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APRÈS 50 ANS D'INDÉPENDANCE DU PAYS

Les indicateurs socio-économiques au crible

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L'Algérie doit faire plus pour diversifier son économie et sortir de sa dépendance vis-à-vis des hydrocarburesL'Algérie doit faire plus pour diversifier son économie et sortir de sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures

L'Algérie va donc fêter le 5 Juillet 2012, 50 années d'indépendance politique. De juillet 1962 à juillet 2012, elle a connu sept dirigeants. Ahmed Ben Bella (1962 à 1965), Houari Boumediene (1965 à 1978), Rabah Bitat (1978 à 1979), Chadli Bendjedid (1979 à 1992), Mohamed Boudiaf (1992), Ali Kafi (1992 à 1994), Liamine Zeroual (1994 à 1999) et Abdelaziz Bouteflika (1999 à aujourd'hui).
Cependant, c'est une limite à l'analyse de relater que 50 années, de 1962 à 2012, de l'indépendance, pour comprendre la situation tant politique, sociale, économique que culturelle de l'Algérie, l'histoire d'une Nation ne se découpant pas en morceaux. Comment ignorer l'Algérie de la période des Numides (IVe siècle avant J.-C) à la période romaine, de la période du kharidjisme à la dynastie des Almohades, l'occupation espagnole et ottomane, la colonisation française de 1830 à 1962, la période du nationalisme algérien à la révolution du 1er Novembre 1954? Ma modeste contribution, à titre exclusif pour le quotidien l'Expression, en tant qu'économiste, sera de faire le bilan socio-économique de l'Algérie en ce mois de juin 2012.
Je suis conscient que ce bilan est le produit de tout un long processus historique. Il sera scindé en trois parties: les indicateurs socio-économiques 2011/2012, (population, chômage, inflation taux de croissance, sphère informelle, secteur des hydrocarbures), les indicateurs financiers (réserves de change, cotation du dinar, système financier, Bourse d'Alger, dépense publique, fonds de régulation des recettes) et enfin l'Algérie et les relations économiques internationales (intégration du Maghreb, Accord d'association avec l'Europe, négociation avec l'OMC, impact de la crise mondiale) avant de conclure par les perspectives. Population algérienne, taux de chômage et taux d'inflation.
La population était de 35,6 millions d'habitants au 1er janvier 2010 et l'Office des statistiques (ONS) l'estime à 37,1 millions d'habitants au 1er janvier 2012. Concernant la structure de la population, la répartition par âge fait ressortir que la population âgée de moins de 15 ans constitue 28,2% de la population totale et celle de moins de 5 ans, 10%, ce qui témoigne de l'augmentation récente de la natalité.

