Prévisions pour le 19 Septembre 2018

 Adrar Min 26 °C Max 37 °C
30
 Laghouat Min 19 °C Max 28 °C
30
 Batna Min 16 °C Max 29 °C
47
 Biskra Min 22 °C Max 35 °C
30
 Tamanrasset Min 21 °C Max 31 °C
30
 Tlemcen Min 20 °C Max 26 °C
39
 Alger Min 21 °C Max 27 °C
30
 Saïda Min 18 °C Max 26 °C
11
 Annaba Min 22 °C Max 29 °C
12
 Mascara Min 19 °C Max 28 °C
39
 Ouargla Min 25 °C Max 35 °C
34
 Oran Min 22 °C Max 25 °C
30
 Illizi Min 23 °C Max 34 °C
30
 Tindouf Min 21 °C Max 35 °C
34
 Khenchela Min 16 °C Max 28 °C
47
 Mila Min 18 °C Max 27 °C
47
 Ghardaïa Min 22 °C Max 32 °C
30
Accueil |Autres | Contributions |

EUROPE

Tant qu'on regarde là où il ne faut pas!

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Les mouvements extrémistes qui se fraient des chemins vers les sommets, de Paris à Stockholm, de Barcelone à Bucarest, de Frankfurt à Athènes, de Prague à Milan, sont autant de sujets d'inquiétude qui sont pourtant passés sous silenceLes mouvements extrémistes qui se fraient des chemins vers les sommets, de Paris à Stockholm, de Barcelone à Bucarest, de Frankfurt à Athènes, de Prague à Milan, sont autant de sujets d'inquiétude qui sont pourtant passés sous silence

Que les responsables des pays européens commencent par s'interroger sur ce qu'ils font. Ils finiront bien par comprendre que, aujourd'hui, et après des décennies d'injustice vis-à-vis de ses citoyens, l'Europe doit se faire la guerre à elle-même.

Les attentats de Bruxelles ont été une nouvelle occasion pour la relance, en Europe, de certaines idées des plus saugrenues comme les propositions d'annulation du visa Schengen, de la fermeture de l'espace de Schengen, du retour aux frontières internes de l'Europe, etc. Comme s'il s'agissait là de solutions au problème dans lequel est en train de s'enfoncer l'Europe et duquel elle ne se réveille, de temps en temps, que sous la violence des attentats, du sang, des larmes, de la poussière et d'une rancune de plus en plus grande due à une impuissance avouée et avérée.
Comme si le fait d'appeler à revoir le visa Schengen, ou à instaurer un contrôle aux points de frontières entre les Etats, pouvait aider à réduire les probabilités de voir encore d'autres lieux subir l'horreur comme celle déjà subie à Paris et à Bruxelles; les xénophobes de France et d'ailleurs n'ont pas raté l'occasion de montrer, encore une fois, leurs crocs envenimés. Ils savent bien cependant que des attentats avaient eu lieu bien avant la levée de ces contrôles et avant même l'instauration du visa Schengen.
Ce sont les réactions de ce genre qui ont, en réalité, empêché à chaque fois de réfléchir sérieusement et, surtout, de sortir d'une logique mille fois vouée à l'échec et de changer un paradigme pour le moins fort coûteux et désuet. Il est temps que l'Europe se défasse enfin de ses propres démons et qu'elle ose regarder là où il faut.
En ce XXIème siècle, que nous avons entamé avec beaucoup de sang et de larmes, les choses ne ressemblent plus à ce qu'elles étaient. Les idées reçues ne collent plus. Elles doivent être nettoyées une fois pour toutes si on veut éviter les conséquences désastreuses du déphasage entre la réalité et l'image que l'on s'en fait. Il en est de même de certains comportements qui ne rapportent plus ou, plutôt, qui s'avèrent coûter plus qu'ils rapportent tant à leurs auteurs (les Européens) qu'aux autres.
N'est-il pas venu le temps de comprendre, enfin, que le temps des expéditions punitives est révolu, que ces expéditions dont la dernière, parce que la plus indigne, aurait dû être celle qui a abouti à la destitution de Saddam Hussein et à la destruction éhontée de l'Irak? Fini la possibilité de choisir sa guerre et l'endroit de l'y mener. Fini les considérations stratégiques selon lesquelles on se permet de déclarer une victoire ou une défaite. Le monde a beaucoup changé. Comment est-il possible que, en Europe, on ne s'en soit pas rendu compte?
Les dernières déclarations d'Obama à propos des défaillances de la France et de la Grande-Bretagne ont ceci de clair qu'elles situent les responsabilités et l'aveuglement, dans la destruction de la Libye, du côté de Sarkozy et de Cameron. Mais il n'y a pas que cela. Il n'y a pas que la Libye dans cette mascarade tissée par des mains peu habiles et trop haineuses à l'ombre de quelques vils intérêts dont la rapidité de la réalisation met en danger l'avenir de tout un continent. Peut-être même plus!

