Prévisions pour le 23 Septembre 2018

 Adrar Min 27 °C Max 33 °C
23
 Laghouat Min 17 °C Max 28 °C
34
 Batna Min 12 °C Max 25 °C
32
 Biskra Min 20 °C Max 33 °C
34
 Tamanrasset Min 21 °C Max 30 °C
30
 Tlemcen Min 18 °C Max 29 °C
32
 Alger Min 20 °C Max 28 °C
32
 Saïda Min 17 °C Max 29 °C
34
 Annaba Min 21 °C Max 28 °C
34
 Mascara Min 16 °C Max 30 °C
32
 Ouargla Min 23 °C Max 33 °C
32
 Oran Min 21 °C Max 27 °C
32
 Illizi Min 23 °C Max 33 °C
28
 Tindouf Min 24 °C Max 35 °C
32
 Khenchela Min 12 °C Max 23 °C
34
 Mila Min 15 °C Max 28 °C
32
 Ghardaïa Min 20 °C Max 30 °C
32
Accueil |Autres | Contributions |

L'INTERVENTION DE IN AMENAS

L'ANP, une fois encore

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
L'Armée a fait son devoir et pleinementL'Armée a fait son devoir et pleinement

Cette intervention a su éviter au pays de s'enliser dans une situation complexe, née d'un immobilisme issu de pressions imposées, avec à la clé un siège de déshonneur historique indélébile.

Une fois de plus, l'Armée était présente pour secourir la Patrie. Durant ces 50 années, c'est la 5e fois que l'on fait appel aux militaires: à la veille de l'Indépendance pour sauver le recouvrement de la souveraineté nationale et les quatre autres fois pour préserver la jeune République de la déstabilisation. L'Armée a démontré sa formation organisée, l'unique institution sérieuse de l'Etat. Elle mérite respect, admiration et considération. Elle a prouvé qu'elle est la digne héritière de la glorieuse ALN, libératrice de la chère Patrie. J'ai frémi, tremblé lors du déclenchement de l'intervention avec une intense émotion devant l'Histoire qui s'inscrit une fois de plus avec le sang dans cette partie intégrante du territoire national, notre cher Grand Sud, terre de bravoure, de la foi et de l'hospitalité.
Les téléspectateurs du monde ont appris le sacrifice de ce jeune, trop tôt ravi aux siens et à l'Algérie combattante. S'il pouvait parler au-delà de sa tombe, il aurait crié: «Parlez de l'Algérie et de l'Armée.» Je voudrais en ces instants remercier Dieu de nous avoir donné ce digne fils d'une modeste famille, probablement, unique pourvoyeur du soutien financier de la cellule familiale au sens large du terme. L'héritier, ce bébé, vu à la télé, avec un regard scrutateur, ignorant le vide irremplaçable de son père martyr, la séparation à jamais de l'être cher qui ne l'accompagnera ni à l'école, ni à l'université, ni auprès du médecin. Il grandira cependant sur la voie tracée par son défunt père, (que l'Eternel l'accueille en Son Vaste Paradis), la seule et authentique voie, de la dignité, de la priorité de la Patrie qui nous héberge et que l'on aime profondément car elle est la mère de nos âmes.
Une fois encore, notre admiration, notre bénédiction va à cette élite militaire, devant le génie et la grandeur de nos courageux djounoud. En effet, le déclenchement de l'opération, a pris de vitesse les puissants de ce monde, probablement aussi le politique algérien. Cette intervention a su éviter au pays de s'enliser dans une situation complexe, née d'un immobilisme issu de pressions imposées, avec à la clé un siège de déshonneur historique indélébile.
L'Armée a fait son devoir et pleinement. Qu'en est-il du politique algérien? Un certain nombre d'observations peuvent être avancées. Au plan politique: la ligne directrice algérienne, soutenue contre vents et marées, a toujours privilégié la solution politique issue du dialogue, l'intervention des armes n'étant que l'ultime étape. Le travail diplomatique soutenu des Français à l'ONU a entraîné la contre-offensive précipitée de l'armée malienne justifiée sur le terrain par l'avancée des groupes islamiques dans leur percée vers le centre du pays menaçant la capitale Bamako dit-on.
Le gouvernement malien a décrété l'état d'urgence. Le président par intérim est intervenu à la télévision annonçant l'engagement des troupes militaires avec l'appui des forces militaires françaises. L'engagement précipité militaire malien résulte de la menace de l'existence même de l'Etat malien et de la destruction programmée de sa culture a précisé l'intérimaire. Tous ces ingrédients ont été rendus publics à la veille de la visite du Premier ministre malien à Alger. La partie algérienne a-t-elle été informée préalablement? Peu importe la réponse à cette question. Toujours est-il que la position algérienne aurait dû dans sa proclamation sur l'événement, se contenter d'être générale et éviter d'opter pour une déclaration de soutien nette à l'intervention française, même si l'Etat est tenu d'observer l'application de la résolution onusienne sur le Mali à laquelle aucune réserve n'a été exprimée semble-t-il.

