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AGENCE DE VOYAGES EN ALGÉRIE

L'urgence d'un bilan

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Les étrangers rechignent à venir en AlgérieLes étrangers rechignent à venir en Algérie

Elles ont 6000 agences en France pour 84 millions de touristes. 1200 agences au Maroc pour 10 millions de touristes et nous en avons 1600 en Algérie pour 2,5 millions de touristes.

Le Tour Operating n'opère pas en Algérie. Très peu peuvent se targuer de réaliser un réceptif digne d'être cité. Même les plus grands, les «historiques» n'assurent qu'une part résiduelle dans le pactole du tourisme international ramené à l'échelle maghrébine, voire dans le nombre d'entrées en Algérie, les quelque 2,5 millions de touristes. Les agences de voyages ont ceci de notoire: elles sont nombreuses, manquant de professionnalisme, versant dans le dilettantisme et avec une fiabilité incertaine. Elles sont totalement désengagées de la mission de relance du tourisme et ne fournissent aucun effort dans l'action de promotion de la destination. Elles ont 6000 agences en France pour 84 millions de touristes. 1200 agences au Maroc pour 10 millions de touristes et nous en avons 1600 en Algérie pour 2,5 millions de touristes. Soit 14.000 touristes par agence en France, 8000 touristes par agence au Maroc et seulement 1400 touristes par agence en Algérie.
Le métier se pervertit, se lamentent les nostalgiques de la période faste du tourisme algérien. Les agréments se négocient en période d'examen des études supérieures en tourisme. Les diplômés se destinent presque par automatisme aux métiers de rentiers.
Les agences sont classées en deux niveaux, «A» et «B» sans que l'on sache vraiment ce qui les distingue tant l'une et l'autre se partagent les mêmes missions, les mêmes attributions. A la seule différence que ce qui est principal pour l'une est accessoire pour l'autre et vice versa.
Alors, en l'absence d'un flux touristique substantiel vers l'Algérie, les agences foncent dans le tas. A qui le mieux et à qui le plus dans tout ce qui se présente et surtout dans tout ce qui est facile.
Les étrangers rechignant à venir en Algérie et la pauvreté de l''offre touristique ne venant pas à bout de la demande nationale, les regards et les choix se portent vers ce que les pays étrangers offrent et que l'Algérie n'offre pas: la facilité d'accès aux vacances et la villégiature.
L'option est inéluctable pour les TO et agences de voyages algériens. Vendre ce qui s'achète. La Tunisie, le Maroc, la Turquie et, pour les plus nantis, certaines destinations lointaines désembourbées des contingences liées aux visas. Du reste, mêmes les OTA, ces fameuses agences en ligne dont on ne connaît que rarement les tenants et aboutissants, se mettent de la partie pour partager ce pactole de quelque 3 millions d'Algériens demandeurs de voyages à l'étranger. Même des multinationales du voyage s'impliquent dans ce marché de quelque 2 milliards d'euros. Des agences dont les sociétés mères sont établies aux Emirats, en Egypte, en Turquie, en Tunisie, s'installent un peu partout dans les grandes villes algériennes et déploient tout leur savoir-faire pour s'emparer d'une partie de la demande du marché algérien en matière de voyages.
Les voyages religieux sont pour certaines agences ce que le pétrole est pour l'Algérie. Rentables. Outrageusement rentables. Et c'est sans hésiter qu'elles en font leur activité presque exclusive.
Et tant que ce juteux business marche, pourquoi se soucier et encore moins s'impliquer dans le développement du réceptif international.
A leur décharge, s'il en est, leurs rapports peu fructueux avec l'hôtellerie. Peu, voire pas du tout, de conventions offrant les privilèges dus aux agences, l'inexistence de tarifs préférentiels même en période de basse et moyenne saisons, une offre insuffisante en période de haute saison, une image de la destination peu avenante et des visas d'entrée en Algérie délivrés avec une paradoxale et inexplicable parcimonie.
Le marché a ses lois. Elles sont immuables et implacables. Elles sont fondées sur l'offre, la demande, la plus-value... Et le marché algérien, pour le voyage comme pour tout autre activité ne fait pas l'exception.
Alors une des voies qui pourraient impliquer tous ces acteurs du maillon de la distribution serait de trouver des formules d'encouragement. Après toutes les facilitations qui leur sont accordées dans le travail de promotion de la destination (gratuité de stand dans les salons internationaux), il s'agira d'envisager des subventions aux packages touristiques au profit d'une clientèle étrangère pendant les périodes basse et moyenne saison, flexibilité de tarifs pendant certaines périodes de l'année et pour une clientèle étrangère. D'autres nations aux prises avec les mêmes difficultés l'ont fait. Pourquoi pas l'Algérie?
Mais avant cela il faudrait évaluer les agences de voyages et des tour-opérateurs.
A propos... à quand un bilan national des activités de ces agences?

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