L'exclusion, la ségrégation et la non-intégration
On peut dire d'Obama tout ce qu'on veut, mais il aura eu au moins le mérite de se rendre compte que le monde a changé. Qu'il ne suffit plus de chausser les bottes de guerrier, d'ordonner des tirs ou des bombardements pour remporter des victoires. Les guerres ont changé de sens. Les victoires et, bien sûr, les défaites aussi.
Continuer à claironner, comme Hollande, sa capacité à poursuivre les criminels n'importe où, ou à hurler, toujours comme Hollande, qu'on peut mener des guerres là où on l'on veut, c'est faire preuve d'une myopie certaine aux changements du monde et d'une inconscience sans faille aux évolutions de l'humanité. C'est démontrer son déphasage par rapport à une réalité pourtant de plus en plus claire et convaincante. Lorsqu'on regarde comment certains ont réagi aux attentats de Paris et comment ils réagissent à ceux de Bruxelles, on a l'impression que nombreux sont les responsables européens qui vivent avec les pieds dans le présent et la tête dans le passé. Sinon, comment expliquer que, au lieu de réfléchir à la résolution du problème, ces responsables préfèrent ouvrir des débats insensés sur la déchéance de la nationalité comme l'a fait jusque-là le président français, ou plonger dans d'interminables et inutiles demandes de ´´peines et de condamnations plus lourdes´´, comme le fait son Premier ministre Valls. C'est ce qu'on appelle ´´botter en touche´´!
Ce qui est arrivé à Paris un 13 novembre est simplement horrible. Ce qui est arrivé à Bruxelles ce 22 mars ne l'est pas moins. Néanmoins, il semble que, tels de mauvais élèves comme dirait le général Giap, ces responsables européens n'aient rien appris jusque-là. Ils continuent de courir derrière les symptômes. Ils s'entêtent à vouloir soigner la maladie en traitant la fièvre qui en découle. N'est-il pas venu le moment pour certains de se rendre compte que le soleil ne se lève pas uniquement sur leur personne et que le cosmos ne tourne pas autour de leur nombril?
´´Le monde a changé´´. Voilà, désormais, le point de départ approprié à toute réaction dans ce domaine. La solution ne peut plus résider dans la force car il se trouve que la force ne se mesure plus au nombre de bombardiers, de chars ou de têtes nucléaires. De nos jours, un simple téléphone portable peut causer plus de dégâts qu'un char. Un corps humain peut se transformer en une arme de destruction massive et on a vu comment, malheureusement, un avion de transport civil peut causer une catastrophe. De nos jours, il ne s'agit plus d'aller au front du moment que le front, qui peut être n'importe où et à tout moment, peut venir à nous. Peut-on parler dès lors de guerre? C'est malheureusement ce que font certains qui se demandent, par exemple, ´´comment gagner cette guerre´´ (Mariane n°989 du 25 au 31 mars 2016) ou qui, à l'image d'Emanuel Valls, ne cessent de répéter leur ´´nous sommes en guerre´´ un peu trop douteux.
La mondialisation, et malgré tous ses effets pervers, a eu certaines conséquences positives. Le niveau moyen de connaissances des peuples s'étant amélioré, leurs attentes et leurs ambitions n'ont pas moins évolué. Les jeunes d'aujourd'hui sont plus exigeants que leurs aînés et ils ne s'en cachent pas. Si l'immigré des années 1960 ou 1970 acceptait, en silence, d'être exclu de la société française, belge ou autre, qu'il ne considérait pas comme sa propre société, ses enfants par contre se révoltent au premier regard mal interprété et sont prêts à frapper sur la table autant de fois qu'il le faut pour faire entendre leurs voix. Ils se sentent autant citoyens du pays qui les a vus vivre que quiconque d'autre. Ils ne trouvent point ´´normal´´ d'être tenus à l'écart de ce qu'ils considèrent leur propre société.
