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Peut-on ne pas libéraliser en Algérie?

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Lors du dernier remaniement ministériel, il nous a été donné de constater combien certaines chaînes privées, qui émettent de l'étranger, peuvent obtenir et diffuser des informations institutionnelles dont même l'APS, pourtant organe officiel de l'information, ne disposait pas. Cela donne lieu, bien sûr, à beaucoup de suppositions et supputations.
Et cela pose aussi le problème de l'ouverture de l'audiovisuel en Algérie. Nous sommes pratiquement parmi les derniers au monde à n'avoir qu'une seule chaîne (oui, une seule chaîne bien qu'elle utilise plusieurs lucarnes) et elle est publique de surcroît. Il va sans dire que, dans ce cas, la nature de l'information est sujette à interrogations et que la gestion de l'information ne peut être que trop subjective et peu, ou pas du tout, préoccupée par la performance, du moment que n'existe pas l'information contradictoire et que n'existent pas des chaînes concurrentes. Bonne à donner une seule perception des choses, une telle approche de l'audiovisuel tue le débat et en annihile les effets. Elle contribue à la monopolisation de la pensée et à la «médiocrisation» du niveau de l'Algérien. Le secteur public, chez nous, a été assassiné par ceux-là mêmes qui en avaient la charge. Plus rien de «public» ne va bien de nos jours. Et ni l'école ruinée à tous ses paliers, ni les hôpitaux détruits dans tous leurs types, ni même l'électricité qui disjoncte un peu trop ces années, ne contrediront ces propos. En effet, quelle que soit l'intention des hommes à l'intérieur de la télévision et de la radio algériennes et quels que soient leurs efforts pour bien faire, il subsistera toujours des seuils d'incapacité, des limites physiques et des insuffisances qui justifieront la présence de chaînes concurrentes et de programmes différents.
Prenant ses racines dans le puits profond et obscur de la pensée unique, la conception de l'audiovisuel chez nous a été un outil de mobilisation et d'orientation lors de la période du parti unique mais, et alors que les événements d'Octobre 1988 avaient obligé les gouvernants du pays à introduire dans leur lexique le multipartisme et dans leur comportement une tolérance de la différence, la liberté d'expression n'a, pour sa part, été abordée qu'à moitié. Il y eut libération de la presse écrite grâce à la loi organique sur l'information de 1990 mais les médias lourds sont restés, quant à eux, entre les mains de l'Etat. Si l'on peut concéder que, à l'époque, la situation du pays pouvait justifier certaines réticences, il faudrait reconnaître, tout de même, que cette situation a beaucoup changé et que plus rien, en Algérie, ne justifie le verrouillage de l'audiovisuel.
A vrai dire, l'audiovisuel a été doublement fermé chez nous. De l'intérieur d'abord, en ce sens qu'une seule voix, un seul son de cloche, pouvait se faire entendre et, ensuite, de l'extérieur où seules les chaînes de l'Etat existent. Aujourd'hui, et alors que, partout dans le monde, les chaînes privées fusent et poussent tels des champignons, il se trouve que, chez nous, on s'accroche encore à une perception dépassée et désuète de l'information et de la liberté d'expression de manière générale. En réalité, et à force d'avoir nié la nécessité d'une loi permettant l'ouverture de l'audiovisuel, nos gouvernants ont fini par la rendre caduque car, lorsqu'on veut tout contrôler on ne contrôle plus rien. Combien sont-elles ces chaînes qui émettent aujourd'hui de l'extérieur? Quatre? Cinq? Et combien seront-elles demain? et après-demain? De droit étranger, elles ne seraient en tout cas pas concernées par la réglementation algérienne si elle venait à avoir lieu et le seul point qui pourrait les concerner serait celui de l'accréditation de leurs représentants sur le sol algérien. Encore que, à l'ère de l'Internet, il existe de nombreuses autres manières d'obtenir l'information. Même sans représentants. Nous sommes dans une ère où plus rien ne se cache et où plus personne ne peut monopoliser l'information. Les outils de la démocratisation de la connaissance sont si nombreux et ses moyens si propagés qu'il est devenu pratiquement impossible de surveiller et, encore moins, de contrôler les idées, la parole, l'image ou l'écriture. Les réseaux sociaux ne sont plus à présenter avec tout ce qu'ils comportent comme bonnes et, aussi, comme moins bonnes choses. Le mailing, le skype, les blogs, les sites... et toutes ces belles découvertes de l'homme moderne qui tient, avant tout, à être informé de manière à pouvoir choisir et décider librement. La mondialisation, pour des raisons que tout le monde connaît, a mis à terre les frontières sous toutes leurs formes. Il ne sert à rien de vouloir garder la main sur ce qui nous échappe. La sagesse voudrait que l'on s'adapte à ce qu'on ne peut contrôler. Et, comme dit le proverbe, «on ne peut pas contrôler le vent, mais juste ajusterons voiles». S'il existait la possibilité d'ouvrir des chaînes privées en Algérie, il est fort à parier que celles existant aujourd'hui auraient émis du sol algérien avec tout ce que cela comporte sur le plan économique et, surtout, socioculturel. En plus, on aurait eu des chaînes algériennes, c'est-à-dire qui parlent algérien au moins. On n'aurait ainsi jamais entendu, par exemple, ces «hayyakoum Allah» lancés à l'orientale par les animateurs d'une de ces chaînes algériennes émettant de l'étranger, et qui n'a absolument rien à voir avec notre culture, notre langue, notre religion ou notre géographie. On ne dit nulle part sur le territoire algérien «hayyakoum Allah» et cela ne veut absolument rien dire chez nous. Alors pourquoi ces imitations insensées et, à la limite, agressives? Où va-t-on donc chercher ces locutions que rien ne lie à nous?
De même, si ces chaînes émettaient du sol algérien, il aurait été difficile à ce prédicateur d'occasion d'appeler, comme il l'a fait ces jours, toutes les femmes algériennes à porter le nikab. Si la chaîne en question émettait d'Algérie, la réglementation aurait rendu difficile le fait de tenir un discours aussi rétrograde, aussi inculte et aussi attentatoire à la religion et à la haute idée que nous avons, chez nous, de notre religion et de la prédication. Le verrouillage du paysage médiatique n'arrange plus les choses en Algérie, comme partout ailleurs de toutes façons. Comme à l'accoutumée, dans ce domaine aussi, nous sommes en retard mais comme dirait l'autre, «mieux vaut tard que jamais», alors il est grand temps de passer à la vitesse supérieure afin de nous mettre au diapason des sociétés modernes car, en réalité, il n'est plus possible de ne pas libéraliser.

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