Ils font la guerre loin de leur territoire
Le survol du territoire national aurait dû être également limité dans le temps et l'espace. Pourquoi ces réserves vis-à-vis de ces deux constatations sur le plan diplomatique car le retournement de la position française, l'appel au secours de Bamako, (élément indissociable de la feuille de route stratégique française), ne sont pas de nature à faciliter l'examen de la crise qui nécessite une réflexion approfondie surtout sur le plan militaire? Il n'est pas de l'intérêt de l'Algérie de s'impliquer dans ce conflit armé notamment par une participation au sol de troupes algériennes, est la mesure à saluer. La volte-face de la France, la lenteur de la prise de décision des Africains, y compris l'Union européenne par rapport aux Français, sont autant de facteurs déterminants dans la réflexion surtout lorsque la guerre frappe aux portes du sud du pays. Si le Sénégal et le Nigeria ont rapidement annoncé l'envoi de troupes militaires pour appuyer l'armée malienne, c'est parce que la guerre ne frappe pas à leurs frontières et la charge financière n'émarge pas aux budgets de l'Etat. Pour le premier, il ne peut être autrement, l'élection présidentielle s'est déroulée au profit du gagnant grâce à l'appui français comme en Côte d'Ivoire. Ces deux pays sont dans le giron français. Quant au Nigeria, les menées des groupes islamiques, proches de ceux du Nord-Mali, en s'attaquant aux chrétiens nigérians, ne peuvent laisser impassible le grand frère-président nigérian. L'Union européenne juge nécessaire l'intervention.
La France par la voix de son président a confirmé l'engagement de troupes françaises au sol et son appui aérien après l'occupation de la ville du centre du pays qui ouvre l'accès à la capitale malienne. Comme son homologue malien, le président français a justifié cette participation inattendue au sol des troupes françaises parce qu'il y va de l'existence du Mali, pays ami où la France a une communauté résidente (6 000).
La Cédéao, par la voix de son président, à la télévision, a confirmé l'accompagnement militaire. Le président ivoirien a appelé l'urgence de la présence militaire africaine. Toute la droite française d'opposition par la voix de ses leaders a applaudi et soutenu la décision présidentielle. Par ailleurs, les médias français ont été les porte-parole des familles des otages français détenus dans le Sahel. Ils ont souligné l'inquiétude des familles concernées et le risque que cette intervention militaire constituerait pour la vie des otages. Dans un précédent article, j'ai averti que la position française sur cette question pourrait faire son choix basé sur la raison d'Etat, sauf si le Qatar s'en mêle. Je suppose que les familles sont conscientes maintenant du choix malgré toutes les déclarations apaisantes du ministre français des Affaires étrangères. Londres soutient l'initiative française et les Américains déclarent partager les objectifs des Français. Quant à la légalité internationale, après l'avancée des jihadistes au centre du Mali, l'ONU unanimement a conforté l'intervention française en adoptant une résolution dans ce sens. La France estime agir dans le cadre de la résolution onusienne et à la demande du Mali, pays ami.
Manifestement, le choix du Mali était arrêté pour une intervention militaire. C'est en tout cas le reproche d'une partie au conflit (Ansar Eddine). Elle s'est retirée du processus de dialogue et accuse les autorités maliennes d'avoir opté pour la voie militaire sur celle du dialogue. Ce choix a précipité l'offensive des groupes islamiques. La France a lancé un appel pressant à ses ressortissants non indispensables de quitter le Mali. Hollande a précisé que cette opération militaire durera le temps nécessaire. Sur le plan strictement militaire, la défaite des militaires maliens face à la percée des groupes islamiques à la veille du cinquantième anniversaire de l'armée malienne n'est pas de nature à susciter l'encouragement quel quel que soit le sentiment patriotique que peuvent nourrir ses éléments. Ensuite la connaissance du terrain, des conditions difficiles du désert au nord du Mali auxquelles sont habitués les groupes islamiques déterminés, le piteux état de l'armée malienne, imposent au Mali et son allié français une stabilisation du front face à une guérilla dans le désert dont les islamistes maîtrisent les règles. La préparation des troupes maliennes, la coordination avec celles de la Cédéao pour la libération du Nord vont également dans ce sens.

