TERRORISME ISLAMISTE

Le Frankenstein de l'Occident

Le terrorisme n'a pas de frontières
Le terrorisme n'a pas de frontières

La violence islamiste devient une constante dans notre quotidien. Après avoir été l'apanage de pays comme l'Afghanistan ou ceux du Maghreb, la menace terroriste est désormais partout. La pieuvre islamiste a déployé ses tentacules même sur ces pays qui l'ont longtemps nourrie et choyée pour conforter leurs intérêts.

La récente tuerie perpétrée, mercredi dernier, par des kamikazes à l'aéroport d'Istanbul en Turquie, le double attentat-suicide survenu le même jour, au Cameroun, le carnage causé par l'explosion d'une bombe à Mogadiscio en Somalie, les sanglants attentats en France, il y a quelques mois, en Belgique, à Tunis, Abidjan ou en Ethiopie, l'horreur est omniprésente et elle est à son comble. Mais que se passe-t-il?
La progéniture échappe-t-elle réellement à l'autorité de ses maîtres? Des cellules terroristes bien structurées, s'érigent et se solidifient au coeur même de ces capitales occidentales comme Paris, Londres et Bruxelles. La CIA et la Dgse sont-elles réellement dépassées ou bien jouent-elles seulement à un jeu de «Polichinelle» avec ce monstre rampant? Après tout, l'islamisme radical n'est-il pas devenu une arme au service de la politique et de la géopolitique? L'on juge un homme par ses actes. Il peut se prétendre de toute noblesse, la société le jugera sur ses actions. Il en est de même pour les nations qui trichent avec leur devoir de promouvoir le bien-être du genre humain. Tout comme un homme qui refuse de reconnaître sa paternité face à un enfant illégitime, les nations seront jugées face au monstre qu'elles ont créé et qu'elles refusent de reconnaître. Le terrorisme islamiste ne regarde jamais ses «pères», mais il leur est pourtant resté fidèle. Que l'entreprise ait été consciente ou pas, nous assistons sur la scène internationale a un choc des civilisations. Le monde occidental pour s'assurer le contrôle des réserves énergétiques dont il est une dépendante de façon cruciale a tout simplement déstabilisé le monde arabo-musulman. Comment la barbarie islamiste et la radicalisation ont-elles pu s'implanter si facilement dans le monde arabo-musulman? Le terreau est si fertile pour la propagation de la gangrène islamiste que l'on ne semble pas en voir la fin. L'Occident après avoir encouragé ouvertement le déferlement islamiste sur les pays arabes, se retrouve à lutter lui-même contre un monstre dont il semble avoir perdu le contrôle. Mais a-t-il véritablement perdu le contrôle de ce monstre? Ses attaques régulières contre la liberté et la diversité surtout ne font-elles pas le jeu des puissances occidentales?