Le FMI exige plus d'efforts
La population active devrait dépasser les 10 millions et la demande d'emplois additionnelle varierait entre 300.000 à 400.000 personnes par an, nombre d'ailleurs sous-estimé puisque le calcul de l'ONS applique un taux largement inférieur pour les taux d'activité à la population féminine, représentant pourtant la moitié de la population active et dont la scolarisation est en forte hausse.
Pourtant le taux de chômage officiel est estimé à 10% entre 2010/2011 contre 11,3% en 2008 mais incluant les sureffectifs des administrations, des entreprises publiques, les emplois dans la sphère informelle et les activités temporaires de moins de six mois, pour partie, des emplois improductifs.
Or, le taux d'emploi est fonction du taux de croissance et des structures des taux de productivité. Dans son rapport d'octobre 2011, le FMI note que l'Algérie doit faire plus pour diversifier son économie et sortir de sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures, notamment pour dynamiser l'emploi surtout parmi les jeunes dont le taux de chômage atteignait 21% en 2009. Quant au taux d'inflation qui se répercute sur le pouvoir d'achat, pour le gouvernement algérien, le taux d'inflation a été de 1,6% en 2005, 3% en 2006, à 3,5% en 2007, 4,5% en 2008, 5,7% en 2009, moins de 4% en 2010, 4,5% en 2011 et plus de 5,5% en 2012 en glissement annuel.
Le taux d'inflation officiel est biaisé, étant comprimé artificiellement par les subventions et reposant sur un indice largement dépassé, alors que le besoin est historiquement daté. Un agrégat global comme le revenu national par tête d'habitant peut voiler d'importantes disparités entre les différentes couches sociales.
Une analyse pertinente devrait lier le processus d'accumulation, la répartition du revenu et le modèle de consommation par couches sociales. Certes, le Snmg a plus que doublé en passant de 6000 à 20.000 dinars, (200 euros au cours officiel), la dernière augmentation ayant lieu en septembre 2011, mais devant déflater par le taux d'inflation réel pour déterminer le véritable pouvoir d'achat. Aussi, une interrogation s'impose: comment est-ce qu'un Algérien, qui vit au Snmgµ, (200 euros par mois, soit 6,6 euros par jour alors que le kilo de viande est de 10 euros) peut faire face aux dépenses incontournables: alimentation, transport, santé, éducation.
La cellule familiale, paradoxalement, la crise du logement (même marmite, mêmes charges) et les transferts sociaux qui atteindront plus de 1 200 milliards de DA en 2011, soit 18% du budget général de l'Etat et plus de 10% du PIB (taux identique entre 2009/2010) jouent temporairement comme tampon social. Le Produit intérieur brut 2009/2011 (PIB): toujours selon les institutions internationales, le produit inférieur brut de l'Algérie est de 158,97 milliards de dollars en 2010, 183,4 milliards de dollars en 2011 avec une prévision de 188,6 milliards de dollars en 2012.
Or, il y a lieu de souligner la faiblesse de la production et de la productivité du fait que 97/98% des exportations sont le résultat des hydrocarbures à l'état brut et semi-brut, les 2.3% hors hydrocarbures fluctuant depuis plus de 20 années pour un montant dérisoire entre 900 millions de dollars et 1,5 milliard de dollars. Ces 2/3% sont constitués en majorité de produits semi-finis issus eux-mêmes des hydrocarbures et déchets ferreux et non ferreux.
C'est que plus de 90% du tissu économique est constitué de PMI/PME organisées sur des structures familiales, ne possédant pas de management stratégique, ne pouvant pas faire face à la concurrence internationale. Les importations couvrent 70/75% des besoins des ménages et des entreprises dont le taux d'intégration ne dépasse pas 10/15%.
On peut démontrer facilement que le taux de croissance officiel hors hydrocarbures de 5/6% a été permis pour 80% via la dépense publique et qu'il ne reste pour les entreprises véritablement autonomes créatrices de richesses, pouvant évoluer dans un environnement concurrentiel mondial, moins de 20% du produit intérieur brut. Ce qui nous renvoie à la valeur de la monnaie algérienne.
Mais fait important, le PIB peut voiler d'importantes disparités et l'indice du développement humain combinant 1/3 du taux de croissance, 1/3 le système éducatif et 1/3 le système de santé élaboré par le Pnud est beaucoup plus fiable.
Cela explique les erreurs d'appréciation des indicateurs globaux de la Banque mondiale et du FMI vis-à-vis de certains pays arabes qui ont connu le printemps démocratique où ces institutions ont omis d'analyser tant le déséquilibre spatial que la concentration des revenus socio-professionnels au profit d'une minorité sans compter les fuites de capitaux hors des frontières de certains dirigeants. L'organisme onusien, le Pnud, a essayé d'introduire certains indicateurs omis par le passé dans son rapport du 2 novembre 2011 intitulé «Durabilité et équité: un meilleur avenir pour tous», résultats des enquêtes sur l'année 2010. C'est ainsi qu'elle classe l'Algérie à la 96e place sur 187 pays, soit un recul de 12 places par rapport à 2010.
Cependant, ce classement entre dans la catégorie développement humain moyen, l'Algérie étant mieux classée que certains pays dits pays émergents comme la Chine.