L'escalade dangereuse de la crise malienne
L'offensive militaire malienne inattendue et précipitée a mis sûrement dans l'embarras le partenaire algérien. Sur la base de cette donne, il doit revoir toute sa copie et envisager des rapports presque, dirais-je, inédits avec les autorités maliennes. Voilà en tout cas, l'état des lieux à la veille de l'attaque sur le site d'In Amenas. Quels sont les gains récoltés à la suite de l'intervention militaire algérienne sur le site d'In Amenas sur les plans interne et externe? Pour le premier, la solidarité sociale a été unanime. L'Armée a une fois encore démontré qu'elle est et sera toujours la seule force organisée et disciplinée de l'Etat. Sur le second volet, Américains, Européens, Asiatiques ont été derrière l'Algérie pour dénoncer l'agression, soutenir les Algériens sur le refus de négocier et le soutien à l'option militaire, mais à une nuance près, des Japonais où un enjeu électoral est probablement le soubassement de l'attitude japonaise par rapport au déclenchement de l'opération militaire. La décision de fermer la frontière avec le Mali est une sage décision même si le conflit militaire se stabilise. Cette fermeture doit s'accompagner d'une mesure de visa excluant les passeports diplomatiques tout en élaborant, un plan d'urgence prévoyant un corridor humanitaire pour assister la détresse des civils en envisageant la mise en place des moyens matériels et humains pour l'accompagner et prévoir tout autre mesure d'urgence à entreprendre aussi bien militaire que civile. Jusqu'à présent, la position de l'Algérie, en optant pour le dialogue et la solution politique, a constitué le bon sens quant à la survie de nos otages. Cette attitude positive pouvait favoriser une décision inattendue et humaine de la part des ravisseurs si toutefois, la déclaration à la suite de l'intervention militaire française était nuancée. En tout cas, je nourrissais l'espoir dans ce sens. Pour les autres questions, notamment targuie, (l'Azawad), elles seront tranchées par le résultat militaire.
Le résultat du terrain ne constituera qu'une solution de report de la crise. Par ailleurs, je redoute surtout que ce conflit ouvert à nos portes pourrait constituer un grave élément de déstabilisation de toute la région du Sud déjà contestataire sur les questions d'emplois et de logements en relation avec les dépenses à engager, etc.
D'un autre côté, l'afflux de réfugiés sahéliens n'est pas de nature également à calmer nos populations du Sud. La mesure d'établissement du visa visée ci-dessus devait être élargie du Niger à la mer Méditerranée, c'est-à-dire concerner tout le flanc Est de la République. Elle permet d'assurer le contrôle de la circulation des personnes et des biens. Enfin, quelques observations sur In Amenas: le déficit de communication sur un sujet où se joue le destin de tous, l'indifférence affichée du pouvoir politique vis-à-vis de l'opinion publique particulièrement algérienne ont obligé l'Algérien à s'informer sur les antennes étrangères. Toutes ces constatations ne sont pas de nature à calmer des esprits déjà surchauffés. Enfin, la défaillance de surveillance est nette. Les attaquants ont bénéficié d'une complicité intérieure flagrante. Ils connaissaient les moindres recoins du site. Par les temps qui courent où le «coup d'épaule» est devenu une nécessité pour le recrutement, le piston, l'apanage de l'émergence de la médiocrité, la corruption comme moyen de règlement sont autant de facteurs qui ne peuvent étonner quant aux résultats escomptés. Que dire de ces émeutiers chômeurs de Ouargla ou ce citoyen béchari qui s'est immolé par le feu entraînant dans son sillage ce pauvre policier que seul le port de la tenue a condamné aux yeux de son allié naturel? Depuis le recouvrement de la souveraineté nationale, l'Algérie est confrontée à une situation des plus dangereuses quant à son destin. Lorsqu'on observe l'Occident dire d'une part, combattre le jihadiste et le terrorisme dans un lieu donné et d'autre part, les encourager et les armer dans un autre point du globe pour soi-disant abattre une dictature, c'est de quoi se poser la question à qui le prochain tour?

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha