Prévisions pour le 22 Septembre 2018

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FACE AUX TENSIONS BUDGÉTAIRES ET AUX BOULEVERSEMENTS RÉGIONAUX

L'urgence d'un large front intérieur

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L'Algérie sera ce que les Algériens voudront qu'elle soitL'Algérie sera ce que les Algériens voudront qu'elle soit

Il faut analyser pour des actions concrètes de redressement national, la réalité économique avec objectivité, sans sinistrose ni autosatisfaction.

Les tendances sur le niveau des réserves de changes contenues dans l'avant-projet de loi de finances complémentaire sont inquiétantes et impliquent un sursaut national pour éviter leur épuisement à l'horizon 2022, sauf miracle d'un cours du pétrole de plus de 100 dollars le baril et un cours du gaz qui assurent 33% des recettes actuellement à trois dollars le million de BTU sur le marché libre à plus de 7 dollars. Etant entendu qu'un cours inférieur à 60 dollars ramènerait le déclin des réserves de changes vers 2020 et qu'il faille faire un arbitrage entre la forte consommation énergétique intérieure posant la problématique des subventions généralisées sans ciblage et la capacité d'exporter face à une concurrence internationale de plus en plus acerbe. Tout en rappelant que les accords avec l'Union européenne, principal partenaire de l'Algérie, prévoient un tarif douanier zéro horizon 2020. Cela interpelle les autorités aux plus hauts niveaux pour mettre en place une économie hors rente et donc un changement de gouvernance et une nouvelle réorientation de la politique socio-économique. En ce début du mois de septembre 2018, Sonatrach c'est l'Algérie et l'Algérie c'est Sonatrach et encore pour bien longtemps procurant directement et indirectement 98% des recettes en devises du pays, facteur principal de la dépense publique qui détermine le taux de croissance, le taux de chômage, le niveau des réserves de changes et l'audience internationale tant politique qu'économique.
A ce niveau, la Banque d'Algérie sera contrainte de dévaluer le dinar officiel à environ 200-220 dinars un euro avec une envolée du cours sur le marché parallèle qui fluctuera en fonction du taux d'inflation entre 300-400 dinars un euro et beaucoup plus si le taux d'inflation dépasse les 20-30%l'investissement. Dans ce cas non souhaitable pour l'Algérie, pouvant l' éviter par une bonne gouvernance, loin du statu quo actuel et des discours démagogiques de certains ministres, les promoteurs algériens se réfugieront dans des activités spéculatives comme au Venezuela et les étrangers n'étant pas sûrs d' être payés risquent de ne pas venir, bloquant l'investissement durable. Tout projet pour être rentable a besoin en Algérie d'un minimum de 5-7 ans alors que la spéculation sur la devise ou certains biens à forte demande peut rapport un taux de profit de plus de 30% par an. Le danger est la le cercle vicieux, spirale inflationniste, demande croissante de devises avec déconnexion croissante entre le marché officiel et le marché parallèle de devises, émission monétaire interne, sans contreparties productives, extension de la sphère informelle, tensions sociales et risque d'implosion des caisses de retraite avec la baisse d'activité dont le déficit vient d'être évalué en septembre 2018 par le ministre du Travail à environ 580 milliards de dinars. Dans son rapport de juillet 2018, en 2022, pour le FMI les réserves de changes permettront moins de 5 mois d'importation et en 2023 moins de 3 mois d'importation. C'est que la croissance pourrait se ralentir très fortement dès 2020 en provoquant une augmentation du taux de chômage, se traduisant par la persistance des déficits budgétaires et surtout des déficits externes qui vont éliminer progressivement toutes les marges de manoeuvre dont dispose l'Algérie. Les slogans politiques sont insensibles aux lois économiques applicables dans tous les pays et l'Algérie ne fait pas exception. Le recours à la planche à billets pour financer le déficit budgétaire risque d'entraîner l'économie dans une spirale inflationniste, qui certes n'est pas encore perceptible.

