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L'emprunt obligataire pour combattre l'informel?

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Après la première opération de déclaration fiscale volontaire et les critiques qui ont suivi sur l'efficacité de cette démarche, si le gouvernement continue de croire que l'emprunt obligataire peut capter l'argent de l'informel c'est qu'il est vraiment naïf comme veulent le qualifier les détracteurs de toute action gouvernementale économique ou autre. En effet, l'emprunt obligataire est une excellente démarche, mais il sert à financer certains projets qui garantissent une réelle valeur ajoutée et une croissance plus grande que ce que coûte la rémunération des souscripteurs. Si aujourd'hui Sonatrach ou Sonelgaz veulent emprunter à l'extérieur, il est possible de leur fournir les capitaux soit par le biais des fonds de l'emprunt obligataire ou par le biais même d'un fonds souverain algérien qui se chargerait de leur prêter dans les mêmes conditions que le marché international. Cela est valable aussi pour les autre grandes compagnies qui ont besoin de fonds pour booster leur croissance à l'image d'Air Algérie qui a un potentiel basé sur ses capacités et sur le patriotisme des Algériens qui voyagent avec leur compagnie nationale malgré tous les dysfonctionnements à certaines périodes de l'année. Il faut reconnaître que même les grandes compagnies telles que Qatar Airways ou Emirates n'auraient jamais atteint ce niveau d'excellence sans l'énorme coup de pouce de leurs Etats respectifs. Pour combattre l'informel, il ne faut pas perdre de vue la nécessité d'associer l'élément de contrainte à toute démarche visant à annihiler un phénomène parasite et déstabilisant l'économie nationale. L'idée est de se doter d'un système fiscal des plus avancés dans le monde avec une informatisation à outrance en réduisant l'intervention de l'humain au maximum. Informatiser le système fiscal avec des recoupements automatiques et un décloisonnement des administrations permet de réduire les «poches» ou «niches» de corruption. Par la suite, il faut identifier les opérateurs coupables de fraude et identifier le manque à gagner. Dès lors, le gouvernement ne doit pas perdre de vue que nous évoluons dans un monde ouvert et où les capitaux circulent librement malgré les restrictions que peuvent imposer certains Etats. A ce moment-là, le gouvernement doit inviter ces opérateurs ayant accumulé des fortunes dans l'informel, à investir dans la création d'usines produisant les mêmes produits qu'ils importaient et ce, pour bénéficier d'une amnistie fiscale. Ce qui pourrait faire passer l'Algérie de pays parfaitement importateur à pays potentiellement exportateur. Ces opérateurs ne peuvent qu'accepter car le marché algérien garantit une croissance importante et un taux de consommation qui n'est plus à la portée de beaucoup de pays européens ou autres. Pour les récalcitrants, il faudra activer la machine pénale et diplomatique, pour les poursuivre même à l'étranger ou, à défaut, les empêcher de placer leurs capitaux issus de l'informel et de la fraude. Sur ce chapitre, il importe de souligner par exemple que les Français qui ont fini par déclarer leurs comptes bancaires
secrets en Suisse ne l'ont fait que parce qu'ils savaient que la Suisse allait communiquer leurs noms. Cette dernière n'a abandonné son attachement au secret bancaire que par la pression des Etats-Unis. Ces derniers ont été obligés de réagir et de faire pression à leur tour que lorsqu'ils avaient compris que ces capitaux informels finançaient le terrorisme et portaient atteinte à leur sécurité nationale. Voilà pourquoi nous pouvons espérer combattre l'informel avec des mesures tantôt souples tantôt coercitives.

* Diplômé de l'ENA et de la faculté de droit d'Aix- en-Provence.

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