L'explosion de la violence islamiste
Dans les années 1980, les Américains se sont largement impliqués auprès des taliban pour faire la guerre aux soviétiques. L'armée rouge s'est vite enlisée en Afghanistan. Ce djihadisme a été largement financé par les Saoudiens et armé par les Américains qui se sont félicités de leur succès face à leur adversaire. Il leur permettait de maintenir la mainmise sur le terrain, en faisant une guerre par délégation pour éviter de rééditer le fiasco du Vietnam. Oussama Ben Laden et de Ayman al Zawahiri, les figures principales d'Al Qaïda, apparaissent avec le retrait des soviétiques d'Afghanistan. Ce conflit avait drainé des combattants venus de tous les coins du monde arabe car c'était «une guerre sainte contre les impies communistes qui violaient une terre musulmane». Ensuite, dans les années 1990, l'Algérie devient le théâtre d'une explosion du fondamentalisme islamiste alimenté en grande partie par tous ces anciens combattants d'Afghanistan revenus sur le territoire algérien. Les conditions socio-économiques difficiles avaient poussé une large partie de la population à s'allier aux islamistes et à adhérer à leur projet d'instaurer la chariaâ. Et graduellement, depuis les années 1970, G. Kepel explique dans «la revanche de Dieu» (2003), que les mouvements islamistes ont quitté la sphère purement religieuse pour s'attaquer à la sphère sociopolitique. L'islamisme politique a joué sur les désillusions des peuples et sur la misère sociale, il est apparu dans les pays où les gouvernements rencontraient des difficultés à répondre aux aspirations de leur peuple. En Algérie il a connu un essor avec la chute du cours du pétrole et la crise de 1986 qui en a découlé. L'Algérie a ainsi été frappée par un terrorisme d'une magnitude inégalée jusque-là. Un terrorisme qu'elle a dû devoir gérer à huis clos puisqu'elle était isolée par la communauté internationale. Le terrorisme islamiste algérien a causé des dizaines de milliers de morts. Le terrorisme en Algérie a déstructuré complètement la société. Les Algériens souffrent encore des séquelles de cette terrible période.
Le terrorisme s'est ensuite internationalisé. Il s'est propagé vers l'Occident. Les Américains, pour sauvegarder leurs intérêts ainsi que les intérêts de l'Etat sioniste, se sont octroyé le droit d'ingérence. Officiellement, Washington a mis en avant la nécessité de lutte contre le terrorisme. Cette arme leur permet de faire main basse sur certains pays. Cependant aucun intérêt sioniste n'a jamais été inquiété au nom de la lutte antiterroriste. Les USA et leurs alliés sont entrés dans un jeu géostratégique où l'islamisme est instrumentalisé au gré des mouvements et des intérêts du moment. Ceux-ci renversent et assassinent des chefs d'Etat puis livrent les pays «conquis» au désordre et au vide sécuritaire qui seront inéluctablement des facteurs propices à l'émergence du terrorisme islamiste. Car, en effet, celui-ci jaillit de pays faillis caractérisés par le vide politique et l'anarchie. La Libye après El Gueddafi n'est plus qu'un territoire où des milices de toutes sortes s'opposent. L'islamisme y est devenu le dénominateur commun de tous les revers subis par les pays arabo-musulmans et maghrébins. La Syrie et le Yémen offrent aujourd'hui l'image de pays qui ne sont plus que l'ombre de prétendues nations, car l'agenda américain ne lésine jamais sur les moyens. Il n'épargne personne. L'Algérie est inexorablement dans le viseur américain car ses ressources, sa position géostratégique et sa fragilité institutionnelle la font apparaitre comme un mouton blanc vulnérable. Tous les pays entravant les intérêts américains et leurs alliés sont donc «condamnés à être gangrenés par l'islamisme». Les Etats-Unis sont, quant à eux, au dessus de toutes les lois. Ils n'ont de compte à rendre à personne. Apres le 11 septembre, ils ont imposé au monde entier leur droit d'ingérence au nom de la désormais sacro-sainte «lutte contre le terrorisme».
Les puissants Etats-unis d'Amérique établissent une liste noire de pays qu'ils ostracisent et montre du doigt comme de mauvais élèves. Dans cette liste figurent le Pakistan, l'Irak, l'Iran, la Libye, l'Afghanistan, tous, pays qui possèdent des richesses naturelles énormes ou des positions géostratégiques qui font virevolter d'envie l'OTAN et ses sous-traitants. L'expression Etats voyous a souvent été utilisé par les Américains pour régler leurs comptes avec certains pays qui ont refusé de se plier à leurs quatre volontés. Ce terme est en fait utilisé contre tout régime hostile à la politique des Etats-Unis et d'Israël. C'est par un glissement sémantique qu'est née l'expression «l'Axe du mal» qui a une connotation religieuse. On parle ouvertement de croisades comme ce fut le cas au Moyen Age. Ce terme d' «Axe du mal» a été dénoncé par des philosophes comme Jacques Derrida ou le linguiste Noam Chomsky. Ce terme était, selon eux, une justification de l'impérialisme et est une expression propagandiste. Le terme d'Etat voyou est pourtant applicable à des pays comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni.

