ANNABA

Les psychologues s'interrogent

«L'agressivité est un comportement qui exprime l'état d'âme du sujet»
«L'agressivité est un comportement qui exprime l'état d'âme du sujet»

En constante augmentation, le phénomène de la violence en milieu scolaire semble préoccuper au plus haut point.

Pour les psychologues, les mesures de lutte contre le phénomène de la violence en milieu scolaire restent insuffisantes. Selon le docteur M'hamdi, spécialiste en science comportementale, «l'agressivité est un comportement qui exprime l'état d'âme du sujet, qu'il soit positif ou négatif, le sujet l'extériorise la plupart du temps, par la violence...». «Il est utile de disposer d'un guide pratique sur le traitement des cas de violence dans les établissements scolaires», nous a indiqué une psychologue. L'implication de tout un chacun est impérative: ministère de l'Education, enseignants, administration et parents. La violence scolaire est un problème mondial mais il commence à prendre des proportions alarmantes dans nos établissements scolaires. Annaba en représente un parfait exemple. Des mesures préventives sont prises contre cette agressivité mais elles ne semblent pas venir à bout de ce phénomène de par leur inefficacité. Il est impératif d'en instaurer d'autres efficaces, à commencer par assurer les conditions de scolarisation et sociales adéquates avec une prise en charge, aussi bien pédagogique que psychologique des sujets scolarisés. L'apparition du phénomène de la violence en milieu éducatif est le résultat de moult facteurs sociaux, économiques, culturels et psychologiques. En somme, c'est tout un état d'esprit qui fait que le lycéen, le collégien et même l'élève au primaire affichent un comportement agressif. Les experts en comportement de sujets âgés de moins de 17 ans affirment que cela n'est point le cas dans nos institutions puisque l'enseignant est lui même sujet à l'hostilité de l'élève. Les établissements d'enseignement sont devenus de véritables couveuses de violence où les adolescents expriment des comportements agressifs refoulés. Il est temps de tirer la sonnette d'alarme et tenter de trouver des solutions à un phénomène, devenu, avec le temps un danger, aussi bien pour les élèves que pour les enseignants sans pour autant oublier les répercussions de cette violence. Selon Taleb S., juriste, «il est impératif de mettre en place des mécanismes pédagogiques pouvant contrecarrer l'hostilité scolaire». A Annaba, il ne se passe pas un jour sans qu'un ou plusieurs cas de violence ne soient signalés. Les agresseurs usent d'armes blanches, d'autres des coups de poing. Même le compas est utilisé comme arme blanche. Cet exemple survenu en 2009 a bouleversé les parents. Car, la victime, un élève 13 ans en 3e AM, est décédé suite à de graves blessures. Les filles sont aussi manipulatrices d'armes blanches. L'année 2010 a été marqué par un acte de violence commis par une lycéenne qui, usant d'une bouteille, a porté plusieurs coups au visage de sa camarade. Les établissements d'enseignement à Annaba sont le théâtre de terribles scènes de violence dont les auteurs s'en sortent avec le minimum de châtiment, à savoir le conseil de discipline, mais rarement le renvoi. Gh. N., directrice d'un CEM des plus huppés à Annaba enregistre plus de 20 actes de violence par jour entre les élèves et même avec les enseignants souvent eux aussi victimes d'actes de violence. Il n'est jamais fait usage d'armes blanches, c'est plutôt des bagarres à coups de poing à l'intérieur de l'établissement que «nous arrivons à maîtriser». S'agissant de la violence à l'extérieur l'interlocutrice s'est dite incapable de gérer cet espace, «Nous avons déjà du mal à instaurer de l'ordre à l'intérieur de l'institution» dira-t-elle. En effet, l'espace public situé devant les établissements scolaires, notamment les CEM et les lycées, sont un champ favorable aux actes de violence, qui, la plupart du temps, se transforment en terrain de duels entre des classes rivales, groupes de collégiens et même de lycéens qui, souvent, s'adonnent à des bagarres. Il est aussi des formes d'expression, générées par les conditions sociales dont le divorces, principale facteur, sans pour autant oublier les conditions sociales, qui peuvent être aussi un élément, influent dans le comportement du sujet. «Il est des situations où l'enfant scolarisé refuse la séparation de ses parents, ce refus se répercute sur sa vie scolaire, par la violence, ses comportements violent connus par les psychologues...». «Il est tout à fait normal que la vie sociale influe beaucoup sur la scolarisation des enfants se sentant moins favorisés de par la situation sociale de leurs parents... et cela crée un complexe chez le sujet qui manifeste une violence à l'égard de ses camarades, ses enseignants et même à l'égard de toute la société». Même si on ne peut pas infliger aux élèves auteurs d'agressions des peines de prison lorsqu'il s'agit de mineurs, des amendes peuvent être infligées aux parents des élèves qui commettent des actes violents. C'est ce que pensent certains enseignants, car selon certains d'entre eux, les parents démissionnaires, qui ne contrôlent ni le comportement de leurs enfants, ni leur scolarisation, et qui donnent raison à leurs enfants, à chaque fois, qu'ils sont convoqués par l'administration, pour un quelconque problème sont aussi coupables que leurs progénitures. Certains parents estiment que la répression des actes de violence dans les établissements scolaires, par ces mesures plus ou moins dures, peuvent donner de bons résultats.