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BÉJAÏA

Les parents s'inquiètent

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Pour un oui ou pour un non, on se bagarrePour un oui ou pour un non, on se bagarre

Les enseignants parlent, en premier, d'indiscipline et de désobéissance chez les élèves d'aujourd'hui

La violence dans le milieu scolaire est une réalité indéniable à Béjaïa même si la situation n'est pas aussi alarmante qu'on peut le penser. Depuis les années 1990, celle-ci a connu une évolution qui commence à inquiéter car aggravée par des événements qu'a connus la région au début des années 2000. La manipulation politicienne des enfants s'est traduite par des comportements ancrés chez les élèves qui ne voient plus du même oeil leurs enseignants et éducateurs ou toute autre autorité.
Aussi bien chez les parents que chez les enseignants, l'heure est à l'inquiétude. Un état d'esprit qui n'a pas manqué de soulever la nécessité d'agir par une collaboration plus accrue et à même d'atténuer l'ampleur de ce fléau. Les enseignants parlent, en premier, d'une regrettable tendance à l'indiscipline et à la désobéissance chez les élèves d'aujourd'hui. Que cela soit à l'école primaire, dans le moyen ou même au lycée, une attitude de révolte et de défi est souvent remarquée avec ce qu'elle génère comme conflits qui débordent du cadre strictement scolaire.
On citera de nombreuses situations où des éducateurs, notamment les femmes, victimes d'agression, menaces et traumatismes faits de collégiens ou des lycéens, en crise d'adolescence. Si certains enseignants réagissent en engageant des procédures judiciaires contre les petits fauteurs de troubles, d'autres, optent pour la diplomatie et la sagesse pour ramener le calme et la sérénité dans leurs classes. «La violence urbaine est liée à la frustration que vivent ces jeunes du fait d'un sentiment d'exclusion sociale», a estimé un psychologue qui a requis l'anonymat. Pour beaucoup, le phénomène est un moyen d'expression devant l'absence de dialogue avec l'encadrement scolaire et familial. La lutte contre la violence chez les enfants et les adolescents dans les établissements scolaires et universitaires nécessite la promotion du dialogue entre enseignants, administration, étudiants et élèves. Cette conviction est largement partagée.
«La violence relevée dans plusieurs établissements scolaires et universitaires n'est pas le résultat de la situation sociale, matérielle et psychologique vécue par l'étudiant, mais celui de la perte de traditions», estime, de son côté ce parent d'élève. Une situation qui, selon lui, a engendré «l'apparition de comportements violents, synonymes de modes d'expression et dont certains découleraient de l'absence de débouchés à l'issue de leur cursus scolaire et même supérieur».
D'autres, par contre, reconnaissent volontiers cette réalité, mais sans omettre de souligner la violence du contexte général qui a vu ces enfants naître. Dès la naissance, ils ont découvert un climat de terreur durant les années 1990. Les enfants ont vécu dans la peur et les privations de nombreux loisirs du fait de la situation sécuritaire.
Le châtiment corporel dont font preuve certains éducateurs reste également à l'origine de certaines réactions violentes notées chez les enfants.
Des cas de violence et de bagarres entre élèves sont aussi légion à travers tous les établissements scolaires de la wilaya. Cela se termine par des arrangements à l'amiable entre parents mais aussi par de fâcheux prolongements entre les familles.
Pour de nombreux psychopédagogues, la violence trouve aussi ses racines dans le système scolaire, lui-même. La surcharge des programmes et la pression sur l'élève se traduisent par des comportements hors normes. L'élève et l'enseignant sont soumis à une pression permanente.

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