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LE 8E DÉPARTEMENT DU LOUVRE CONSACRÉ AUX ARTS DE L'ISLAM

Un séduisant circuit au coeur d'une culture millénaire

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C'est cet Islam mal compris aujourd'hui, de part et d'autre, des siens d'abord et des Occidentaux ensuite, qui est célébré à travers ses «Arts», en un discours éloquent, dans un nouveau Département au LouvreC'est cet Islam mal compris aujourd'hui, de part et d'autre, des siens d'abord et des Occidentaux ensuite, qui est célébré à travers ses «Arts», en un discours éloquent, dans un nouveau Département au Louvre

«La marque d'un mérite extraordinaire est de voir que ceux qui l'envient le plus sont contraints de le louer.» François duc de La Rochefoucauld

Partant de cette maxime du moraliste français, nous pensons avoir des atouts pour convaincre et être loués... Nous avons ce grand et important patrimoine qui nous suit et qui est là, présent avec nous. Il s'agit de l'«Islam des lumières» qui n'a pas cessé de traverser les frontières, et que nous pouvons mettre en compétition sérieuse dans le dialogue des Civilisations et des Religions si nous nous donnons la peine de le revisiter pour mieux le comprendre et le faire comprendre...
Cet Islam n'a jamais disparu ni même changé, depuis ce remarquable message du VIIe siècle, à partir de la Révélation faite à Sidna Mohamed (Qsssl) qui a constitué au Moyen-âge un événement politique et religieux majeur, et entraîne des échanges nouveaux dans l'espace méditerranéen et, plus tard, dans d'autres contrées du monde.
En effet, c'est cet Islam mal compris aujourd'hui, de part et d'autre, des siens d'abord et des Occidentaux ensuite, qui est célébré à travers ses «Arts», en un discours éloquent, dans un nouveau Département au Louvre, le plus grand et le plus riche Musée du monde. D'ailleurs, ce n'est que justice ce retour au vrai, puisque les conquérants musulmans, comme l'affirmait «l'Histoire de l'Humanité» n'ont pas été des destructeurs systématiques de civilisations. Bien au contraire, confirmait Roger Garaudy: «La civilisation arabo-islamique, pendant un millénaire, a fécondé le passé et préparé l'avenir».