Des associations instrumentalisées
C'est que la rente des hydrocarbures a largement influencé la nature des régimes, les politiques socio-économiques depuis l'indépendance à nos jours. L'Algérie se cherche toujours. Il semble bien qu'existe une unanimité de la majorité silencieuse de la population algérienne consciente du devenir de l'Algérie qu'il y a urgence d'actions concrètes loin des discours et des querelles d'une autre époque entre le pouvoir et l'opposition, les débats stériles portant sur le partage de la rente. L'objectif stratégique doit concilier la modernité et son authenticité, l'efficacité économique et une profonde justice sociale si l'on veut à terme éviter la marginalisation de l'Algérie au sein de la société mondiale. Un consensus minimal associant toutes les forces politiques, économiques et sociales, sans exclusive, mais excluant tout extrémisme, est indispensable ce qui ne saurait signifier unanimisme, signe de la décadence de toute société. Il serait hasardeux pour l'avenir de l'Algérie d'aller vers un monologue, de combler le vide par certaines organisations incapables de mobiliser la société du fait de leur non-crédibilité. Le pouvoir doit éviter comme par le passé et la distribution de la rente de continuer à créer administrativement et à instrumentaliser les partis politiques, à des fins étroites de court terme. En effet, il ne trouvera plus, en cas de crise majeure, de relais politiques et sociaux de médiation entre l'Etat et la société, le risque étant la confrontation directe des citoyens désorganisés avec les forces de sécurité. L'objectif stratégique est de redonner confiance, brisée entre l'Etat et les citoyens au moyen d'un dialogue fécond et productif afin de favoriser une mutation systémique. Pour dépasser cette situation anomique, toute action implique une vision stratégique d'adaptation à ce monde du XXIe siècle interdépendant, turbulent et instable. L'Algérie a besoin d'une vision collant avec la transformation du nouveau monde. L'on peut avoir les meilleures lois du monde, mais rarement appliquées.
Dans les pays dits démocratiques existent trois à cinq grands partis maximum avec des programmes politiques, sociaux, culturels et économiques précis, cela étant impossible en Algérie de fédérer plus de 60 partis où la majorité n'a aucune vision stratégique du devenir du pays. D'où l'urgence de restructurer le système partisan, loin de toute action autoritaire. Comme doit être opéré la restructuration de la société civile avec ces milliers d'associations vivant en majorité de la rente des hydrocarbures souvent instrumentalisées par l'administration lors de différentes élections, étant incapables avec les micro-partis de mobiliser la société réseaux sociaux intermédiaires favorisant la confrontation forces de sécurité-citoyens. Dans le même ordre d'idées, il devient urgent d'avoir trois à quatre grandes organisations tant syndicales qu'économiques représentatives au maximum en unifiant afin qu'elles deviennent une force sociale et économique crédible, évitant son instrumentalisation par le politique, (contre l'octroi de rente ou de marchés publics) assistant à une multitude d'organisations avec des conflits de leadership, cause de la division. Il s'agit d'intégrer également, d'une manière intelligente, la sphère informelle dominante recelant bon nombre d'entrepreneurs dynamiques. Tout pouvoir a besoin d une opposition forte organisée avec des propositions productives pour se corriger, devant l'associer dans les grandes décisions qui engagent l'avenir du pays, le monologue étant suicidaire. Une loi n'est qu'une loi fusse-t-elle la Constitution, devant être sous-tendue par une nette volonté politique de changement. Il s'agira à l'avenir de consolider le front intérieur: le pouvoir a besoin de dialoguer sérieusement, et l'opposition, a besoin d'être réorganisée autour de grands pôles autour de programmes précis, doivent travailler ensemble pour les intérêts supérieurs du pays tout en gardant leurs différentes sensibilités. Dans ce cadre j'émets quelques propositions suite au message du président de la République. Facteur essentiel du développement économique et social, il s'agira ensemble de favoriser le développement des LIBERTES, politiques, économiques, sociales et culturelles (dont la liberté des médias), l'implication de la jeunesse et la promotion réelle de la femme à la gestion de la cité. La corruption qui connaît un niveau inégalé depuis l'indépendance politique qui est une atteinte à la Sécurité nationale implique pour son atténuation une totale transparence de l'utilisation des deniers publics, l'unification des institutions de contrôles, indépendants de l'Exécutif et donner de larges prérogatives à la Cour des comptes, parallèlement au contrôle parlementaire à la société civile. Le pouvoir doit s'engager à luter contre le blanchissement de l'argent «sale». Toute personne impliquée ne peut exercer des postes de responsabilité au sein des structures de l'Etat, mais devant différencier l'acte de gestion de la corruption afin d'éviter de paralyser l'initiative des managers. Autres mesures, favoriser le développement local par la régionalisation économique autour de grands pôles régionaux à ne pas confondre avec régionalisme qui impliquera d'importantes réformes institutionnelles (ministères, secteur économique public - wilayas- APC), la réforme de l'entreprise publique, qui doit se conformer aux normes de rentabilité et promouvoir le véritable secteur privé créateur de richesses et non des prédateurs au coeur du développement. Le système d'information s'étant effrité, il s'agit de créer un organe indépendant de l'Exécutif chargé de la collecte d'information et de la planification stratégique. L impératif stratégique sera entre 2017-2020-2030 la mise en place d'une transition énergétique après avis du Conseil de sécurité, pilotée par le Conseil national de l'énergie et s'engager à un large débat national concernant le futur énergétique qui engage la Sécurité nationale.

Rétablir la confiance
Concernant le dialogue économique et social, il s'agit de dynamiser le Conseil économique et social consacré par la nouvelle Constitution «comme conseil au gouvernement», étant le lieu par excellence, qui doit regrouper les meilleures compétences et des organisations économiques et sociales représentatives, dont la composante n'a pas été renouvelée depuis des années actuellement en léthargie. L'Algérie a besoin d'un retour d'une vision claire de sa politique socio-économique (visibilité et cohérence), le retour à la CONFIANCE Etat-citoyens, sans laquelle aucun gouvernement ne peut réussir. A l'aube de la révolution par l'intelligence artificielle et du digital, pour rétablir la confiance, tant dans le domaine politique que social et qu'économique, les responsables algériens doivent s'éloigner de la vision autoritaire, dialoguer étant l'élément cardinal. Ils doivent dépasser la gestion traditionnelle, où le pouvoir résidait principalement dans sa capacité à distribuer ou à conserver de l'information où l'autorité verticale était basée sur l'organisation hiérarchique..
En résumé, toute bonne gouvernance ou management stratégique des grands de ce monde, tire aujourd'hui sa légitimité de sa capacité à créer des liens de confiance et à interconnecter la société et de son aptitude à synthétiser les informations stratégiques, de donner la priorité au partage et à la transparence, recherchant avant tout à responsabiliser la société et ses collaborateurs en les guidant dans la bonne direction, ce qu'on appelle le management collaboratif. Aussi, l'Algérie a besoin pour sécuriser son avenir, de s'éloigner des aléas de la mentalité rentière, de réhabiliter le travail et l'intelligence, de rassembler tous ses enfants et toutes les forces politiques, économiques et sociales, évitant la division sur des sujets secondaires, d'apprendre à respecter nos différentes sensibilités et donc les opinions d'autrui, par la culture de la tolérance. Dans l'histoire récente de l'Algérie, la question des réformes indispensables pour éviter un retour au FMI horizon 2018-2020-2030, - qu'elles soient économiques, sociales ou politiques a donné lieu, en raison des enjeux qu'elles représentent, à l'élaboration de stratégies antagoniques qui oeuvrent à la défense et à la promotion de ces dernières ou, au contraire, à leur blocage et, à défaut, à leur perversion ou à leur ralentissement. L'Algérie sera ce que les Algériens voudront qu'elle soit. Le mal est en nous et la guérison dépend avant tout des Algériennes et Algériens, impliquant un large Front national sans exclusive, tolérant nos divergences source d'enrichissement mutuel.

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