Les responsables européens font semblant de ne pas se rendre compte que les choses ont évolué. Que si l'immigré des années 1960 ou 1970 venait avec sa culture et ses complexes, ses enfants ont poussé sous le ciel de France, de Belgique, de Hollande... ils y sont nés et y ont grandi. La patrie d'un homme, quoi qu'on en dise, est le pays où il est né. Or, trainant les préjugés archaïques de leurs prédécesseurs à l'égard des immigrés, les responsables européens oublient qu'ils ont en face d'eux des citoyens à part entière et non des immigrés comme ce fut le cas, il y a une et parfois deux générations.
Du coup, l'exclusion dont sont objet ces enfants d'immigrés, et qui les frustre en permanence, ne trouve plus ni justification ni explication. La ségrégation qui ne cesse de les frapper dans les études et les refus qu'essuient leurs demandes d'emploi ne peuvent être que des injustices que ces jeunes ressentent avec beaucoup de peine et de colère. Les débats insultants que la France, la Suisse, la Belgique, l'Allemagne etc. ne cessent de mener sur l'identité, sur le port du voile, sur l'islam, sur les mosquées... et tous ces repères ou, du moins, toutes ces spécificités culturelles de ces enfants d'immigrés, ont fini par achever leurs espoirs de se voir un jour regardés comme des citoyens ´´normaux´´ de ces pays européens dans lesquels ils sont nés, ils ont grandi et placé leurs espoirs.
Molenbeek n'est rien d'autre qu'une forme plus récente des bidonvilles qui jonchaient les bords des agglomérations dans les décennies passées. Une autre forme de rejet et de mépris. Les ´´Molenbeek´´, il y en a malheureusement beaucoup et cela existe un peu partout en Europe, tel un mauvais tatouage que d'aucuns croient faire disparaître rien qu'en s'efforçant de l'oublier.
D'habitude, prompts à déballer leurs études et à prodiguer leurs conseils, les sociologues et psychologues européens deviennent volontiers et bizarrement muets lorsqu'il s'agit des enfants d'immigrés et des problèmes qui minent leur quotidien. Les médias se taisent sur l'innommable et les responsables tournent le dos à une réalité de plus en plus amère.
Mais le monde a changé et les enfants d'immigrés, à la différence de leurs pères, n'acceptent plus de se taire. Ne se sentant point coupables dans cette situation honteuse, ils rejettent ceux qui les rejettent et, afin d'assurer leur survie, développent, comme cela se passe pour les espèces menacées ou pour ceux qui se sentent opprimés, des instincts de conservation. Le communautarisme tant pointé de l'index, depuis quelque temps, n'est pas un choix des enfants d'immigrés, mais une autre sorte d'humiliation à laquelle ils sont soumis en permanence. Il est voulu, entretenu et volontairement nourri par certains cercles de décisions et par certains responsables politiques de ces pays.
Rejetés de toutes parts, ils se replient sur eux-mêmes et développent des gestes, des comportements, des idées, des langages qui leur sont propres et leur permettent de se préserver en préservant leur identité. L'intégration n'est pas rejetée par les immigrés; elle n'a simplement jamais été voulue par les responsables européens.