Rumeurs malveillantes
De même que cet autre historien français (1) qui soutenait: «Si l'on ignore la civilisation musulmane, on ne peut comprendre l'Histoire de l'Occident. Car l'Histoire de la France et de l'Europe tient pour une part significative, parfois même décisive, aux influences, aux rivalités, aux conflits suscités par leur rencontre avec l'Islam».
Et enfin cet autre (2) qui, pertinemment, se soustrait à cette campagne insultante, à ce dialogue dépravé, fait de rumeurs malveillantes répandues au sujet de l'Islam et des musulmans, en déclarant hautement: «Malgré une hostilité le plus souvent très vive des Français à l'égard des musulmans, la France a fait du Moyen âge, à nos jours, des emprunts culturels et humains à l'Islam qui ont enrichi et continuent d'enrichir sa vie sociale et intellectuelle».
Il fallait dire tout cela pour ne laisser d'aucuns, parmi les impénitents ennemis de l'Islam, comprendre que cette oeuvre - l'ouverture du 8e Département des Arts de l'Islam au Musée du Louvre - est une action «politique» ou carrément une opération de charme, qui vient caresser l'égo de certains mécènes, parmi les souverains et richissimes musulmans, afin d'en tirer profit.
Il fallait dire tout cela pour confirmer, à travers cette réalisation de la cour Visconti, la valeur intrinsèque de l'Islam qui n'a cessé depuis la Révélation de se consacrer en tant que religion primordiale dans son indulgence et son universalité.
C'est dire que le renforcement des liens humains et leur établissement à base d'amour, de compassion, de fraternité, d'égalité et de justice, sont le vecteur essentiel qui ont fait que ce nouveau Département, au coeur même de la capitale française, devienne le «carrefour de dialogue entre les cultures, en présentant la face lumineuse d'une civilisation qui englobe en son sein une humanité infiniment variée et riche»
Le 22 septembre 2012. C'est ce jour-là qu'il a été ouvert au public. Un moment fort et un monde fou, me disait un ami qui a eu l'audace de vouloir être parmi les premiers visiteurs de cette collection exceptionnelle d'objets d'art de l'Islam, témoin d'une civilisation riche et complexe à la fois. «Nous étions comprimés, malgré une surface appréciable de plus de 3500 m², me serinait-il, mais nous nous sentions à l'aise et la satisfaction se lisait sur tous les visages de ce monde cosmopolite où se conjuguaient plusieurs cultures et plusieurs langues dans cet espace d'Histoire remarquable qui se veut la démonstration de la richesse et de la diversité des créations artistiques des terres de l'Islam.»
Ces informations que j'ai appréciées grandement et qui m'ont exhorté à y aller pour découvrir à mon tour ce joyau de la civilisation islamique, m'ont été un véritable stimulant et une occasion des plus heureuses pour confirmer la véracité de mes précédents écrits sur les sujets de l'Islam qui, jusqu'à l'heure, sont tellement controversés. En effet, mon déplacement au Louvre a été une bienheureuse occasion comme ce «voyage initiatique» où l'on s'ouvre aux rencontres qui nous permettent de découvrir et de mieux connaître ce qui nous entoure.
En effet, j'ai été en extase devant la splendeur des 3000 oeuvres de l'art et de la civilisation du monde islamique. Et ce n'est qu'une infime partie sur les 18.000 que compte le patrimoine du VIIe au XIXe siècle, existant en France, et qui ont été exhumées des réserves du Louvre et du Musée des arts décoratifs qui est associé au projet, pour être habilement exposées sur deux étages qui, par la magie de deux grands architectes Rudy Ricciotti et Mario Bellini, ont donné autant d'ombre et de lumière à plus de mille ans d'Histoire.
N'est-ce pas cette main tendue à travers des siècles, des continents, des langues, des religions et des cultures qui ont fait la mémoire de notre monde à tous, comme l'affirmait Sophie Makariou, la directrice de cet important Département du Louvre? Oui, elle l'est, car après un geste architectural très fort, sous un toit de verre et de lamelles dorées, se découvre l'une des collections d'art islamique les plus riches et les plus belles du monde. Vraiment c'est «une immersion passionnante dans une culture qui n'a cessé de traverser les frontières»!
Ainsi, de surprise en surprise, on ne peut, à l'intérieur du Musée, malgré la richesse des oeuvres exposées, représentées par des éléments d'architecture, des objets d'ivoire, de pierre, de métal, de verre ou de céramique, de textiles et tapis, d'arts du livre..., ne pas prêter l'oreille à ces nombreuses exclamations qui, souvent, fusent spontanément pour exprimer l'admiration, voire l'exaltation comme par exemple: «C'est merveilleux... l'Islam!» ou encore: «Ah, ce qu'ils étaient Grands ces musulmans d'hier!». Et c'est là que la séduction fait tout bouger, car elle est bien ordonnée. Elle change tout autour d'elle et opère un enchantement. Le mot est lâché..., enchantement, et le «Tapis de Mantes», un tapis à décor foisonnant de jardin de paradis, est cet exemple de beauté persane du XVIe siècle qui crée cette sensation. Il représente un grand médaillon central orné de combats de créatures fantastiques.
Le champ central est occupé par un jardin merveilleux où s'ébattent des animaux, paons, daims, lions, oiseaux et lapins, traqués par quatre chasseurs. Sa bordure est ornée de dragons et de «simurghs», connus sous le nom de Sîna-Mrû (Pâzand), qui sont des oiseaux fabuleux de la mythologie perse.
Encore une autre oeuvre, «Le baptistère de Saint-Louis», une des pièces les plus célèbres et les plus énigmatiques de tout l'art islamique, créée par Mohammed Ibn al-Zayn au début du XIVe siècle, est un bassin du temps des Mamelouk, en cuivre ciselé d'or et d'argent. «L'artiste dissimule six fois sa signature dans la complexité du récit figuratif. Son cortège de dignitaires en armure, ses combats sanglants, ses animaux et créatures aquatiques, seraient une allusion aux croisades. Il servit au baptême des enfants de France, dont le futur Louis XIII.» (3)

Un chef d'oeuvre
Et encore une autre, la «Pyxide d'al-Mughira», du nom du prince al-Mughîra (950-976), dernier né du Calife al-Nâsir (913-961) qui a été sommairement exécuté le jour même de la mort de son frère al-Hakam II (961-976) et de l'avènement de son neveu Hishâm II. C'est une boîte en ivoire taillée d'un seul bloc qui a été réalisée en Andalousie en 968. Elle a été récupérée à Madinat al-Zahra, dans Cordoue, la ville du Calife.
Cette boîte constitue un chef-d'oeuvre de l'art islamique de cette période par son décor extrêmement fin et détaillé. «La boite déroule un cycle d'images (pas moins de quarante-huit figures, soixante-neuf avec celles du couvercle), présentant notamment des cavaliers, une scène de trône et un combat d'animaux. Les symboles et emblèmes du pouvoir légitime figurant sur cette sculpture illustrent la lutte des Umayyades face aux Abbassides.» (4)
A ces oeuvres, il faut ajouter d'autres, non moins anonymes dans les arts de l'Islam. «L'aiguière en cristal de roche», représentant l'art fatimide et fabriquée en Égypte au début du XIe siècle, les «Coupes de jade ottomanes» ayant appartenu à Louis XIV, le «Chandelier aux canards», les «Miniatures mogholes», le «Vase Barberini», le «Plat au paon», l'admirable «Cornet à poudre» en jade de l'art moghol, les «Porches d'époque mamelouke», et tant d'autres qu'on ne peut citer, mais qu'il faudrait aller visiter, si l'occasion se présente, pour apprécier, non seulement l'homogénéité des arts de l'Islam, mais également l'extrême variété des productions artistiques autour de thèmes communs. Ainsi, le Musée du Louvre s'enorgueillit, aujourd'hui, de cette collection d'oeuvres inédites qui représente fidèlement la part lumineuse d'une grande civilisation, dont plusieurs auteurs - historiens ou journalistes - ont déjà chanté ses mérites, dans leurs écrits, honnêtes et objectifs. Souvenons-nous des Gustave Lebon (La civilisation des Arabes, 1884), Vicente Blasco Ibanez (Dans l'ombre de la cathédrale, 1903) pour ne citer que ceux-là. En réalité, ces derniers faisaient l'apologie d'une religion aux mains de gens parfaitement cultivés, car élevés dans les traditions de progrès et de tolérance. Ils parlaient de cet Islam, qui vivait son âge d'or avant que des «pharisiens» ne viennent avec leurs discordes et leurs alliances contre nature, lui soustraire cette avance et ce progrès qu'il aurait tant souhaité voir se perpétuer.
Des années après, et pour revenir au Louvre, l'Algérien Malek Chebel, anthropologue de l'Islam, renchérit en écrivant sur les Arts de l'Islam: «Transformer la cour Visconti en domaine des Mille et Une Nuits, c'est extraordinaire. On est face à des arpents de beauté qui marquent la rencontre fraternelle des civilisations. En entrant ici, on pense qu'on aura affaire au meilleur de l'homme.»
Dans le même contexte, un auteur-journaliste rebondit sur le sujet et confirme: «C'est un ensemble absolument fabuleux qui dit à la fois toute l'épaisseur historique de la présence de ces objets dans nos collections, dans notre histoire, et l'engouement extraordinaire de la France pour les arts de l'Orient. Ce sont des signes pour une ouverture au monde et aussi des signes pour une ouverture esthétique.» (5)
Enfin, la directrice du Département Arts de l'Islam, conclue en ces termes: «C'est la main tendue vers l'Orient. Pour créer des conditions d'un dialogue, d'une ouverture, d'un partage, il faut d'abord tendre la main. Tout vient ensuite. Et beaucoup de choses sont venues, beaucoup de choses se font. Je crois qu'il y a beaucoup de choses à partager.»
Oui, il y a beaucoup de choses à partager, parce que l'Islam est une religion de partage, d'amour et de paix. Ainsi, «Les arts de l'Islam, sont une antithèse de l'obscurantisme» (6) et j'ajouterai pour ma part, une preuve de l'esprit ouvert des musulmans, les vrais, qui ont toujours combattu les pratiques surannées et les pulsions archaïques, en oeuvrant, dans un effort de pédagogie, pour une modification sereine de toutes les conduites, afin de lever les nombreuses équivoques pour sortir du carcan dans lequel le dialogue des civilisations et des cultures demeure encore enfermé...

1. Marc Ferro, historien français contemporain.
2. Jacques Le Goff, historien médiéviste français contemporain
3. Florence Évin (Le Monde 24-09-2012)
4. Makariou Sophie, «Un chef-d'oeuvre de la sculpture d'ivoire: la pyxide d'al-Mughira», Paris, 2012
5. Siegfried Forster, journaliste, responsable de la page Culture à «Radio France Internationale»
6. Malek Chebel, anthropologue de l'Islam

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