortir au moment fatidique!
Alors, je tente de faire bonne figure (quitte à me cacher pour pleurer), je suis active, donc je m'active autant que je peux, matin et soir, m'occupant l'esprit et les mains, je me fatigue pour ne pas penser! Seulement, tu arrives toujours à t'insinuer dans mes pensées.
Là, c'est une affiche sportive que je vois sur les murs.
Là-bas, c'est un mot glané par hasard, ou encore, c'est la vision d'une femme habillée de la même façon que toi.
Il m'est arrivé de te voir ou du moins croire t'apercevoir!
Je ne peux toujours pas poser mon regard sur tes photos. Cela m'est impossible. Je fonds aussitôt en larmes, peut-être que je me mens? Je ne peux réellement pas accepter ta disparition. Je crois que je divague.
Je maudis l'hôpital où tu es entrée pour une formalité et d'où tu en es ressortie dans une boîte en bois: un cercueil!
Crois-moi Assia, j'ai eu des moments cauchemardesques.
Voir les blouses blanches t'emmener dans un long couloir, rentrer dans ta chambre vide, ta chambre d'hôpital où la veille même, nous te tenions compagnie, Sara et moi, avec tes amies.
Tu nous as même mises dehors gentiment, nous accompagnant jusque dans le jardin! Pendant qu'on blaguait, qui aurait pensé...?
L'instant le plus dur a été de ramasser et ranger dans le grand sac tes affaires. Je prenais un à un ton linge, la nouvelle chemise de nuit et son peignoir, achat que tu avais fait pour ton séjour à l'hôpital.
Tes affaires... tu les appelais: mon trousseau.
Je les serrais contre mon coeur.
Prémonition?
Ecrire me permet de te parler. En couchant ces mots, mes larmes inondent silencieusement mon visage.
Je vais au cimetière de Sidi Halou autant que je le peux avec Balido et sa femme. Les sépultures sont noyées de fleurs multicolores. J'ose croire que les âmes sont là, elles nous voient (c'est bien de rêver!). Habib et Sara se sont pris en main. Chacun a tracé sa route. Tu n'es plus là, mais je prie pour eux chaque jour que Dieu fait.
Assia, ce qui me manque, c'est de ne plus venir chez toi, de ne plus t'appeler, de ne plus dire ton nom, et pourtant, tu es partout avec moi, dans la maison ou dans la rue. De ne plus te voir partager les rencontres familiales est très dur.
Je ne voudrais pas faire de cette date un anniversaire, ce terme exprime la joie, je n'ai pas besoin de date pour me rappeler ma soeur, savoir que tu nous as quittés physiquement! Ta famille pense toujours à toi, tes amis ne t'oublient pas, tes enfants font en sorte que tu sois fière d'eux!
Comme la séparation est cruelle!
Mais tu es là. Ta voix résonne dans mes oreilles, dans mon coeur.
Assia, ma soeur, je t'aime.

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