L'instrumentalisation de l'islamisme
Ils pratiquent des politiques étrangères agressives qui violent très souvent le droit international. Les Etats-Unis pratiquent la torture, interviennent militairement sans mandat de l'ONU, soutiennent ouvertement des régimes dictatoriaux. N'ont-ils pas une place de choix dans l'Axe du mal? Seul le juge américain est en position de stipuler le statut de victime et celui de terroriste. Ils excellent en manipulations vis-à-vis de l'opinion qui a été réduite à des réactions émotives dénuées de toute analyse. Les Américains s'octroient désormais le droit de dédouaner et de blanchir des organisations terroristes affiliées à Al Qaïda. Ces organisations sont armées et maintenues par le géant américain comme l'organisation islamiste armée «el Ansour» en Syrie qui flirte ouvertement avec l'Oncle Sam et ses acolytes. La Russie deVladimir Poutine apparaît comme le seul front ayant pour volonté de contrer le jeu cynique américain sur l'échiquier du Monde arabe. Elle freine et dévoile au grand jour ces unions perverses et destructrices que le Monde arabe observe impassible et bouche béante. Poutine sans entrer dans une guerre frontale face à la puissance américaine, expose une autre vérité que celle qui nous est présentée par le monde occidental. Il remet en doute cette position américaine de juge détenteur des grands principes et il la confronte à sa paternité face à l'hydre islamiste. Comme il déclare lors du dernier G20 avec de solides preuves à l'appui des images satellites prises par les services secrets russes, «le financement provient d'une quarantaine de pays, y compris de certains pays du G20», il expose l'hypocrisie occidentale qui prétend ignorer, une évidence «il s'agit de mettre fin au trafic illicite du pétrole, et des produits pétroliers, des photos prises par satellites montrent des colonnes de camions citernes sur des dizaines de kms». L'Occident honnit Daesh mais accepte avec bonheur d'acheter un pétrole à bas prix, sachant consciemment que les bénéfices serviront à l'armement et la solidification du monstre terroriste. L'Etat islamique tirait 40 à 50 millions de dollars par mois, l'organisation terroriste produisait à son pic 30.000 barils de brut par jour. Le pétrole est devenu la principale source de revenus des extrémistes qui leur permet de remplir les caisses de leur «califat». Un ancien député du parti républicain turc Mehmet Ali Ediboglu a déclaré en novembre 2015 «l'Etat islamique contrôle ces gisements conjointement avec un groupe de personnes comprenant des membres de l'entourage de Barzani (Premier ministre du Kurdistan irakien), et plusieurs hommes d'affaires turcs spécialisés dans la vente d'hydrocarbures», a déclaré l'ancien parlementaire. Celui-ci ne porte aucune ombre sur le financement de Daesh et sur les ventes de l'or noir irakien. «Selon certaines informations 27 hommes d'affaires turcs et irakiens sont directement impliqués dans ces activités.».Selon lui le pétrole est acheminé via la Turquie vers le littoral de la Méditerranée et de là, vers différentes régions du monde. Nul ne peut ignorer la densité du trafic pétrolier irakien. De toutes parts, on assiste maintenant régulièrement à des actions terroristes dévastatrices, comme cet attentat à Orlando qui a provoqué la mort de plus de 50 personnes. Le monstre islamiste n'est jamais rassasié. Il est devenu l'arme favorite de l'Occident, en pleine élection américaine, un acte d'une horreur incroyable fait le bonheur d'un Donald Trump qui jubile à la vue de son gain politique, peu importe cette cinquantaine de personnes dont le seul crime était d'avoir aimé vivre et danser. Le hasard n'existe pas en politique, il se provoque. Le cynisme invite même à douter des circonstances réelles et des motivations derrière chaque attentat désormais. Puisque le terrorisme islamiste ne fait que le bonheur des intérêts américains et sionistes sur la scène internationale. Et tout ceci grâce à l'aval de l'Arabie saoudite en tête et du Qatar. Nous assistons désormais au déversement d'une idéologie à laquelle le Monde arabe et maghrébin en particulier sont devenus une proie si faible que seul un miracle semble capable de libérer ces nations déjà si fragiles.