RELANCE DU TOURISME

TOUS RESPONSABLES

On n'est pas aux premiers voeux de se passer des ressources du pétrole pour assurer la prospérité du pays.

La question de la relance du tourisme se pose aujour-d'hui avec acuité. Beaucoup plus que par le passé en raison de la crise qui s'annonce, engendrée par la baisse brutale du cours des hydrocarbures. L'une des voies de salut est le tourisme.
Des voix s'élèvent, légitimement, pour marteler cet impératif de recourir de façon plus substantielle et plus déterminée au tourisme pour créer des richesses. Elles viennent bien sûr des institutions publiques en charge du tourisme, mais également des professionnels, du mouvement associatif et même des citoyens.
Rien de plus vrai et de plus pertinent. Mais seulement, on n'en est pas à la première épreuve du genre. Et on n'est pas aux premiers voeux de se passer des ressources du pétrole pour assurer la prospérité du pays. Des voeux remis aux oubliettes à l'annonce des premières embellies de ces mêmes cours des hydrocarbures. Retour, alors, à chaque fois, à la case départ.
Faire du tourisme un levier de développement économique c'est faire de lui un secteur créateur de richesse. Autrement dit, faire dépenser moins les Algériens en prestations touristiques à l'étranger et attirer les dépenses des étrangers vers l'Algérie.
Toute la mesure du défi est là. Avoir une infrastructure hôtelière quantitativement conséquente et qualitativement aux normes. Là, on est loin du compte. On en est encore à un littoral dégarni, une hôtellerie saharienne inégale et insuffisante. L'hôtellerie urbaine qui tire un peu son épingle du jeu n'en est pas moins, pour une bonne part, dans le besoin de s'adapter à la demande d'une clientèle d'affaires, spécifique et aux exigences incompressibles.
L'autre défi est celui d'avoir un produit capable de soutenir la concurrence, et de faire face à la sanction internationale. Autrement dit, une offre touristique égale, voire meilleure à celle dont pourrait bénéficier un touriste dans n'importe quel autre pays aux références touristiques bien établies.
L'établissement hôtelier n'étant pas la destination finale du tourisme, mais juste un relais, un maillon de la chaîne, il s'agira d'offrir un environnement -partie prenante du produit- capable d'assurer la sécurité, la quiétude, à une demande touristique à la recherche de dépaysement serein. Et là, c'est bien une autre affaire. Sécuriser les touristes ne consiste pas à mettre un policier derrière chaque touriste, mais de se retrouver dans une situation de non-agressivité vis-à-vis des touristes. La sécurité sera prise à bras-le-corps par toute la société. L'intervention policière n'aura qu'un caractère exceptionnel. La relance du tourisme passe par là. En faire un secteur créateur de richesse passe par là. C'est de la responsabilité de l'institution ministérielle en charge du tourisme. Les facilitations des investissements, la débureaucratision des procédures, l'écoute des professionnels, la régulation, le contrôle et la sanction. C'est aussi de la responsabilité des collectivités locales par le prolongement qu'elles sont du pouvoir central et leur rôle incontournable dans la mise en oeuvre du projet touristique. C'est aussi celle du mouvement associatif par sa proximité des citoyens et des opérateurs. C'est enfin de la responsabilité, inscrite dans la durée, de l'école formatrice du citoyen de demain. Celui-là même qui, il y a quelque trois ou quatre décennies, était un exemple de tolérance et d'hospitalité.
La relance du tourisme est de la responsabilité de tous.