La radicalisation? oui, mais laquelle?
D'un autre côté, tout le monde sait que si des milliers d'enfants d'immigrés ont pris les chemins de l'étranger pour se rendre dans des endroits de conflit, ce n'est pas un hasard. Ils ont été généreusement aidés dans cette entreprise par les services. Que l'on cesse une fois pour toutes alors, avec ce mensonge qui veut que ce soient les sites Internet qui radicalisent et que l'on daigne une fois reconnaître le coup de pouce donné au hasard dans cette affaire. Ce n'est pas innocent que tous les auteurs d'attentats soient passés par la Syrie. Qui les a envoyés? Qui les a laissés passer la frontière? Et pourquoi?
Il n'existe pas un seul attentat de ceux perpétrés en France ou en Belgique sans que l'on apprenne par la suite que les auteurs étaient connus par les services, qu'ils étaient même incarcérés pour certains ou qu'ils faisaient objet de surveillance étroite pour les autres. Ce qui, en principe aurait dû empêcher tous ces actes criminels. Or, au lieu de cela, on constate que ces jeunes ont eu les mains libres et les coudées franches au point de commettre les actes odieux que l'on sait. La seule explication possible est que ces jeunes étaient manipulés tant pour aller servir les intérêts de pays européens loin de leurs frontières, que pour les servir à l'intérieur de ces mêmes frontières.
Ce n'est pas dans les mosquées clandestines, comme on les appelle, qu'ont été radicalisés ces jeunes, c'est plutôt dans les prisons qui semblent être l'autre facteur commun pour la quasi-totalité des auteurs des attentats. Des incarcérations durant lesquelles les manipulateurs avaient tout le temps d'opérer.
L'islam? non, cela n'a rien à voir et seuls les Le Pen et leurs semblables osent encore lier les actes de terreur à notre religion et les allégations du type «ce n'est pas (...) l'islam qui arrêtera l'islamisme, mais au contraire l'islam qui est le terreau de l'islamisme» (Le Figaro Magazine du 26 mars 2016) ne sont pas pour aider à résoudre le problème. Tout le monde sait que l'Islam est innocent de ces actes horribles et peu importe où ils sont commis. Tout le monde sait que, dans cette histoire d'attentats, les musulmans sont les premières victimes.
Il est difficile d'expliquer comment on arrive, à l'image de Federica Mogherini, à pleurer devant les attentats de Bruxelles et que l'on garde large le sourire devant la mort de milliers d'innocents ailleurs. Il n'est pas aisé d'expliquer comment l'émotion arrive à couper les mots suite à certains attentats alors qu'elle est absente, totalement absente, lors d'autres attentats qui font pourtant des centaines de morts ailleurs. L'innocence n'a pas un éventail de teintes. Elle est une et partout semblable.
C'est cette différence que l'on fait entre les humains qui mérite d'être questionnée aujourd'hui. C'est cette double mesure à l'égard des uns et des autres qu'il convient que la France, la Belgique et toute l'Europe interrogent avant de se demander pourquoi tous les attentats sont commis par certains des enfants d'immigrés.
Il est des plateaux de télévisions qui continuent à inviter les mauvais philosophes qui aident à poser les mauvaises questions. Il nous a été donné de constater que, malheureusement, des penseurs de catastrophes, tel Bernard-Henry Lévy, continuent d'apparaître sur les écrans et de débiter leurs discours éhontés et puant la haine. Certains responsables continuent de tenir les mauvais discours qui les empêchent de tenir le bon raisonnement. Le ´´nous sommes en guerre´´ revenu avec force ne peut qu'aveugler encore plus les décideurs européens parce que, déjà, la France et les pays européens sont assez aveugles à leur propre réalité. Ce n'est pas l'islam qui a radicalisé ces jeunes, c'est le mauvais paradigme des responsables qui a radicalisé certains jeunes musulmans.
La vraie radicalisation est celle qui, dans l'indifférence coupable des responsables, frappe toutes les sociétés européennes. Les mouvements extrémistes montants et les partis nationalistes qui se fraient des chemins vers les sommets, de Paris à Stockholm, de Barcelone à Bucarest, de Frankfurt à Athènes, de Prague à Milan, sont autant de sujets d'inquiétude qui sont pourtant passés sous silence. Les dés sont jetés et les choix sont clairs. Soit l'Europe se réconcilie avec elle-même, soit elle court vers l'autodestruction à cause de cette fracture sans cesse grandissante entre une partie des citoyens qui s'arroge tous les droits et privilèges et une autre qu'on veut cantonner, au nom d'on ne sait plus quelle différence identitaire, dans le coin de la misère, de l'humiliation et de la soumission.
A l'ombre des crises répétées depuis les années 1970, c'est-à-dire depuis la fin des trente glorieuses, est né puis s'est développé un sentiment européen anti-maghrébin, anti-arabe et enfin anti-musulman qui voit en les immigrés et leurs enfants la cause de tous les maux qui frappent le Vieux Continent.
Il appartient aux responsables européens de chercher la solution au problème qu'ils ont créé. Il leur appartient de dépasser les préjugés, d'oublier les réflexes de bon tuteur, d'ouvrir les yeux sur la réalité sociale (de la France et des autres pays d'Europe) et, enfin, d'agir de la manière la plus simple. Autrement dit aller au fond des choses.
Croire que l'on peut arrêter les actes terroristes en allant faire la guerre à telle ou telle organisation est une erreur, à moins que l'on ne cherche volontairement à jeter de la poussière aux yeux du monde. Il est totalement inutile d'envoyer des troupes hors des frontières si l'on veut avoir la paix à l'intérieur de ses propres frontières. Ce n'est pas ainsi que cela se passe, tout le monde le sait.
Dimanche dernier, des extrémistes belges, qui avaient envahi la rue, s'en étaient pris à des gens de couleur en scandant ´´on est chez nous´´, oubliant que ces jeunes qu'ils agressaient honteusement étaient aussi des Belges à part entière et qu'ils étaient chez eux. Ce type de comportement absurde n'aide pas l'Europe à sortir de l'impasse de la terreur. Il ne fait que l'y enfoncer encore plus. Que les responsables des pays européens commencent donc par s'interroger sur ce qu'ils font. Ils finiront bien par comprendre que, aujourd'hui, et après des décennies d'injustice vis-à-vis de ses citoyens, l'Europe doit se faire la guerre à elle-même. A ses préjugés qui lui collent encore à la peau. A cette ségrégation qui ne se cache même plus. A ce mépris affiché vis-à-vis d'une partie de ses propres citoyens. Il appartient à l'Europe de se mobiliser pour faire la guerre à ses propres démons car c'est ainsi, et seulement ainsi, qu'elle pourra enfin regarder là où il faut et arriver alors à lutter efficacement contre sa propre dérive.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha