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LA RÉPUBLIQUE À LA VEILLE D'UN GRAND VIRAGE

Le président qu'on veut

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En ce début de cette étonnante année politique, rien ne doit plus surprendre. Ni chez les élus ni chez les électeurs. Les bizarreries n'en sont plus. Les Algériens détestent leurs responsables politiques, mais ont des coeurs faciles à prendre. Ils s'emballent et se passionnent pour un jongleur de mots, avocat, un vieux routier politique, voire même un recyclé du système. Mais en attendant, le régime renaît de ses cendres....Alors, si les partis sont morts politiquement, que vive la rencontre entre un certain homme et son peuple! Et chacun vante son candidat idéal à même de sauver la République du péril qui la guette. Ils ne passeront pas par une primaire. Car l'homme providentiel est de retour. Bien qu'il sécrète son contraire: il faut un contre-pouvoir citoyen. De toutes les couches dit-il, il n'est aujourd'hui pas un candidat à la présidentielle qui ne se présente devant les Algériens sans leur promettre de leur rendre le pouvoir.
Ali Ghediri ou le militant-vedette. Chacun a sa formule. Il faut «une révolution citoyenne», promet Ali Mostapha Bouchachi, «une renaissance démocratique», renchérit Benflis supprimant un trop «brutal» dont il a si volontiers usé... Zoubida Assoul ouvre son équipe de campagne à la société civile et promet de faire de même au gouvernement si elle est élue. Ali Ghediri, s'il est élu à El Mouradia, aura une Assemblée constituante (une partie d'élus, une partie de citoyens tirés au sort) qui abolira la «monarchie présidentielle de Bouteflika et son clan», via un droit de révocation notamment. Il cherche à faire de son slogan pour une IIe république le point de rencontre des militants associatifs qui maillent le territoire. «Les partis sont moribonds, mais l'engagement associatif est plus vivant que jamais», relève un proche. Quelques adhérents d'Alger et du reste de l'Algérie ont été invités à rejoindre une nouvelle plate-forme. Au service de tous, leur donnant la possibilité de s'impliquer auprès d'associations locales.

L'honnêteté
A travers toute l'Algérie, il y a deux mois, Ali Ghediri avait fait de l'engagement son thème phare et promis que le futur président rendrait des comptes chaque année devant une commission de citoyens. «La vedette du mouvement, c'est le militant», assure son entourage. Le climat politique fabrique des hommes providentiels, mais cela reste encore à demontrer.
Seulement voilà, la victoire électorale a besoin d'une simple recette qui se résume dans les points suivants.
Charisme et diplomatie: un bon candidat est une personnalité capable de rassembler des électeurs issus de toutes les franges de la population, autour des idées de son mouvement en montrant qu'elles lui tiennent personnellement à coeur. C'est l'une de ses deux qualités essentielles. On peut l'exprimer autrement, en parlant de «courage de dire la vérité». Les candidats doivent cesser de faire des promesses intenables à répétition, en sachant pertinemment qu'elles sont irréalistes.
C'est l'autre qualité essentielle. C'est un candidat qui a montré qu'il mesure les conséquences de ses propositions et qu'il sera capable de les mettre en oeuvre. Car il en a l'expérience solide.
Cela mènera à susciter l'adhésion à son projet par-delà les clivages traditionnels. Cela suppose un certain talent oratoire peut-être, au sens positif. En effet, ce talent lui manque un peu, car il n'a pas l'habitude de maquiller la pauvreté d'un projet.
Pour moi, un excellent candidat est un homme, qui maîtrise les dossiers, a de l'expérience (a déjà exercé dans diverses responsabilités sensibles...) et est considéré comme quelqu'un de sérieux en Algérie comme à l'étranger, un candidat qui fait des promesses et a un programme clair, sans contradictions et qu'il tiendra.

La compétence
Un candidat qui sait rassembler dans son camp pour éviter la percée des extrêmes, ouvert sur le plan de l'évolution des moeurs, ne pas se poser en homme providentiel, mais plutôt en technicien et avoir le souci de la société dans laquelle nous vivions. Un enfant du peuple comme le sont tous les jeunes militaires et qui ont servi sous le drapeau.
C'est un bon candidat qui vend bien son projet, de façon crédible, sans s'attaquer à celui des autres (il laisse ce boulot à ses proches, ils le font très bien). Mais un bon candidat à l'élection présidentielle doit être plus encore, pour créer ce fameux lien entre un homme et la nation: se montrer tout en gardant de la hauteur, donner de l'épaisseur à sa personnalité, se créer une position propre dans le paysage politique, une relation unique. Un candidat qui réussit le tour de force de réunir des qualités contradictoires: proximité avec les électeurs et stature élevée, rassembler les Algériens et proposer un cap clair, nécessairement clivant. C'est un homme qui a un projet politique consistant, cohérent et surtout le premier a avoir annoncé des mesures concrètes et selon moi progressistes. Un bon candidat ne saurait être xénophobe et inciter à la discrimination.

La capacité à rassembler
Dans sa campagne, il n'a pas usé de la langue de bois ni opéré de stratégie électoraliste trop flagrante. Ces mesures proposées ont un sacré sens: elles ne doivent pas être un prétexte ayant pour seule fin la séduction d'un électorat particulier. La capacité à susciter l'attention, l'endurance, le pragmatisme et un soupçon de réussite, de «flair».
Je vois en lui quelqu'un d'irréprochable, pédagogue et pragmatique. Quelqu'un qui ne cache pas aux citoyens l'état désastreux de la situation économique et financière du régime et qui aura le courage d'aller jusqu'au bout pour permettre aux jeunes de ce pays d'avoir un avenir meilleur.
Homme de raison, disposant d'une vision d'avenir pour notre pays et de sa place dans le monde. Un «homme du peuple» (aucun des présidents de notre République n'a été «un homme ordinaire», tous provenaient d'une certaine élite -. L'actuel système hybride qui fait du président une sorte de monarque élu, impose au président à venir, de restaurer la noblesse de cette fonction pour ne pas souiller la fonction présidentielle.

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