Un tissu industriel en déclin
Le nombre d'entreprises recensées hors agriculture-privées et publiques, sur le territoire national a été évalué à 1.020.058 entités à décembre 2011, selon les résultats préliminaires du premier recensement économique (RE) effectué par l'Office national des statistiques (ONS), données reprises par l'organe officiel APS en date du 2 février 2012. Selon l'ONS, il existe au 1er janvier 2012, 959 718 entités économiques (94%) et 60 340 entités administratives, mais 55% se concentrent sur le commerce, et à l'intérieur du commerce le commerce de détail représente 84%.
Mais fait marquant, cette enquête montre la faiblesse pour ne pas dire l'inexistence de management stratégique, et l'impossibilité de la majorité des entreprises algériennes de faire face à la concurrence internationale.
Le gouvernement algérien ayant demandé pour le dégrèvement tarifaire à l'Union européenne dont il est lié par un Accord de libre-échange depuis le 1er septembre 2005, 3 années de sursis (la réponse de l'UE n'ayant pas encore été donnée) trois ans suffiront-elles à mettre à niveau un tissu économique totalement délabré, sachant par ailleurs que l'Algérie est en éternelle transition vers l'économie de marché depuis sa demande d'adhésion à l'OMC qui date de juin 1987?
Selon cette importante enquête, les personnes physiques représentent 90,6% contre 9,4% pour les personnes morales (entreprises) dont sur ces 9,4% reposant essentiellement sur des micro-entités. Sur le plan spatial, 959.718 entités économiques sont implantées en milieu urbain (83,5%) et 16,5% en milieu rural et la wilaya d'Alger totalise 33,8% des entités morales suivi de Tizi Ouzou (7,2%) et Béjaïa (6,7%), Le tissu industriel est en déclin, avec seulement 97 202, dont 23,4% dans les industries agroalimentaires, 22,7% dans la fabrication de produits métalliques et 10,5% dans l'habillement.
L'ONS note par ailleurs que pour le secteur de la construction, elles sont de très petites entreprises (TPE) constituées essentiellement de métiers de plomberie, bâtiment et peinture ne disposant pas d'un local fixe et visible et sont donc difficiles à repérer sur le terrain.
Dès lors, les entreprises algériennes, d'une manière générale, ne peuvent être compétitives et encore moins innovantes du simple fait qu'elles disposent d'un faible savoir à la fois technologique et managérial. Cela explique, selon les données du 7 novembre 2011 du ministère du Travail, 50.000 travailleurs étrangers exerçant en Algérie, répartis dans le Btph pour 53% et 43% dans l'industrie, représentant 1,05% du nombre de travailleurs salariés dans le secteur économique national (hormis le travail informel) la Chine ayant 43%, suivi des Egyptiens 8%.
Le dépérissement du tissu industriel représentant moins de 5% dans le PIB trouve son explication surtout dans les contraintes d'environnement qui touchent tant les entreprises algériennes qu'étrangères souvent mis en relief dans les rapports internationaux de 2008/2011.
L'entrave aux affaires en Algérie est due surtout à l'accès aux financements, la bureaucratie d'Etat, la corruption, l'inadéquation de la main-d'oeuvre formée, la politique du travail considérée comme restrictive ainsi que le système fiscal et l'environnement dont la qualité de la vie. Combinée à l'instabilité juridique et à cet environnement des affaires contraignant dont la bureaucratie qui freine l'investissement à plus de 50%, renvoyant au mode de gouvernance, il en découle que le bilan de l'investissement, en dehors des hydrocarbures et le commerce tant local qu'étranger, est mitigé surtout pour l'investissement productif.
Selon les chiffres communiqués par l'Agence de développement des investissements, concernant la répartition des projets par secteur, c'est celui des transports qui attire le plus d'investissements depuis 2009 avec 60% en majorité des microprojets, suivi par le secteur du bâtiment, des travaux publics et de l'hydraulique (16%), du secteur de l'industrie (10%), celui de l'agriculture (2%).
D'une manière générale, les investissements directs étrangers significatifs réalisés restent insignifiants en dehors des hydrocarbures, des banques et des télécommunications.

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